Dans une ville où l'emploi formel reste inaccessible à une large frange de la jeunesse, des talents se révèlent par la créativité. Parmi eux, un photographe kinois construit, image après image, un regard singulier sur la société congolaise.
À Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, les embouteillages rythment le quotidien. Mais au-delà de ces scènes ordinaires, la ville abrite des talents qui choisissent de rester dans l'ombre et de laisser leur travail parler pour eux. Nathanael Milambo est de ceux-là.
Photographe basé à Kinshasa, il consacre son travail aux histoires humaines, au sport, à la culture et aux événements qui traversent la société congolaise. Son parcours s'est construit progressivement, au fil de la pratique, des rencontres et des expériences. Aujourd'hui, il cherche avant tout à affirmer son propre regard et à raconter des histoires à travers ses images.
Pour ce jeune photographe, les débuts ont d'abord été une école de patience. « Mes débuts ont été une période d'apprentissage. J'ai beaucoup appris en pratiquant, en faisant des erreurs et en cherchant constamment à m'améliorer. Au départ, je voulais surtout maîtriser mon appareil, mais j'ai rapidement compris que la photographie allait bien au-delà de la technique », confie-t-il.
Une conviction qui structure aujourd'hui l'ensemble de sa démarche. « Pour moi, la photographie est une manière de raconter sans forcément utiliser les mots. Une image peut transmettre une émotion, conserver un souvenir et témoigner d'une époque », poursuit Nathanael Milambo.
À ses yeux, l'image constitue également un outil de visibilité. Elle permet de mettre en lumière des personnes et des histoires qui méritent d'être racontées, une dimension qui donne selon lui tout son sens à son travail.
Le photographe revendique une approche centrée sur l'humain. Derrière chaque personne, chaque événement ou chaque moment, il perçoit une histoire que l'image peut révéler ou préserver.
« À travers mes photos, j'aimerais aussi montrer les belles réalités de notre pays et contribuer, à mon niveau, à construire une mémoire visuelle de notre société », affirme-t-il.
Cette exigence se traduit dans sa manière de travailler. « Je pense que ma particularité se trouve dans ma manière d'observer et de raconter. Je ne cherche pas seulement à faire une belle photo, mais à capturer un moment qui a du sens et qui peut transmettre une émotion », explique Nathanael Milambo.
Il entend ainsi construire progressivement un style personnel, sans chercher à ressembler à d'autres photographes de sa génération. Son ambition : que ses images soient reconnaissables au regard et à l'histoire qu'elles portent.
Fort de plus de 120 000 abonnés sur Facebook, Nathanael Milambo inspire aujourd'hui de nombreux jeunes Kinois. À ceux qui souhaitent se lancer dans la photographie, il adresse un message de persévérance.
« Je leur dirais de ne surtout pas abandonner. La photographie demande du temps, de la patience et beaucoup de travail. Il y aura des refus, des erreurs et des moments de doute, mais chaque expérience permet de progresser. Continuez à apprendre, à pratiquer et à croire en votre regard. L'appareil photo est un outil, mais votre véritable force, c'est votre vision. Travaillez sur votre regard et laissez le temps raconter votre évolution », conseille-t-il.
Il sied de signaler que, lors de la deuxième édition des Mwinda Awards, tenue le samedi 3 octobre dernier au Centre culturel de Kinshasa, Nathanael a été distingué dans la catégorie « Mwinda de l'expression esthétique et de la photographie ».
Cette distinction salue le travail constant de ce jeune photographe, qui met son art au service de l'expression de ses émotions. Les Mwinda Awards célèbrent les talents congolais et africains qui inspirent, innovent et transforment la société.
Dans une ville où beaucoup voient des mouvements ordinaires, Nathanael Milambo choisit d'y déceler un champ d'histoires à raconter. Une manière de rappeler que la photographie, souvent perçue comme un métier ingrat, peut aussi constituer une vocation et un précieux témoignage sur une époque.
Franklin MIGABO
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