Le coordonnateur du Master Art Studio de Lubumbashi représente la République démocratique du Congo à la 16ème Biennale de Dakar. À travers son projet itinérant « ALAMA », Olivier Fall Masey, en quête de ses origines, plonge au cœur des revues de presse et archives africaines pour faire dialoguer l'histoire minière du Katanga avec la mémoire collective du continent africain vers d’autres territoires du monde.
Une vitrine internationale majeure qui appelle, à juste titre, un soutien symbolique et institutionnel fort de la part de la division provinciale de la jeunesse, de l’éducation et de la culture et arts et du ministère de la Culture, des Arts et des Métiers Patrimoniaux de la RDC dont la culture des scories (Mampala) est bien vendue à l’international par l’artiste.
C'est une consécration pour la scène artistique lushoise. Olivier Fall Masey, artiste plasticien et figure motrice de Master Art Studio, structure dédiée à la promotion des jeunes artistes et de l’art contemporain dans le Grand Katanga (RDC), a été retenu pour participer au programme SUTURA.
Développée par les Résidences Vives Voix en partenariat avec le Fonds d’Archives Africain pour la Sauvegarde des Mémoires (FAASM), cette résidence de recherche et de création pluridisciplinaire explore l'archive comme un espace vivant.
Organisée à Dakar d'octobre à novembre 2026, SUTURA offre un laboratoire d'expérimentation d'un mois où les résidents croisent leurs regards sur les patrimoines fragmentés de l'Afrique. Pour Olivier Fall Masey, ce cadre exceptionnel constitue un pont idéal pour déployer son projet ALAMA (en swahili, nldr, en français, trace, empreinte, symbole).
ALAMA se veut une aventure artistique internationale à la quête des origines et des traumatismes du territoire katangais. Au centre de la démarche plastique de Masey se trouvent les scories métallurgiques issues des anciennes activités de la Gécamines. Longtemps reléguées au rang de déchets industriels abandonnés, ces matières minérales brutes sont ici magnifiées et érigées en témoins d'histoire. Elles racontent les flux migratoires, la sueur des travailleurs de la mine, l'extraction massive des ressources et les mutations économiques qui ont redessiné la région.
À cette matière minérale, Olivier greffe une exploration minutieuse de documents d’époque : journaux, cartes géographiques, photographies coloniales et revues illustrées. En confrontant ces vieux papiers à la roche métallurgique, Olivier Fall Masey fait émerger les couches enfouies de l’histoire collective, bousculant les récits officiels.
L'exposition SUTURA au cœur du « OFF » de la Biennale de Dakar
Le point d'orgue de cette résidence se jouera sur l'échiquier international. Dès le 21 novembre 2026, les œuvres produites par le plasticien congolais à partir des fonds documentaires du FAASM seront dévoilées au grand public. L'exposition bénéficiera d'une double vitrine stratégique puisqu'elle est inscrite à la fois dans le parcours des circuits « OFF » de la 16ème Biennale de l’Art Africain Contemporain (Dak’Art 2026) et dans le festival Partcours 2026.
Une opportunité inestimable de faire résonner l'identité culturelle de la RDC auprès des collectionneurs, commissaires et critiques d'art venus du monde entier.
Alors que la diplomatie culturelle s'impose comme un levier majeur de rayonnement pour la République démocratique du Congo, la participation d'un digne fils du pays à un tel rendez-vous ne peut passer inaperçue. Porter haut le drapeau congolais à Dakar, dans un espace de réflexion sur la sauvegarde de nos mémoires africaines, est une responsabilité immense.
À l'heure où les questions de restitutions et de réappropriation de nos récits sont au centre des débats internationaux, le ministère de la Culture et des Arts se doit d'apporter un soutien, ne serait-ce que symbolique, à l'initiative d'Olivier Fall Masey.
Accompagner institutionnellement ce projet, c'est légitimer le travail de recherche de nos artistes, encourager la structuration des espaces comme Master Art Studio à Lubumbashi, et affirmer la souveraineté intellectuelle du Congo face à son histoire minière migratoire et coloniale.
Grady BIZAKI
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