Du 03 septembre au 01er novembre 2026, l’Espace Vanderborght accueillera une exposition d’envergure inédite. Sous le commissariat de Didier Claes, Africa Legacy – Berceau de l’Art réunit 265 œuvres, classiques et modernes, issues de collections privées et institutionnelles. Un parcours immersif qui explore la continuité des formes et des symboles à travers les siècles, tout en affirmant la place centrale de l’Afrique dans l’histoire universelle de la création.
La Ville de Bruxelles, son bourgmestre Philippe Close et son échevine de la Culture Nawal Ben Hamou, avec le soutien du Centre Culturel Congolais, ont dévoilé les grandes lignes d’un événement culturel majeur pour la rentrée 2026. Baptisée Africa Legacy – Berceau de l’Art, l’exposition collective investira l’Espace Vanderborght sur près de deux mois.
Au cœur de cette manifestation, une ambition : faire dialoguer l’art africain classique et la création contemporaine dans un même souffle. Le rez-de-chaussée du bâtiment sera dédié aux œuvres dites classiques, 165 pièces issues de collections privées et publiques, principalement d’Afrique centrale et de l’Ouest. Masques, sculptures et objets rituels y dévoileront l’esthétique, la force spirituelle et la richesse symbolique de civilisations séculaires.
À l’étage, le parcours bascule dans la modernité. Des Peintres, des photographes et des sculpteurs, une centaine d’artistes, proposeront des regards singuliers, en écho aux formes anciennes. L’exposition ne revendique pas une filiation linéaire, mais préfère suggérer une continuité d’imaginaire, une persistance des gestes et des motifs à travers le temps.
Didier Claes, galeriste belgo-congolais et commissaire de l’exposition, résume cette approche : « Il ne s’agit pas de réécrire l’histoire de l’art africain, mais d’y poser un regard actualisé. Africa Legacy invite avant tout à regarder, à ressentir, à se laisser toucher par la beauté des œuvres, et à affirmer la place essentielle de l’Afrique dans l’histoire universelle de l’art ».
Né à Kinshasa, immergé dès l’enfance dans les cultures du bassin du Congo, Didier Claes est une figure reconnue du marché de l’art premier. Installé à Bruxelles depuis 2002, il a participé aux plus grandes foires internationales (TEFAF, BRAFA, Frieze Masters) et présidé la Brussels Non European Art Fair (BRUNEAF) pendant douze ans. Son regard d’expert, forgé par des décennies de terrain, confère à cette exposition une rigueur scientifique autant qu’une sensibilité esthétique affirmée.
L’événement s’inscrit dans la continuité d’Utotombo – L’Art d’Afrique noire dans les collections privées belges, présentée en 1988 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar). Mais là où la précédente exposition dressait un inventaire, Africa Legacy propose un état des lieux renouvelé, ancré dans son époque.
Un espace dédié au Centre Culturel Congolais de la Ville de Bruxelles viendra ponctuer le parcours. Au premier étage, en parallèle des œuvres contemporaines, des conférences, rencontres et tables rondes rythmeront toute la durée de l’exposition. Ce lieu d’échange et de réflexion permettra d’aborder les enjeux artistiques, culturels et sociaux liés au continent africain, tout en prolongeant le dialogue initié par les œuvres elles-mêmes.
Pour Nawal Ben Hamou, échevine de la Culture, de l’Égalité des Chances, du Logement, du Tourisme et des grands événements, cette exposition est une affirmation : « Réunir un si grand nombre d’œuvres issues de collections privées et institutionnelles pour faire dialoguer l’art africain classique et la création contemporaine dans un même parcours immersif, c’est un projet d’une ambition rare. L’Afrique est l’un des berceaux de la création artistique mondiale, et cette exposition en démontre toutes les richesses et les subtilités avec une force remarquable ».
Au-delà de l’esthétique, Africa Legacy pose une réflexion sur l’influence mondiale de l’art africain. Une influence qui, selon les organisateurs, ne cesse d’inspirer et de transformer les imaginaires contemporains. L’exposition ne se veut pas un discours didactique, mais une expérience sensible où passé et présent coexistent pour révéler la vitalité constante des pratiques artistiques du continent.
Africa Legacy ouvrira ses portes au public le 4 septembre 2026, après un vernissage sur invitation prévu la veille. L’Espace Vanderborght, situé au 50 rue de l’Écuyer à Bruxelles, sera accessible du mercredi au dimanche de 11h à 18h, avec une nocturne le vendredi jusqu’à 21h. Le tarif d’entrée est fixé à 12 euros, avec des réductions pour les groupes et les étudiants, et la gratuité pour les enfants de moins de 12 ans.
Au cœur de cette programmation d'envergure, qui déploie plus de 250 œuvres sur plus de 2 000 m² d'exposition à travers la représentation de 55 artistes et 22 pays africains, la République Démocratique du Congo occupe une place centrale. L'art congolais s'y révèle dans toute sa profondeur à travers 19 provenances culturelles pour l'art classique, et s'illustre à l'étage par la participation de 20 artistes contemporains majeurs.
Il s'agit de Kura Shomali, Aimé Mpane, Albert Lubaki, Mode Muntu, MOKE, Mwenze Kibwanga, Bela, Chéri Samba, Pathy Tshindele, Pili Pili Mulongoy, Raymond Tsham, Eddy Kamuanga Ilunga, Géraldine Tobé, Gosette Lubondo, Houston Maludi, Jean-Pierre Bers, Steve Bandoma, Thela Tendu, JP Mika et Vitshois M. Bondo, témoignant de la vitalité et de la diversité créative inépuisable du pays.
Un rendez-vous attendu, qui promet de faire de la capitale belge, pour deux mois, le carrefour des regards croisés sur l’art africain, d’hier à aujourd’hui.
Franklin MIGABO
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