Chers membres de mon réseau,La réflexion que je partage ici découle des échanges engagés aux côtés de Julien Jaubert ( éditeur français) et Beril Nzila ( Expert en ingénierie culturelle / Congo Brazzaville) , en tant que paneliste le 19 juin 2026 à l’Institut Français de Kinshasa, dans le cadre de la deuxième édition de Kongo Music Expo, autour du thème : « Droit d’auteur, édition et musique à l’image : structurer et capter les revenus invisibles ».
À partir de ces échanges et de mon intérêt pour les mécanismes de création de valeur via la propriété intellectuelle, je souhaite partager une lecture plus large d’un problème central : le décalage entre le talent musical et sa rémunération réelle.
La CISAC indique que la gestion collective mondiale des droits d’auteur a généré environ 13,97 milliards d’euros, dont près de 90 % issus de la musique. Les collectes effectuées en 2025 par les sociétés de gestion collective africaine ne représentent qu'1%. Donc, la musique est une industrie mondiale hautement rentable. Le paradoxe : beaucoup de valeur, peu de revenus pour les artistes.
Une chaîne de valeur encore incomplète, l’édition musicale est un pilier central : administration des droits, négociation des licences, suivi des exploitations et valorisation des catalogues via la synchronisation (films, publicités, jeux vidéo).
Sans structuration, la valeur générée par la musique se disperse et échappe aux créateurs.ConclusionLe véritable enjeu n’est plus le talent, mais la structuration de sa valeur économique. La question n’est plus : avons-nous du talent ? Mais : avons-nous les mécanismes pour transformer ce talent en revenus durables ? Sans structuration, le talent produit de la visibilité, mais rarement une rémunération à la hauteur de sa valeur réelle.
Randy Kalay