Dans le cadre de la programmation « OFF » de la 9ème édition de la Biennale de Lubumbashi, Master Art Studio a dévoilé le projet YAKWANZA. Portée en coalition avec l’asbl Picha (Centre d'art et de recherche), cette initiative a réuni, le 17 octobre 2026, un parterre d'artistes, d’opérateurs culturels, d'amateurs d'art et de commissaires d'exposition. L'événement s'est tenu au studio de Master Art, situé au croisement des avenues du 30 Juin et de la Révolution, dans la commune de Lubumbashi.
Cette exposition conjointe a mis en lumière des créateurs de la plateforme ainsi que des artistes invités, fusionnant plusieurs disciplines d'expression telles que la peinture, la sculpture et la mode.
Au total, dix créateurs (neuf artistes plasticiens/visuels et une designer) ont exposé le fruit de leurs recherches :
- Olivier Fall Masey : artiste visuel et coordonnateur de Master Art Studio ;
- Hervé Kafund : chargé de la direction artistique de Master Art Studio ;
- Marius Maf : artiste slameur, scénographe et plasticien ;
- Eraste Muthangi & Og Bukasa : artistes peintres ;
- Elias Kapend : sculpteur, peintre et architecte de couleur ;
- Mechack Tshumo : sculpteur ;
- Marcel Nonda & Gabriel Sangwa : artistes plasticiens ;
- Franschieska : designer de mode et artiste peintre.
Pensé comme un processus évolutif, le projet ne s'arrête pas à cette seule exposition. Cécile Mulumba, commissaire de l'exposition, en retrace la genèse :
« Au départ, YAKWANZA est une plateforme d'expérimentation, de dialogue et d'innovation. Il représente un parcours collectif de création dont les jalons ont été posés en juin dernier lors du salon des arts Tayari. Le projet s'est ensuite déployé à travers d'autres étapes clés, notamment la réalisation de la fresque monumentale consacrée au penseur Valentin-Yves Mudimbe au Centre d'art Picha. »
En faisant résonner les réalités sociales, historiques et contemporaines, les artistes ont insufflé une charge symbolique forte aux matériaux choisis. Chaque œuvre s'est muée en une recomposition du quotidien ou en une relecture de l'héritage intellectuel du célèbre écrivain et philosophe congolais Valentin-Yves Mudimbe, figure tutélaire placée au cœur de cette édition.
En parfaite symbiose avec la thématique centrale de cette 9ème Biennale, « Manger la terre », l'exposition YAKWANZA a poussé le public à interroger la réappropriation de l'histoire. Elle appréhende la matière brute comme un espace de mémoire, d'expérimentation, de recherche et de transmission. À la croisée des chemins entre langage de résistance et exploration de nos récits propres, le projet réussit le pari de marier l'esprit de la Biennale au concept novateur de YAKWANZA.
Au-delà de la simple performance esthétique, la richesse et la diversité technique de cette exposition ont bousculé les évidences, renvoyant chaque visiteur à ses propres responsabilités face à l'histoire collective.
Grady BIZAKI
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