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Prix Senghor 2026 : Lauréat historique, Jocelyn Danga annonce en exclusivité on prochain roman dédié à Goma.

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Prix Senghor 2026 : Lauréat historique, Jocelyn Danga annonce en exclusivité on prochain roman dédié à Goma.

C’est une page majeure de l'histoire littéraire de la République Démocratique du Congo qui vient de s'écrire. Le 30 septembre dernier, l'écrivain et poète kinois Jocelyn Danga a été officiellement désigné lauréat du prestigieux Prix Senghor 2026 du premier roman francophone et francophile. 

Une consécration internationale historique, puisqu'il devient le tout premier auteur congolais à décrocher cette distinction, confirmant la vitalité et l'effervescence de la scène littéraire de Kinshasa sur la scène francophone.

Interrogé p au lendemain de l'annonce de sa victoire par la rédaction de Culture Congo, l'auteur a partagé sa vive émotion et son enthousiasme pour ce nouveau jalon de son parcours :

Le Prix Senghor vous a été annoncé hier. Quel mot résume votre état d'esprit aujourd'hui ?

« Très très gros encouragement, un vrai boost. J’ai vraiment hâte de me retrouver ce jeudi à la remise de prix avec tous les autres à partager sur notre passion commune, la littérature. »

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Un premier roman salué pour sa force et sa singularité

Porté par une écriture incisive et poétique, son roman Né sur des pissenlits a su captiver l'attention du jury à travers un équilibre subtil entre souffle narratif, style et pertinence du sujet.

Selon vous, qu'est-ce qui, dans Né sur des pissenlits, a le plus séduit le jury : le style, le sujet ou la construction du récit ?

« Je pense qu’il y a un peu de tout. Comme on dit il faut de tout pour faire un monde. La littérature est un monde en soi. »

Invité à décrypter l'essence de son œuvre pour les lecteurs curieux de découvrir son univers, Jocelyn Danga préfère cultiver le mystère et l'appropriation personnelle :

Comment présenteriez-vous ce roman à un lecteur qui ne le connaît pas ?

« J’aime que le lecteur découvre. Ce que je signerais en autographe, c’est une carte postale aux couleurs de Kin la belle ivre. Après je ne serais pas contre que le lecteur me présente le roman que lui il aurait découvert en feuilletant ces pages. »

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Publié le 6 mars dernier aux éditions Elyzad et s'étendant sur environ 240 à 250 pages, l'ouvrage accorde moins d'importance au volume qu'à l'immersion temporelle et sensorielle qu'il propose au lecteur :

Combien de pages compte le livre, et quand est-il paru ?

« Autour de 240 - 250. Je m'intéresse moins au nombre de pages qu'au temps qu’on y prend à s'évader, même pour mes propres textes. Le livre est sorti le 06 mars. »

De Kinshasa à la Méditerranée : la genèse d'un parcours fulgurant

La concrétisation de ce projet littéraire trouve ses racines dans la dynamique des grands rendez-vous culturels de la francophonie, marquant le début d'une collaboration fructueuse avec sa maison d'édition tunisienne :

Qu'est-ce qui vous a mené aux éditions Elyzad, et que vous ont-elles apporté ?

« C’est à l’issue des jeux de la francophonie que j’ai rencontré Élisabeth de chez Elyzad. On a travaillé ensemble ce projet, de l’idée la plus vague conçue jusqu'à sa naissance sur des pissenlits. »

Au cœur de ce roman poignant se dessine le destin singulier d'un homme pris en étau entre deux réalités géographiques et sociales, nourri par une observation brute du monde :

Quel est le synopsis du roman, sans en révéler le dénouement ?

« C’est la vie d’un enseignant kinois désabusé qui se retrouve à vivre une vie de sans papiers en France. »

Une fresque humaine où chaque détail du quotidien, des faubourgs de Kinshasa aux métropoles d'accueil, se transforme en matière littéraire vivante et percutante :

D'où vient cette histoire ? Quelle part de vécu ou d'observation nourrit la migration, la débrouille et les rapports humains que vous décrivez ?

« L’histoire vient de partout, des caniveaux de Kinshasa aux ailes d’un avion. Tout est histoire, matière brute. Tout est vécu, direct et ou indirect. Tout est corps, physique, chair, idée, écoulement d’une rivière bouchée sous le pont par des capotes usées et des bouteilles de whisky. Tout est Kin, tout est ailleurs. Et si je dois même aller plus loin, tout est dénonciation, tout est trahison, tout est éloge, tout est chant, tout est critique. »

Entre consécration nationale et nouveaux horizons créatifs

Devenir le premier auteur congolais à s'illustrer au palmarès du Prix Senghor revêt une portée symbolique majeure pour toute une génération d'écrivains au pays :

Premier Congolais à remporter ce prix, qu'est-ce que cela représente pour vous et pour la littérature de la RDC ?

« C’est toujours un encouragement de recevoir une distinction, ça c’est sur. Maintenant que le livre vive. Pas seulement ailleurs mais aussi au Congo, à Kin, la ville qui l’a fait naître. »

Fort d'un parcours jalonné de distinctions prestigieuses — de son sacre aux Jeux de la Francophonie à sa place de finaliste au Prix Ivoire, l'écrivain aborde ces honneurs avec humilité, plaçant l'engagement artistique et le travail d'équipe au centre de ses priorités :

Après l'or aux Jeux de la Francophonie et votre place de finaliste au Prix Ivoire, c'est quelle distinction pour vous, et en quoi celle-ci est-elle différente ?

« Je ne fais pas de différence entre un prix et un autre. Ce qui compte principalement c’est l'engagement. L’OIF a plus que tenu ses engagements qui consistaient à accompagner ses lauréats. Aujourd'hui c’est avec fierté que je me considère ambassadeur de la Francophonie. Le prix Senghor travaille à la promotion des premiers romans. Ce n’est jamais un travail solitaire, c’est toujours un travail d'équipe et je suis très heureux de faire partie de cette équipe qui œuvre à donner vie et porter le plus loin possible les œuvres des primo romanciers. »

Alors que Né sur des pissenlits poursuit sa route littéraire, Jocelyn Danga regarde déjà vers l'avenir avec une promesse qui ne manquera pas d'aiguiser la curiosité de ses lecteurs :

Quels sont vos prochains projets littéraires ?

« Je laisse d’abord Muntu vivre et aller à la rencontre de ses lecteurs. Mais en scoop je vous informe déjà que mon prochain roman va parler de la ville de Goma... »

Masand Mafuta 

Galerie photos

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