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Royaume Lunda

par Danny
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Royaume Lunda

lundamwatayaav

Capitale : Musumba

Localisation :

Les Lunda occupent la partie méridionale du Congo au Katanga, la moitié orientale de l’Angola et une partie de la Zambie.
Les Origines
Lunda veut dire « amitié », c’est une confédération des tribus qui étaient regroupées autour d’un seul roi. L premier roi fut Yala Muaka, suivit de son fils Muaka Nkonde qui a mis au monde Lueji. Les mythes Lunda traitant de l’origine de ce peuple nous apprennent qu’ils vivaient depuis des temps très reculés dans les régions septentrionales de leur territoire actuel. Ils situent la création du genre humain dans la vallée du Kalany près de Sakapemb. A partir de ce noyau, de petits groupes de villages auraient assaimé au gré de l’accroissement de la population. Ils se seraient établis dans les plainer vers l’Ouest sous la conduite de leurs chefs, les «chefs du pays», Mwat Aangaand ou Acubuung (tubungu). A cette époque, le pays était gouverné par Mwaakw, un jumeau de sexe male issu dune longue lignée de jumeaux depuis les premiers hommes.
C’étaient encore les temps mythiques. Le fils de Mwaakw Nkond eut deux fils Kinguri et Tshinyama. Ils étaient paresseux et cruels et un jour leur père faillit mourir des coups qu’ils lui donnèrent. Il fut sauvé par leur sœur Rweej (Lueji) et décida alors que sa fille lui succèderait après sa mort, nouveau thème mythique expliquant cette fois l’origine de la succession matrilinéaire.
 Selon les mêmes traditions, Nkond mourut des suites des coups qu’il avait reçus, selon d’autres il périt dans une guerre contre les Tshokwe dont le chef Kabamba Sopa Niama ou Kadiki Ka Ditanga vivait à l’Ouest du Haut-Kasaï. Fiction de la royauté perpétuelle, de telle sorte que le pays Lunda formait déjà dès le 16è siècle une entité politique aux liens, assez lâches mais unifiée. Etant donné que ses fils étaient trop cruels envers leur père, ce dernier laissa son pouvoir à sa fille Lueji (Rweej) qui prend le titre de Suana Mulunda, c’est-à-dire la mère de la communauté Lunda. C’est alors qu’arriva un étranger Tshibinda Ilunga (Thiibiind Yiruung) venant de la capitale d’Ilunga Walwefu. Il épousa Rweej, cette dernière va lui remettre le « lukanu », insigne du pouvoir royal et devint Roi. Fâchés contre leur sœur, Tshingudi et Tshinyama émigrèrent vers le Sud et vers l’Est. Tshingudi émigra vers l’Est en direction du Kwango dans le Bandundu où il fonda le royaume des Imbangala et Kasongo.
Tshinyama alla vers le Sud et s’installa en Angola où il fonda le royaume de Luena. Ce mythe signifie manifestement que le balopwe Luba conquit la région, cette hypothèse trouve une confirmation importante dans le fait que de nombreux titres Lunda sont dérives du pays Luba et que certaines traditions prétendent que plusieurs compagnons d’Ilunga quittèrent le pays pour fonder le royaume Bemba.  Peu après se produisit une insurrection générale qui ne fut matée qu’avec l’aide des troupes Tshokwe. Mais ensuite les Tshokwe quittèrent le pays Lunda, de même que les Bemba et les populations apparentées. Telle est, en résumé, la première expansion du règne Lunda sur de larges parties de l’Afrique centrale. Selon l’interprétation correcte de ces traditions, seuls de très petits groupes d’hommes, peut-être seulement une centaine à la fois ou même moins, auraient participé aux migrations. Rweej n’eut pas d’enfants et Tshibinda Ilunga épousa Kamonga Lwaza, la nièce de Rweej qui mit au monde un fils Mwat Luseng lequel monta sur le Trône.  Luseng était un grand organisateur. C’est sous son règne que semble s’être édifiée toute la structure politique du royaume Lunda. II institua les titres de la cour et les titres territoriaux. Son fils et successeur Mwat Yaav (Yamvo) Naweej poursuivit son œuvre et son nom Yaav (Yamvo) devint un titre générique de la Royauté Lunda. Au cours de ces trois premiers règnes, le Royaume Lunda connut une expansion qui le mena de la vallée du Nkalaany jusqu’à la région comprise entre cette rivière et le Kasai à l’Ouest et les chutes du Lulua au Sud.

Le fondateur

 Le fondateur du royaume Lunda fut Yala Muaku au 16è siècle (1500). Le grand roi fut Mwat Yaav Naweej. Et le titre du pouvoir royal fut Mwat Yaav (Muat Yamvo).

L’apogée

L’apogée a eu lieu au 17è siècle (1660-1675) avec le roi Yaav Naweej, grâce :

Aux commerces ;

Aux conquêtes des Bateke, des Basala-Mpasu ;

Une bonne organisation politique et administrative du royaume ;

L’organisation politique

La succession au trône reposait sur la paternité. Le roi sacré avait un pouvoir indirect aux chefs conquis qui gardaient leurs pouvoirs et leurs coutumes, mais sont soumis au roi Yaav. L’empire était divisé en province, de province en districts puis en village.

La structure politique des Lunda telle qu’elle existait vers 1700 était basée sur le village, le chef du village s’appelait Mbay dont le titre se transférait héréditairement en ligne maternelle et le chef de district Tshilol. Le village s’appelait Ngand et des frontières surveillées par les Cibung.

La structure politique des Lunda telle qu’elle existait vers 1700 était basée sur le village et son domaine, le Ngand. Les villageois étaient gouvernés par un conseil d’anciens le Ciyul et un chef dont le titre se transférait héréditairement en ligne maternelle, le Mwaatangand, spécialement responsable du bonheur surnaturel des villageois, et dont les pouvoirs venaient de ses ancêtres qui étaient censés avoir fondé le village.  A cause de ses pouvoirs rituels le Mwaatangand ne pouvait être dépose que par le roi, car celui-ci aussi détenait des pouvoirs surnaturels. Différents villages étaient unis en groupes selon la nature des liens de royauté perpétuelle existant entre leurs chefs.  Ces groupes étaient, semble-t-il, diriges par le mbay, c’est-à-dire le plus ancien des chefs. Ceux-ci à leur tour étaient groupés en districts politiques régis par un Tshilol, nommé par le roi et le conseil général sur proposition d’un groupe de Mbay après une période d’essai et le paiement de redevances appropriées. Le Tshilol n’avait ni droits ni devoirs surnaturels; il était uniquement percepteur d’impôts. Il devait expédier les taxes à son supérieur dans la capitale, qui les transmettait au Roi.
Ce système avait également des buts administratifs. Chaque district était donc lie à un représentant spécial à la cour et ce lien était également conçu en termes de royauté perpétuelle Le Tshilol régissait lui-même un morceau de forêt, Am pat, que les villages lui avaient donne et ou il vivait avec ses proches parents. On trouvait encore sous ses ordres des Mwab ou fonctionnaires charges de gouverner tel village ou la charge de mwataangaand n’était pas exercée, ce qui se produisait fréquemment étant donné que le titre de mwataangaand se transmettait par filiation maternelle seulement, quoiqu’en matière d’héritage et en d’autres domaines la succession se calculait bilatéralement. Au-dessus du Tshilol, mais gouvernant dans le même district on trouvait le Yikeezy, qui supervisait les activités du premier sur nomina­tion royale lorsque son honnêteté ou son efficacité étaient douteuses.

Cette institution semble indiquer qu’il était impossible ou très difficile de déposer un Tshilol incompétent. Dans la capitale le Roi, Le Mwat Yaav, «Seigneur de la vipère», et ses dignitaires formaient le gouvernement central. Il détenait des attributs sacrés, nommait les fonctionnaires de la cour, créait de nouveaux titres, pouvait déposer les fonctionnaires de tout rang et présidait le Tshitentam, conseil national et cour suprême composée des plus hauts dignitaires. Il était assisté par trois types de fonctionnaires. Le premier groupe comprenait quinze Atshutung, chefs des quinze villages les plus anciens du pays, qui exerçaient des devoirs rituels, et tous les autres principaux dignitaires religieux tels que le magicien de la guerre, le Mwadi gardien des tombes des rois défunts etc.

 Le deuxième groupe comprenait des dignitaires résidant dans la capitale, tous lies au roi par des liens de royauté perpétuelle Ce groupe comprenait des dignitaires fameux tels que le Nswaan Murund (Swana Mulunda), mere perpétuelle des Lunda, la Rukonkish (Lukonkesha), tante perpétuelle, le nswaan mulapw (Swana Mulopwe), prince héritier, le mutiy ou chef de la guerre etc. Ces dignitaires étaient lies à différents Tshilol par des liens de royauté perpétuelle, ces Tshilol étant leurs « fils » du point de vue successoral. Le troisième groupe de dignitaires vivait en dehors de la capitale. C’etait des chefs tributaires représentés à la capitale par des délègues permanents, les Ntomb.

Lunda1700

Ceux-ci payaient au Roi les tributs qui leur provenaient des chefs, des Tshilol ou des Yikeezy qu’ils représentaient. Parmi ces chefs tributaires se trouvait notamment le Cibung, gardien des frontières entre le pays Lunda et le pays Luba. C’était un ancien émigre Luba qui avait juré fidélité au roi et s’était installé prés de la frontière. Les liens de royauté perpétuelle unissant les chefs de ce troisième groupe au roi étaient assez lointains: ils n’étaient que des «enfants» du Roi. Il n’y avait pas d’armée régulière permanente. Toutefois, au dix-neuvième siècle, un petit régiment faisait de constantes incursions chez les Sala Mpasu. Mais il y avait des Kakwata, ou chefs itinérants, qui voyageaient sans cesse avec une suite armée pour percevoir le tribut ou exécuter des ordres dans les régions lointaines de l’empire. Ils ne servaient pas en pays proprement Lunda, ou il n’y avait d’autre force militaire qu’un petit corps de police installe dans la capitale. La puissance militaire des Lunda était donc très réduite ce qui rend d’autant plus remarquable leur expansion sur une bonne part de l’Afrique. Les Tshilol éloignes payaient le tribut une fois Fan à la saison sèche, tandis que ceux qui vivaient aux alentours de la capitale devaient payer des impôts plusieurs fois par an. On payait en produits de la région ou en nourriture. La capitale qui comprenait 8 à 10.000 habitants lors de la visite de Pogge dépendait entièrement de ce dernier tribut pour sa subsistance.

Comme le remarque le professeur Biebuyck, le paiement du tribut semble avoir été la caractéristique la plus notable de L’empire Lunda. Les provinces extérieures pouvaient vivre comme bon leur semblait à condition qu’elles payent le tribut. Toute la structure politique reposait sur les mécanismes jumelés de la succession positionnelle et de la parente perpétuelle. Un successeur n’héritait pas seulement de la charge mais du statut personnel du défunt y compris son nom propre et ses relations de famille. Ainsi les anciennes relations de parente étaient rétablies à chaque génération et il ne se créait de nouveaux liens qu’après que toutes les «positions» anciennes du système eussent été remplies.
En pratique, ces mécanismes s’avérèrent extrêmement utiles parce qu’ils opéraient un divorce entre la structure politique et la structure de la descendance réelle, n’étant lies à aucun principe particulier de descendance. Chez les Lunda du Nord le système de la parente était bilatéral, mais matrilinéaire quant à la succession au poste de Mwataangaand: ailleurs, dans l’empire, c’était le système matrilinéaire qui prévalait, mais il arrivait comme chez les Yaka que les systèmes fut matrilinéaire pour la population et patrilinéaire pour les chefs. Mais cette diversité n’empêchait pas les principes de la succession positionnelle et de la parente perpétuelle de s’appliquer partout. Ces mécanismes jumelés pouvaient donc se répandre sans nécessiter de changements dans les structures sociales existantes, ce qui explique pourquoi tant de civilisations d’Afrique centrale purent les adopter sans grande résistance, même lorsqu’il y avait déjà des lignages segmentaires à fonctions politiques, comme c’était le cas chez les Lwena.

Une autre caractéristique fondamentale du système, qui lui permettait de s’adapter partout, était le «gouvernement indirect». Des chefs locaux pouvaient être assimiles Antaangand tandis que les nouveaux-venus devenaient Tshilol. Ils s’établissaient et fondaient une colonie Lunda, Iyanga, considérée comme place neutre par les résidents non Lunda de la région, qui pouvaient recourir à son arbitrage et lui étaient finalement soumis sans que l’usage de la force eut été nécessaire. En comparant les systèmes politiques Luba et Lunda, on peut comprendre pourquoi le royaume Luba ne parvint jamais à déborder sensiblement le pays d’origine des Luba, tandis que les Lunda réussirent à se répandre d’une manière si remarquable. Les Luba en effet, ne pratiquaient pas la succession positionnelle et la parente perpétuelle. Ils n’exploitèrent pas la division existant entre les «propriétaires du pays» et les «chefs politiques» ; ils n’assimilèrent jamais de chefs étrangers dans leur propre système, quoiqu’ils aient installe des villages Luba au voisinage de chefs tributaires afin de contrôler leurs paiements. Du point de vue du chef soumis au tribut le système Lunda était meilleur, puisqu’il y était honore et respecte en tant que « propriétaire du pays », tandis que dans le système Luba il n’était qu’un chef vaincu oblige de payer.

L’organisation économique
L’économie reposait à l’époque sur l’agriculture, le commerce avec l’Angola. On y ajoute les impôts royaux et les ressources du cuivre.
Religion
Les Lundas croyaient dans les forces de la nature. Ils croyaient qu’elles avaient des esprits qui les protégeaient. Pour eux, la mort était une renaissance chez les esprits de la nature.
Le Déclin

Au 19è siècle (1840-1852), il y a eu des attaques des Tshokwe et de M’siri contre le roi Mwat Yaav Naweej II ;

L’occupation européenne Belge en 1885 après avoir assassiné M’siri.

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