Après avoir marqué les esprits avec son poème événement "MARLÈNE" , le poète Negue Fly Nsau annonce la suite.
Si le premier chapitre était celui de la conquête, celui où Marlène, femme-monde, femme-flot, prenait possession de l'amour et s'y abandonnait, le second sera celui de l'après.
Negue Fly Nsau nous revient avec une suite plus intime, plus sombre et plus lumineuse à la fois. Moins un poème d'amour qu'un poème sur ce que l'amour laisse derrière lui.
Tu es venu à moi ; Moi de même.
Puis nous sommes devenus un
Et le temps ici se délite, hésite de marcher vite. Nous ne sommes qu'à la vingtième minutes.
Vingt battements de la nuit que l'orage de nos peaux s'entrechoque.
Presque un quart d'heure et plus que nos chairs s'épousent en de fiévreux frôlements :
Évanescence
Nitescence
Smaragdine
Callipyge
Obsidienne
Moire
Volubilis
Insenescence
Chrysalide
Quintessence
Alchimie
Le temps n'avance plus d'un seul pas ; l'horloge s'est tue à la vingt-cinquième minute. Elle l'a scellé dans l'éternité
Et ses aiguilles ont retenu leur souffle.
Corps à corps
Luminescence
Velours
Effleurement
Frisson
Isolât
Galbe
Sillage
Saphique
Pétale
Nectar
Corolle
Turgescence
Nacarat
Frémissement
Incantation
Spasme
Aurore
Absolution
Il goutte depuis des heurs
Pluie de kin
Pluviôse
Petrichor
Ruissellement
Fraîcheur
Nidoreux
Caléfaction
Hygrométrie
Frimas
Précipitation
Osmose
Brumisation
Déluge
Nitescence
Le fils de l'homme a foulé les eaux, les eaux l'ont englouti
Puis :
Lassitude
Satiété
Alanguissement
Moiteur
Léthé
Crépuscule
Opale
Murmure
Effluve
Caresse
Pénombre
Séraphique
Souffle
Béatitude
Éternité
Nos souffles se tranquillisent.
L'exhalaison des draps se tait
Plus rien ne dit mot
Ni plafonnier
Ni verbiage des meubles fatigués
Pas un seul mot dans l'air.
Sur ton visage halieutique, Kinshasa s'enroule.
Mon regard tombe dans tes yeux :
S'y mire l'empyrée d'un kinois rassasié
Ta pupille est un styptique
Où la nuit noire vient poser sa tête.
Sous tes paupières marcescentes,
Le chaos de la ville s'ordonne,
L'efflorescence des poussières
Devient un collier d'ambre
Marlène a pris le ciel, et le ciel s'est donné à elle.
Ecrit par Negue Fly le poète
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