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RDC : les activités attribuées à Mukungubila dans le Tanganyika relancent les inquiétudes sur la sécurité

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RDC : les activités attribuées à Mukungubila dans le Tanganyika relancent les inquiétudes sur la sécurité

De nouvelles initiatives attribuées à Joseph Mukungubila dans la province du Tanganyika alimentent de nouveau les interrogations dans l’espace public congolais. D’après plusieurs accusations et controverses qui entourent son action, le responsable religieux aurait entrepris des démarches auprès des autorités de l’État en lien avec la mise en place d’un groupe de patriotes présenté sous l’appellation « Wazalendo ». Ces informations, qui interviennent dans un contexte sécuritaire déjà sensible, suscitent des interrogations sur la nature et les objectifs réels de cette démarche.

Le parcours de Mukungubila reste également marqué par les événements de décembre 2013, qui avaient secoué la République démocratique du Congo. À cette période, il avait été accusé d’être impliqué dans une tentative insurrectionnelle et d’avoir mobilisé certains adeptes de son mouvement. Les événements avaient notamment eu des répercussions importantes dans l’espace katangais, sur fond de tensions politiques et de discours faisant craindre une nouvelle déstabilisation de la région. Les forces de sécurité étaient alors intervenues pour mettre fin aux réseaux insurrectionnels qui lui étaient attribués.

À la suite de ces événements, Mukungubila avait quitté la RDC et s’était établi en Afrique du Sud. La réapparition, aujourd’hui, d’initiatives qui lui sont attribuées dans le Tanganyika réveille donc le souvenir de cette période. Pour certains de ses détracteurs, le recours au terme « Wazalendo » pourrait servir de couverture à la reconstitution d’une organisation à caractère armé, avec des objectifs qui dépasseraient le simple cadre de l’engagement citoyen. Ces mêmes critiques redoutent notamment que de telles initiatives puissent être liées à des ambitions politiques ou territoriales susceptibles d’alimenter, à terme, des velléités de séparation du Katanga du reste de la RDC.

À ces préoccupations s’ajoutent des déclarations qui lui sont attribuées, dans lesquelles il se présenterait comme « roi du Congo » ou encore comme « gardien de la terre congolaise ». Ces propos, s’ils sont confirmés dans leur contexte, soulèvent une question fondamentale dans une République organisée autour d’institutions constitutionnelles : celle de la légitimité de toute prétention individuelle à exercer une autorité parallèle sur le territoire national. La RDC est une République régie par sa Constitution et ses institutions. La protection de sa souveraineté et de son intégrité territoriale relève des institutions compétentes, sous l’autorité constitutionnelle du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Sur le plan territorial, le principe demeure également sans ambiguïté : le Katanga fait partie intégrante de la République démocratique du Congo. Aucun groupe armé, aucune initiative individuelle ou ambition politique ne peut légitimement remettre en cause l’unité et l’intégrité territoriale du pays. L’expérience congolaise montre par ailleurs que l’utilisation des armes dans les conflits politiques entraîne avant tout des pertes humaines, des déplacements de populations et une fragilisation durable des institutions. Le Tanganyika, comme les autres provinces du Katanga et l’ensemble du pays, a besoin de sécurité, de stabilité, de paix et de développement.

Dans ce contexte, la formule « Chassez le naturel, il revient au galop » trouve un écho particulier auprès de ceux qui voient dans ces nouvelles initiatives la résurgence possible de pratiques déjà controversées. La prudence reste toutefois de mise : les faits doivent être établis sur la base d’éléments vérifiables et les responsabilités éventuelles déterminées par les institutions compétentes. La vigilance citoyenne demeure néanmoins nécessaire face à toute initiative susceptible de fragiliser la paix, tandis que le débat politique doit rester encadré par la Constitution, les lois de la République et le respect de l’intégrité territoriale de la RDC.

François Salushimba

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