1

"Résister par la plume et la parole" : le festival du livre et des arts de Béni se fixe la mission

Partager cet article

"Résister par la plume et la parole" : le festival du livre et des arts de Béni se fixe la mission

La ville de Beni se prépare à accueillir, les 11 et 12 septembre 2026, la deuxième édition du Festival du Livre et des Arts de Beni. Porté par les Éditions NGE, l'événement entend faire de la littérature, de l'art et de la parole des instruments de dialogue, de résistance pacifique et de construction de la paix dans une région marquée depuis plusieurs années par les violences et les conflits.

Après une première édition placée sous le signe de « Mémoire, Plume et Résilience », le festival revient avec une ambition nouvelle : « Résister par la plume et la parole ». Deux journées durant lesquelles écrivains, artistes, élèves, étudiants et autres acteurs de la société sont invités à se retrouver autour du livre, de la création artistique et du débat citoyen.

IMG-20260814-WA0002

De la mémoire à la prise de parole

Pour les organisateurs, cette deuxième édition s'inscrit dans la continuité de la première, tout en franchissant un nouveau cap.

La première édition avait surtout cherché à préserver la mémoire, raconter les réalités vécues par les communautés de l'Est de la République démocratique du Congo et montrer comment les arts peuvent aider à surmonter les traumatismes. Cette fois, l'ambition est d'aller plus loin : encourager les citoyens, particulièrement les jeunes, à prendre la parole, défendre leurs idées et participer activement aux réflexions sur leur société.

« Résister par la plume et la parole » devient ainsi plus qu'un simple thème. Il traduit la volonté de faire de la culture un espace où l'on peut exprimer ses douleurs, questionner les réalités de la société, dialoguer et imaginer d'autres voies que la violence.

IMG-20260814-WA0003

Dans un contexte où l'Est de la RDC demeure confronté aux conséquences des conflits armés, les organisateurs considèrent la littérature et les arts comme des moyens de retisser les liens sociaux et de promouvoir le dialogue.

Une première journée consacrée aux jeunes.

La première journée sera consacrée à un dialogue interscolaire réunissant 50 élèves et 50 étudiants issus de différentes institutions de Beni. Les participants réfléchiront notamment à la gestion pacifique des conflits et au respect mutuel.

IMG-20260814-WA0018

Projection, lecture, échanges en petits groupes et débat sont au programme. Les jeunes seront également invités à formuler des recommandations à l'issue de leurs discussions.

Cette approche traduit l'une des principales ambitions du festival : ne pas considérer les jeunes uniquement comme des spectateurs, mais comme des acteurs capables de réfléchir, de proposer et de prendre position sur les questions qui concernent leur communauté.

Une deuxième journée entre paix et création artistique.

Le deuxième jour constituera le temps fort de la manifestation avec une programmation beaucoup plus large.

Une Marche de la paix ouvrira notamment les activités autour de la prévention des conflits violents comme moyen de renforcer la paix et la sécurité dans l'Est de la RDC. Cette mobilisation citoyenne sera accompagnée d'un défilé symbolique avec fanfare.

Le public pourra ensuite assister à la projection du film Un fou noir au pays des blancs, suivie d'un échange, ainsi qu'à des lectures-spectacles autour de plusieurs œuvres, notamment Goma, terre des cicatrices, La paix dans ma chair et Chant du lac.

Mais le festival ne sera pas uniquement un rendez-vous littéraire. Le moment artistique intitulé « Parler et écrire autour du feu » réunira plusieurs disciplines : slam, poésie, conte, musique, humour, théâtre, danse, dramaturgie, exposition et concours.

Les artistes seront invités à dialoguer directement avec le public à travers leurs œuvres et leurs performances. Une manière de rappeler que la culture peut aussi être un lieu de rencontre, de mémoire et de résilience.

Beni, un espace pour les voix de la culture

Le choix de Beni n'est pas anodin. Les Éditions NGE, maison d'édition basée à Goma et provisoirement installée à Beni à la suite des récents conflits, travaillent notamment à la promotion de la littérature africaine, à l'accompagnement des jeunes auteurs, à la traduction et à la diffusion culturelle.

Pour cette deuxième édition, l'organisation bénéficie notamment du soutien d'EUNIC RDC et collabore avec des universités, des troupes artistiques, des ONG et des associations culturelles locales.

L'objectif affiché est de mobiliser largement la communauté. Les organisateurs annoncent plus de 300 participants lors de la deuxième journée et souhaitent valoriser près de 50 artistes à travers leurs prestations.

Slameurs, poètes, conteurs, humoristes, musiciens, choristes, lecteurs professionnels, danseurs et dramaturges sont ainsi appelés à faire entendre leurs voix et à donner une dimension populaire à cette rencontre culturelle.

Quand les mots deviennent une forme de résistance

À travers cette initiative, les Éditions NGE défendent une idée simple : dans une société fragilisée par les conflits, la parole ne doit pas être abandonnée au silence.

Écrire, lire, déclamer un poème, raconter une histoire, monter sur scène, débattre ou simplement écouter l'autre peuvent devenir des actes de reconstruction du lien social.

Le festival ambitionne justement de créer cet espace. Un espace où un élève peut prendre la parole devant les autres, où un artiste peut transformer une expérience douloureuse en création, où un livre peut provoquer une discussion et où le débat peut remplacer, ne serait-ce que le temps d'une rencontre, la confrontation.

La deuxième édition du Festival du Livre et des Arts de Beni se veut donc à la fois culturelle, éducative et citoyenne. Elle entend renforcer la cohésion sociale, encourager les jeunes à privilégier le dialogue plutôt que la violence et montrer que la littérature et les arts peuvent participer à la transformation de la société.

Les 11 et 12 septembre, Beni ne sera donc pas seulement le théâtre d'un festival consacré aux livres et aux arts. La ville deviendra, le temps de deux journées, un espace où l'on cherchera à faire entendre une conviction : face à la violence, les mots peuvent eux aussi devenir une force de résistance.

Bukasa Kabwe, Directeur général des Éditions NGE, invite ainsi les différents acteurs intéressés par le livre, la culture et la création à prendre part à cette deuxième édition, qui se tiendra à Beni les 11 et 12 septembre 2026.

Elie BYAMUNGU

Galerie photos

IMG-20260814-WA0002
IMG-20260814-WA0003
IMG-20260814-WA0018

Partager cet article

Commentaires

0 commentaire

Soyez le premier à commenter cet article.

Laisser un commentaire

Votre commentaire sera publié après validation par l'équipe.