Accueil Ethnies Royaume Luba

Royaume Luba

par Danny
0 Commentaire

Capitale

Mwibale (premier empire)

Munza (deuxième empire)

Localisation

Le royaume Luba se situait entre le haut Lomami et le Lualaba au Katanga. Au temps de sa plus grande extensions (conquêtes) fin 15è siècle, le royaume s’étendait jusqu’au Maniema au Nord, à Mbuji Mayi à l’Ouest, au Katanga à l’Est et aux sources du Zambèze au Sud.

Les origines

L’ancêtre commun de Baluba serait un certain Nkole, qui était aussi le nom d’une entité interlacustre. Mais la tradition orale Baluba précise que le royaume Baluba fut fondé par les Basonge venus de Maniema au Nord ou au Nord-est sous le chef de file Nkongolo Muanza qui unifie quelques chefferies locales et installe sa capitale à Mwibale sous la dynastie Songe.

 Selon Yan Vansina, il écrit dans ses ouvrages, Vers 1500 la région comprise entre le Lac Tanganyika et le Haut-Kasaï était divisée en une multitude de petites chefferies. Dans la partie occidentale elles étaient gouvernées par des Bungo, les ancêtres des Lunda. Dans la partie centrale, entre les Mbuji-Mayi (Bushimai) et les lacs du Katanga, vivaient les ancêtres des Luba du Katanga. Il y avait là deux royaumes de dimensions plus importantes, celui des Kaniok et celui des Bena Kalundwe. A l’est des Bushimai, les chefferies étaient très petites et la population qui y vivait s’appelait les Kalanga. Entre les lacs et le Tanganyika vivaient les ancêtres des Hemba et peut-être déjà certains groupes parlant la langue Bemba. On ne sait à quel niveau d’organisation politique ces régions étaient parvenues.

A cette époque un immigrant nommé Kongolo apparut dans les pays des Kalanga pour devenir le fondateur de ce qu’on a appelle le premier empire Luba, Il n’y a pas de tradition unique concernant les origines ou la provenance de Kongolo. Les versions qu’on a pu recueillir montrent seulement à quel point nous manquons d’une étude générale des traditions orales Luba. Les traditions subsistant encore disent qu’il était originaire soit du Nord-Est, de la région ou se trouve maintenant la ville de Kongolo, soit du Nord-Ouest, de chez les Bena Kalundwe de Mutombo Mukulu. Une des traditions prétend même qu’il était né proximité de ce qui allait devenir sa capitale.

Quoi qu’il en soit de son origine, il est certain que Kongolo arriva dans le pays, soumit en cours de route des villages isolés et des petites chefferies et édifia sa capitale à Mwibele prés du Lac Boya. Peu de temps après qu’il s’y fut installé, un chasseur du nom d’Ilunga Mbili, venant de l’est du pays Lualaba, arriva avec sa troupe prés de la capitale. Il y fut bien accueilli par Kongolo dont il épousa deux demi-sœurs Bulanda et Mabela. Mais peu après, il repartait pour son pays natal à la suite sans doute d’une violente dispute avec Kongolo, homme rude qui refusait d’apprendre du nouveau venu les manières et subtilités du métier de chef. Ilunga Mbili venait manifestement d’une chefferie bien organisée encore qu’on en ignore pratiquement l’emplacement.
 Après son départ, Bulanda mit au monde Ilunga Kalala et Mabela Kisulu Mabele. Devenu adulte Ilunga Kalala allait être un merveilleux guerrier et aider Kongolo à soumettre toute la partie méridionale du royaume, ce qui montre que la conquête de celui-ci prit au moins vingt ans sinon davantage.

Mais Kongolo prit ombrage des succès de Kalala et tenta de le tuer. Kalala se réfugia dans le pays de son père et en revint avec une armée Kongolo prit aussitôt la fuite et se réfugia prés de Kai. Trahi par ses propres sœurs, il fut capture et tue. Kalala s’empara du royaume et bâtit sa capitale à Munza, à quelques kilomètres de Mwibele. C’était le début de ce qu’on a appelé le second empire Luba qui est en fait le même royaume. L’histoire de Kongolo et de Kalala Ilunga est devenue épopée nationale des Luba.

 Après son accession au trône, Kalala guerroya, pour agrandir ses domaines. Il fit la conquête de plusieurs chefferies sur les rives occidentales du Lualaba au nord du Lac Kisale, et de quelques autres sur la frontière des Kalundwe. Une tradition recueillie par Van der Noot rapporte que fors de l’édification de sa capitale il eut à combattre les Bena Munza, habitants du lieu.
 Ce fait, s’il est vrai, montre que le royaume était encore très faible à cette époque. Mais à la mort de Kalala, il semble que les bases de son organisation étaient installées.
Le fondateur
Le fondateur est Kongolo Muanza au 16è siècle (1550).

L’apogée

L’apogée a eu lieu avec le roi Kumuimbu Ngombe au 17è siècle grâce :

Au commerce, Aux conquêtes des plusieurs chefferies sur la rive occidentale de Lualaba et au Nord du Lac Kisale.

L’Organisation Politique

L’organisation politique du royaume est très mal connue, et devrait faire l’objet de recherches poussées de la part d’ethnologues qualifies. A l’heure actuelle, on n’en connait que les brands traits. Les Luba étaient organisés en patrilignages qui ne semblent pas s’être insérés dans un système segmentaire, à la différence de ce qui se produisit chez les Luba du Kasai. Le roi dès son vivant désignait déjà son successeur appelé Mpiana Mulopwe. Le roi sacré avait un pouvoir centralisé de droit divin,  vénéré comme un dieu et l’on croyait qu’il possédait des pouvoirs surnaturels.

Mais au Kasai il n’y avait pas d’organisation politique supérieure. Chaque lignage comprenait des clients, qui lui étaient lies par contrat, et des esclaves domestiques. Théoriquement, le roi exerçait une autorité absolue: il ne semble pas qu’il y ait eu un conseil supérieur pour contrebalancer sa puissance. Mais celle-ci était tempérée du fait qu’il avait des demi-frères qui pouvaient s’élever contre lui, appuyés par le patrilignage de leurs mères, et soutenus par la cour et le peuple au cas ou le Roi était un tyran. II est possible qu’il y ait eu d’autres freins institutionnels à la puissance royale, mais on n’en trouve aucune mention. Toutefois il ressort nettement de l’histoire Luba et des rapports ethnographiques que le roi n’avait pas la puissance des rois du Kongo et que la structure du lignage semble avoir joue un rôle politique important.

Le village était forme d’un ou plusieurs lignages. Il était dirigé par un chef choisi sans aucun doute au sein du lignage qui avait joue le rôle principal dans l’établissement du village, mais néanmoins nommé officiellement par un supérieur hiérarchique qui pouvait être le roi lui-même Ce chef était assiste d’un conseil qui comprenait tous les chefs des lignages existant dans le village.

 Plusieurs villages formaient ensemble une chefferie, et il se peut que ces chefferies aient préexiste au royaume. La chefferie avait a sa tête un kilolo, c’est-a-dire un chef territorial. Plusieurs chefferies formaient une province placée sous la direction d’un chef provincial, et toutes les provinces ensemble formaient le royaume. La hiérarchie territoriale n’était cependant pas rigide. Certaines Chefferies dépendaient directement du Roi et il en allait de même pour certains villages.
Il semble qu’un certain nombre de chefferies aient été héréditaires, sans doute celles des « propriétaires du sol », tandis que d’autres étaient gouvernées par des chefs nommés par leurs supérieurs immédiats et confirmés dans leur nomination par le roi. Tous les chefs, à l’exception des «propriétaires du sol» étaient balopwe, c’est-a-dire membres des lignages de Kongolo ou de Kalala Ilunga. Certains pontes de Chef étaient confiés à vie, d’autres pour une période de quatre ans.

CheflubadeBukana

Mais, le Roi pouvait déposer les chefs, quels qu’ils fussent. Ce souverain gouvernait sa capitale, la kitenta, et chaque nouveau roi fondait une nouvelle capitale. La kitenta du Roi décède ainsi qu’une zone environnante était confiée a une femme, la mwadi qui était en contact avec l’esprit du défunt, et à un tivite, c’est-a-dire le principal ministre du disparu. A la mort de ces personnes leurs fonctions passaient à leurs descendants. Ces régions étaient sacrées et libres de toute ingérence du souverain vivant ou de ses inférieurs.

 Le gouvernement central comprenait le Roi et ses dignitaires. Les titres étaient hiérarchises et correspondaient à des fonctions différentes. Le plus important était le titre de twite, chef de guerre et commandant d’un corps d’officiers qui formait la seule force de police permanente du royaume; l’inabanza, gardien des emblèmes sacrés qui était avec le sungu le chef provincial le plus important. D’autres titres variaient de chefferie à chefferie.
 Les ministres du roi : Ntuite : Premier ministre, chargé de finance; Kalala : Chef de l’armée ; Mwadiamvita : conseiller de la guerre ; Tshimankinda : Adjoint de Kalala ; Nsenge : garde du corps ; Muena-Mpala : Gouverneur Inabanza : gardien des symboles royaux
Les insignes du pouvoir royales sont : Lukuna, peau de Léopard, plumes de perroquet, la hache, les colliers, les amulettes, une chaise, une lance, un tambour, doubles cloches.
L’organisation éonomique
Elle se basait sur :

L’agriculture intensive,

Les impôts royaux et nature

Le commerce avec les portugais et Arabes

L’empire avait comme monnaie, les croisettes en cuivre.

Dans la culture l’art Luba était dominé par les statuettes, la musique très développée par les chants

Dans la religion, les luba, croyaient en un seul Dieu suprême, mais aussi avaient des dieux secondaires

Dans le social : La société était divisée en classes sociales.

Le déclin

Le déclin était intervenu à partir des :

Attaques au 19è siècle de Tshokwe, des Batetela, et surtout des Bayeke commandés par M’SI M’siri sous le règne du roi Kasongo Nyembo qui se refuge aux sources de la Lomami. Cela a provoqué les indépendances des royaumes vassaux.

Souverains de l’Empire Luba

Kalala Ilunga, fils de Mbidi Kiluwe et neveu de Kongolo Mwamba, Ilunga wa Luhefu, fils de Kalala Ilunga, il s’installa à Bisonge; Kasongo Mwine Kabanze, fils de Ilunga wa Luhefu, s’établit à Kibanza; Kasongo Kabundulu, fils de Mwine Kabanze, s’établit à Katundu; Ngoy-a-Sanza, fils de Kasongo Kabundulu, résida à Kapulu; Mwine Nkombe Ndayi, fils de Ngoy-a-Sanza, s’établit à Nkombe; Kadilo Sokela Bota, fils de Mwine Nkombe, s’installa à Budi. Kenkenya, fils de Kadilo s’établit à Bwilu; Ilunga Nsungu succéda à son père Kenkenya et s’établit à Lubala; Kumwimba Ngombe succéda à son père Ilunga Nsungu, il résida à Budumbe; Ndayi Mushinga, fils de Kumwimba Ngombe, n’eut pas le temps de construire un village car, après une année de règne, il fut battu et tué par son frère Ilunga Kabale; Ilunga Kabale, s’installa à Bene Dyombo; Maloba Konkola, fils aîné de Ilunga Kabale, lui succéda, mais trois mois après, il fut battu et décapité par son frère Kitamba; Kitamba prit le pouvoir, il battit encore un frère, mais un an après, lui aussi fut tué par son frère Kasongo Kalombo, cinquième fils de Ilunga Kabale. Kasongo Kalombo, fils d’Ilunga Kabale, succéda à Kitamba; Ndayi Mande, frère de Kasongo Kalombo lui succéda, combattu par son frère Kasong’wa nyembo; Kasong’wa Nyembo qui avait pris le pouvoir de Ndayi Mande eut affaire à son frère Kabongo avec qui il engagea une guerre qui dura des années et qui coûta beaucoup en vies humaines et en richesse à la population.

Ce dernier demeura insaisissable par le colonisateur jusqu’en 1917.

Autres infos

UA-51986614-1