Alors qu'il était assis sous la véranda, le docteur Roger vit venir sa petite fille Rayandran qui demanda avec insistance à son grand -père de lui relater le récit de la genèse de sa vie. Celui-ci eut beau l'en dissuader, mais elle refusa de l'entendre de cette oreille. Soudain, le docteur Roger entendit son téléphone sonner. _ Allô, mon amour. _ Oui, chérie, je t'écoute. _ Peux-tu aller chercher l'enfant à l'école ? Moi, j'ai un petit malaise. _Si tel est le cas, rejoins-moi à l'hôpital. _Non, ça va passer, ne t'inquiète de rien. Le docteur Roger habitait à Kinshasa dans la commune de Ngaliema, il était médecin directeur dans un hôpital de la place. En plus il était un bon mari doublé d'un bon père de famille et aussi un fervent croyant. Son fils Hérida étudiait à l'Ecole Masamba. Un jour, à la sortie de classe il pria à son père de se rendre tous ensemble à la bibliothèque, là, ils s'arrêtèrent devant un rayon et Roger lui recommanda un livre sur la protection des enfants que le fils accepta volontiers.
Le soir, avant de dormir, Roger et son épouse Rose tinrent une conversation dans la chambre. Celle-ci expliqua son malaise à son mari qui lui remit aussitôt un médicament et un verre d'eau. Il insista pour que celle-ci le prît avant de s'introduire dans la chambre d'Hérida qui l'attendait. _ Rose, je reviens incessamment, le temps pour moi de vérifier ce que fait Hérida dans sa chambre. - Vas-y, chéri, mais ne sois pas longtemps parti, le partage des rêves l’oblige. A peine entrait-il qu'une voix se fit entendre soudainement. - Papa, raconte-moi une histoire. - Sois calme, mon fils, je ne venais que pour ça. " Il était une fois en République démocratique du Congo, dans sa partie orientale. Un petit enfant répondant au nom de Béni qui vivait paisiblement au milieu de sa famille. Chaque matin, Béni et son frère se rendaient à l'école, Goma était une ville où il faisait bon vivre. Quand éclata la guerre, les rebelles décimèrent toute sa famille. Désemparé, Béni vécut des moments sombres et des jours lugubres tant et si bien qu'il se rendit au bord d'une rivière pour juguler la solitude qui le rongeait et le drame intérieur qui le ravageait.
Ainsi il fabriqua un bateau en bois peint en rouge, jaune et bleu comme notre drapeau national pour symboliser le sang versé par les martyrs hier et aujourd'hui, la richesse et la fertilité du sol et enfin la pureté et la sagesse. Il le dénomma" La Paix". L'enfant était ravi de contempler son bateau qui voguait de loin en loin jusqu'à perdre l'espoir de le récupérer. Aussitôt il se mit à crier à tue-tête : Reviens à moi, La Paix, s'il te plaît ; je suis au comble de la douleur, du désespoir. Grâce à l'intervention d'un soldat des Forces armées de la République démocratique du Congo, il récupéra son bateau. Et l'enfant de hurler de joie : J'ai récupéré mon bateau. Enfin l'Est de notre pays recouvrait la paix. A la fin du récit, Roger regagna sa chambre et rejoignit Rose. Subitement Hérida s'y introduisit à la grande stupéfaction de son père. - Que fais-tu là ? rétorqua Roger. Hérida était debout, bouche cousue. Roger s'adressa à son épouse en ces termes : - Rose, regarde ton fils qui refuse de dormir. - Qu'est-ce qui te prend? Se tournant vers son mari, elle dit: " Roger, cet enfant doit avoir un problème.
Tenez, hier, il a fait diète en refusant de manger tout ce que je lui proposais. Il faut qu'on lui trouve un psychologue pour le tirer d'affaire." - Non, maman, je vais bien. Je suis plutôt traumatisé par le récit de papa de tout à l'heure. Comment comprendre qu'un petit enfant perde du coup tous les membres de famille à cause de la barbarie des hommes ? Que des foules immenses d'innocents vivent dans l'errance, entassés dans des camps de déplacés, privés de nourriture et d'école et exposés aux abus et violences de toutes sortes. Où sont passés les champions de toutes catégories des Droits de l'Homme? Vraiment le monde s'effondre ! Et puis il fondit en larmes. - Hérida, mon fils, arrête de pleurer, arme-toi plutôt de courage. Nous sommes seuls contre tous, n'attendons personne pour nous sortir de l'abîme. On veut nous exterminer pour nous ravir ce que nous avons de plus précieux : notre patrie. Nous devons nous unir et faire bloc pour barrer la route à l'ennemi, bref dresser nos fronts longtemps courbés. Et Rose d'ajouter: - Les Etats n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts. Tout le monde est notre ennemi, misérables que nous sommes !
- Papa, que faire alors ? - La solution à notre problème passe par une prise de conscience collective. Actuellement notre société est malade de sa jeunesse, nos jeunes ne respectent pas leurs parents moins encore ceux des autres, or les parents sont les dieux de la terre. Agir autrement, c'est s'attirer la malédiction. Nos grands-parents nous disaient que quand un oiseau est vivant, il mange les fourmis et quand il meurt, les fourmis le rongent. Mon fils, ne méprise personne car la vie est dynamique. Aujourd'hui, nous sommes un géant aux pieds d'argile, la risée de tout le monde. Malheureux que nous sommes ! Un jour, Roger faisait le tour des salles, accompagné de Josué quand Brigitte demanda de parler au médecin en aparté. Celui-ci congédia momentanément Josué qui se retira aussitôt. _ Vas-y, Brigitte, je t'écoute. _ Docteur, restons-là, je ne guérirai point, je ploie sous le poids de l'infamie. _ Brigitte, qu'en est-il au juste? _ En effet, je fus mariée à Robert, il m'affectionnait beaucoup. De notre union naquit Riddy, notre fils unique. Un jour en l'absence de Robert, je vis entrer dans la parcelle trois hommes en uniforme armés qui se mirent à me violenter jusqu'à abuser de mon intégrité physique. Informé, Robert se méfia de moi, toute la communauté me repoussa, comme bannie de la société, une vérole voire.
Pendant tout ce temps, j’étais devenue proche de mon voisin qui s’appelait Christian. Il me conseillait beaucoup et il était attentionné vis-à-vis de moi. Tellement que notre amitié était plus forte, j’avais décidé de demander le divorce. Démoralisé, Robert connut une descente aux enfers, son malaise cardiaque s'accentua et, malgré mon assistance, il succomba. Déchu moralement, Riddy partit pour une destination inconnue. Depuis, le spectre de Robert me hante. - Brigitte, je partage ta peine et compatis à ta douleur. Elle est si profonde que je ne peux rien pour la soulager. Cependant une chose est vraie : tu es victime de la méchanceté des hommes et objet de l'absurdité de la vie. Toutefois Dieu est plus fort que ton problème, lui qui donne du repos à tous ceux qui sont fatigués et chargés. Sois forte, Jésus t'aime. - Amen, docteur.
A son retour à la maison, Roger raconta à Rose l'histoire de Brigitte et l'informa par la même occasion de son voyage à Goma pour raisons de service. Le contrat prévoyait un séjour d'environ un trimestre. Rose sursauta. - Roger, comment ça ? l'Est du pays est à feu et à sang et toi, tu acceptes d'y aller ? - Rose, mais ces populations des affres de tous ordres ont besoin de soins de santé et d'une assistance multiforme. Médecins, paramédicaux et personnel humanitaire doivent se mobiliser. Au cas contraire, c'est de la non-assistance à personne en danger. En plus, n'oublie pas que la banque tient à se faire rembourser, elle m'a même adressé une correspondance à titre de rappel. Ce contrat et les vacations qu'ils vont engranger nous permettront d'honorer nos engagements. Roger et Rose étaient en pleins débats quand Hérida vint présenter un devoir d'anglais à son père. Celui-ci sursauta et toisa son fils avec courtoisie. Le devoir terminé, toute la famille était devant le petit écran pour suivre un magazine intitulé "Sourire d'un enfant". Ce jour-là, il expliquait la protection des enfants en stigmatisant les abus de tous ordres _physiques, sexuels, émotionnels et leurs conséquences sur le comportement des victimes notamment les blessures internes et externes, l'anxiété, la timidité, bref un repli socio-affectif. - Papa, dit Hérida, le livre que tu m'avais recommandé lors de notre passage à la bibliothèque en fait mention comme le magazine l'a expliqué.
C'est vraiment édifiant ! Enfin arriva le 8 mars, journée internationale de la femme. Comme promis, Roger tendit à Rose une enveloppe qu'elle ouvrit sans attendre. Le texte intitulé "Psaumes à la femme" l'émerveilla. O Femme, être de valeur, Soeur puînée de Dieu Toi par qui la vie passe Et la survie est possible Tu enfantes dans la douleur Ta bonté est insondable Sans ton amour, l'existence serait vaine et ignoble. Le lendemain à l'heure indiquée, les convives se présentèrent au domicile de Roger à l'occasion de l'anniversaire d'Hérida. Parmi eux figuraient Josué, Richard et sa fille Julianne et aussi Brigitte complètement requinquée. Et l'accueil fut chaleureux. Aussitôt Rose invita Hérida qui apparut en public, Juliane vint à sa rencontre, l'embrassa et le couvrit de baisers à la grande satisfaction de l'assistance. Après le mot de circonstance, on servit à manger et à boire aux invités.
Dès lors commencèrent les réjouissances, Hérida et Julianne ouvrirent la piste et furent frénétiquement applaudis. Parents et amis leur emboîtèrent le pas dans une clameur totale. A la fin, Roger remercia ses hôtes qui quittèrent le lieu un à un. Julianne vivait seule avec son père, abandonnée par sa mère Julie suite à un décès inopiné. Richard, médecin de son état, était tout le temps parti et une femme de ménage veillait sur Julianne à son absence. Ce que déploraient sans cesse Rose et Roger qui suggérèrent à Richard de confier la garde de sa fille à quelqu'un de plus mature, c'est-à-dire à une mère au vrai sens du terme. En plus Julianne était sous le feu des critiques de ses camarades qui n'hésitaient à la traiter d'aveugle parce qu'elle avait un souci avec sa vue. Le jour de l'anniversaire, elle en fit part à Hérida. Pour ce faire, Richard choisit d'abord de la faire soigner et projeta un voyage à l'étranger. Le jour du voyage, Roger s'adressa à Hérida en ces termes :
- Hérida, le moment de vous quitter est venu, j'ai signé un contrat avec Médecins sans frontières. Je vais à Goma avec mon équipe pour répondre à un appel, accomplir un devoir d'humanité. Sois sage à mon absence, veille sur ta mère et surtout ne lui donne pas du fil à retordre. J'ai reçu une correspondance de la banque, me demandant de rembourser dans le délai le montant du crédit que j'avais sollicité. Faute de quoi, elle sera obligée d'appliquer le régime des pénalités prévu par le règlement. Les vacations qui en résulteront nous éviteront ce désagrément. Rose sortit de la chambre, tout éplorée, elle avait les traits tirés. Toute la maisonnée assistait impuissante à ce départ, le devoir passant avant la passion. Roger étreignit Rose, lui planta un baiser sur la joue droite et partit sans se retourner. Peu avant l'atterrissage, l'avion volait à basse altitude et les passagers virent se déployer à travers les hublots un beau et vaste panorama. Le relief était varié, composé essentiellement de plaines, collines, plateaux et montagnes. La forêt et la savane forment dotent la contrée d'une végétation luxuriante, sans oublier les eaux du lac Kivu qui l'arrosent.
- Ce fut un paysage fascinant. Arrivés à l'aéroport, Roger et son équipe furent accueillis par le docteur Sauveur, le responsable chef d'antenne de MSF Goma. Ils montèrent dans une Jeep qui les conduisit au quartier général de MSF, situé au centre-ville. Chemin faisant, ils découvraient la ville de Goma et admiraient la splendeur de ses bâtiments gigantesques. Encore les stigmates de l'éruption volcanique de Nyiragongo étaient-ils vivaces vingt ans après la catastrophe. Le jour suivant, le docteur Sauveur fit visiter à ses hôtes les installations de MSF et aussi les sites d'hébergement des déplacés internes. Et très vite ils se rendirent compte de l'étendue du désastre et de l'immensité de la tâche à exécuter. C'étaient des cohues de gens entassés dans des huttes de fortune, si pas à la belle étoile, sans eau courante, ni latrine adéquate. Hommes, femmes et enfants vivaient dans une promiscuité indescriptible, exposés aux intempéries et risques d'épidémies certains. Le dénuement était total, médecins, paramédicaux et humanitaires débordés. Au fil du temps, ils découvraient la nature profonde de ce que l'opinion doit comprendre par ‘’guerre de l'Est’’.
Une guerre asymétrique face à un ennemi invisible qui est dans la population et tue sans pitié cette même population. Une guerre par procuration dont les tireurs de ficelles sont situés à plusieurs milliers de kilomètres, au pays et à l'étranger. Une guerre où ennemi et homme des troupes de l'armée nationale portent la même tenue. Une guerre où les forces de l'armée nationale et les troupes étrangères font face à un ennemi qu'elles ne parviennent pas à mettre hors d'état de nuire depuis de longues années. Une guerre où l'ennemi est un monstre à plusieurs têtes : il est autant agresseur que rebelle ou bandit de grands chemins. C'est ça la guerre de l'Est, une véritable nébuleuse. Par conséquent tout le monde se méfie de tout le monde. Voilà pourquoi elle tire en longueur. Roger et Rose échangeaient régulièrement. A Kinshasa, tout allait bien, l'ambiance était bonne. Hérida s'appliquait bien à l'école et fréquentait souvent la bibliothèque. Les professeurs l'appréciaient beaucoup et lui attribuaient de bonnes notes. A l'occasion du concours d'éloquence, il avait choisi de parler de la protection des enfants, il avait été chaleureusement applaudi par le public et avait forcé l'admiration des responsables de l'école. Le dimanche, il se rendait à l'église en compagnie de sa mère. En l'absence de Roger, Rose s'était très engagée à l'oeuvre du Seigneur, elle vaquait aux activités quotidiennes organisées à la paroisse. Un seul souci dérangeait sa quiétude : la dette que Roger avait contractée à la banque et dont l'échéance arrivait à terme. Conscient de la situation, Roger la rassura et promit de solliciter un moratoire. Après plusieurs semaines d'accalmie, l'activisme des groupes armés reprit, jetant des milliers d'hommes et de femmes sans défense sur le chemin de l'errance. Les organisations non gouvernementales formèrent un convoi humanitaire : médecins, paramédicaux, secouristes et autres dont le docteur Roger en firent partie. Le convoi s'ébranla. A la sortie de la ville s'étendait une savane qu'il se mit à traverser cahin-caha. Après plusieurs détours, il arriva à la hauteur d'un buisson d'où partit un coup de feu qui l'immobilisa. Aussitôt débouchèrent de partout un groupe d'assaillants armés qui s'emparèrent de vivres et matériel et kidnappèrent les membres du convoi. Alertées, les forces de défense et de sécurité organisèrent des patrouilles en vue de traquer ces coupeurs de route et tenter de sauver les malheureux infortunés. Cette embuscade jeta l'effroi et l'émoi dans le personnel du quartier général qui décida de suspendre toutes les activités jusqu'à nouvel ordre. Désolé, madame, la banque ne peut rien faire pour vous. Dans les affaires, il n'y a pas d'amis, il n'y a que des intérêts.
Quelques jours après, l’huissier de justice se présenta au domicile de Rose muni d' une copie du procès-verbal de cession et du préavis de déguerpissement. Rose était sans nouvelles de Roger, emprisonnée par les forces des ténèbres. Mon Dieu, j'ai foi en toi et je sais que tu ne m'as pas abandonnée, murmura Rose. Rose emménagea dans une bicoque dans la commune de Selembao, dans un quartier enclavé, dépourvu d'eau et d'électricité et où la précarité était la règle. Rose et Hérida eurent maille à partir avec leur nouveau train de vie. Rose perdit sa santé, rongée par la solitude et victime de cauchemars répétés. Envoya Hérida lui acheter un médiateur pour calmer son malaise. Hérida sortit en courant. A son retour, il trouva sa mère raide. Pris de panique, il appela au secours. Les voisins accoururent et trouvèrent Rose alitée, immobile. Du coup ils s'en prirent à Hérida et se ruèrent sur lui. Ayant réussi à se soustraire à ses bourreaux, Hérida s'enfuit à toutes jambes. Hérida courut dans la rue, sillonna les grands carrefours de Kinshasa.
Enfant en rupture familiale, il était devenu au milieu des filles et garçons, banni de la société, oublié de tous et dont le seul bon Dieu reconnaissait encore l'existence. Désormais, tout lui était permis, exposé aux vices les plus divers, les plus ignobles. Vivre dans la rue est comme baigner dans un vivier que tout le monde manipule à souhait : les politiciens pour conquérir le pouvoir ou s'y maintenir, les occultistes pour accomplir les pratiques fétichistes, etc. et en échange d'une menue monnaie. Quand Hérida s'établit à la Foire internationale de Kinshasa, il fit la connaissance de Riddy autrement appelé Dicoq, tous deux sympathisèrent aussitôt. Dans leur vagabondage, ils découvrirent Ma Dayi. Marchande de son état, elle adopta les deux amis. Elle les chargea de vendre pour son compte de l'eau emballée dans des sachets en plastique. Ils marchaient sous un soleil accablant et vendaient à la criée leur marchandise. Leur train-train quotidien les familiarisa davantage.
De son vrai nom Riddy, Dicoq raconta à Hérida son passé douloureux. Son père est mort, trahi par sa mère victime à son tour d'abus sexuel de la part des hommes en uniforme armés. Depuis, il errait dans la rue, sans domicile fixe, subissait les injustices de toutes sortes et ne faisait l'objet d'aucune compassion. Pendant ce temps, il avait pris de l'âge et vivait dans une insécurité totale. Après avoir suivi avec attention le récit de Dicoq, Hérida s'adressa à celui-ci en ces termes : Dicoq, je fus victime autant que toi de la méchanceté des hommes. L'avènement d'une société plus juste, plus équitable et plus fraternelle n'est pas pour demain, mais nous ne devons pas perdre l'espoir. Il est des millions d'enfants qui vivent dans l'errance, séparés de leurs parents, privés d'affection, d'école, dépourvus de tout. En lieu et place de l'amour, on les gave de drogue et leur fait porter des armes. Ils tuent, volent, pillent et violent en toute impunité. Les voisins m'avaient traité de sorcier et le phénomène sorcier a pris de l'ampleur dans notre société et les pasteurs en sont les principaux instigateurs. Ils s'enrichissent sur le dos des fidèles qu'ils paupérisent jour après jour et les désorientent avec les prophéties et les cures d'âme. Le mensonge, la haine, l'égoïsme, le clientélisme, etc. collent à la peau les hommes, les femmes et les enfants.
La religion est-elle devenue l'opium du peuple ? Non. Jésus t'aime, crois en lui et tu seras sauvé. Pardonne à ta mère comme Jésus avait pardonné à ceux qui lui avaient fait du mal. A présent, acceptes-tu Jésus Christ comme Seigneur et Sauveur ? __ Oui, je l'accepte. __ Alors prions. Seigneur Jésus Christ, nous avons besoin de toi. Merci d'être mort sur la croix pour nos péchés. Nous t'ouvrons la porte de nos vies et t'acceptons comme Seigneur et Sauveur Amen. Après moult tractations et négociations, les belligérants signèrent des accords et décrétèrent un cessez-le-feu. Les agresseurs se retirèrent et les groupes armés se rendirent. Réfugiés et déplacés revinrent à la vie normale. Roger et ses compagnons d'infortune recouvrèrent la liberté. Au quartier général, la joie des retrouvailles fut totale. Revenu à Kinshasa, Roger alla à la rencontre de Rose encore en état de convalescence, l'émotion fut vive: les deux mariés s'étreignirent en versant des larmes de joie. Aussitôt Roger activa l'avis de recherche émis par le docteur Josué pour retrouver Hérida. Informé, Hérida glorifia le Seigneur pour ses multiples bienfaits. Ensuite Roger saisit la justice et obtint la révision du procès pour régler le contentieux qui l'opposait à la banque. Il eut gain de cause et récupéra sa maison. Enfin le regroupement familial fut effectif, la vie reprit de plus belle et une page rose s'ouvrit, pleine d'espérance.
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