Negue Fly Nsau, cette plume qui sait faire saigner le silence, dépose enfin son nouveau frisson sur notre table : "MARLENE"
Marlene n'est pas qu'un prénom. C'est un pays. Une prière. Une blessure qui a appris à sourire. Nsau ne l'écrit pas, il la respire, il la confesse entre deux vers comme on confie un secret à la nuit.
Dans ce poème, l'amour ne crie pas. Il chuchote. Il se souvient. Il attend.
Amoureux de la littérature, lecteurs du cœur, âmes qui savez encore lire entre les lignes :
Venez. Asseyez-vous. Laissez Marlene vous traverser.
MARLENE" de Negue Fly Nsau est disponible. À lire lentement. À méditer longuement
Jette ton oeil par la fenêtre Marlène,
La foudre a fendu le baobab.
Dans l'orage improvisé de nos chairs, tu es la terre rouge après la tornade L'étendue de latérite et de sève éblouie est une écriture de la terre sur ta peau drapée de nuit.
Il a plu sur nous toute la pluie de minuit
Regarde l’autel de ton corps
Tes collines de Kivu vibrent encore du ressac de nos souffles
La pourpre du fleuve colore tes joues où le fauve s’est abreuvé,
Et l’or de ta cambrure est une arche de pure lumière.
Il a plu toute la nuit
Nous n'avions vu ni goutte
Ni eclair
N'avions entendu aucune foudre
Aucun brouhaha des tôles
Nous n'avions eu le moindre frisson
Pas le moindre grelot
Pourtant il a plu toute la pluie de minuit
Une minute
Cinq minutes
Dix minutes
Quinze minutes
Phéromone
Sueur
Mouillure
Grincement
Liqueur
séminale
Cambré
Rosée
Il pluie
Encore et encore
Une minute
Cinq minutes
Dix minutes
Quinze minutes
Cardiaque
Cuire
Égratignure
Acrobatie
Epuisement
...
Toute la pluie est tombée
Le tambour des tôles s'efface devant ton silence
Liane cueillie avant l'heure, ton fruit de palme s'est fendu sous l'assaut du vent, Le nectar de la canne s'écoule, mêlé au limon sacré du Kongo,
L’offrande est accomplie, et la blessure de l'extase resplendit au creu du temps.
Embrouille...
L’orage n'est plus dans le ciel,
Il est sur ta peau de bronze,
Marlène
Negue fly Nsau
Kin,7Oct.2026
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