L’artiste comédien Jonathan Buba a apporté une énergie nouvelle sur une scène richement décorée, mercredi 11 février 2026, au centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa. Il a interprété « Cette lettre que je t’écrirai peut-être jamais », un texte de l’écrivain congolais Jocelyn Danga, mis en scène par Aaron Lukamba.
En incarnant le rôle de l’enfant soldat, visiblement par sa tenue et le décor de la scène, Buba a voulu juste alarmer sur une situation préoccupante des enfants enrôlés tôt dans l’armée, et les conditions dans lesquelles ils vivent en temps de guerre.

« C’est tout simplement faire passer ce cri de détresse que ce soldat, que ces enfants qui se sont enrôlés dans l’armée vivent là où ils partent combattre. C’est un peu en résumé, ce que partage cette pièce (ndlr cette lettre que je ne t’écrirai peut-être jamais) d’un enfant qui s’est enrôlé dans l’armée malgré que, sans pourtant informer à sa famille, il se retrouve dans ce camp de guerre et il trouve toute autre réalité », a-t-il affirmé.
Jonathan Buba est un jeune comédien, fruit de l’Institut National des Arts (INA) et en danse et chorégraphie. Actuellement, il fait partie de la grande équipe de la Cie Théâtre du fleuve. Hormis le théâtre, il se retourne également dans le secteur du cinéma.

Aaron Lukamba, metteur en scène de la pièce et directeur de Vova Théâtre, revient sur la première du spectacle qui émane d’un travail d’arrache-pied. « Je dirais que je suis content du travail que nous avons fait ici au centre. C’est la première du spectacle et voir autant de personnes venir, ça peut toujours nous faire plaisir », a-t-il exprimé.
Au-delà de la perception commune, il s’est appesanti à déballer le côté tacite de la pièce qui met à nu un jeune brisé par les réalités rencontrées dans l’armée et qui voit son rêve d’enfant s’emparer, loin de sa famille.

« En soi, le texte aborde le sujet d’un jeune enfant soldat qui est brisé par les réalités dans l’armée, différentes réalités qu’il trouve. Au départ, lui, il voulait servir son pays, mais arrivé sur place, il trouve autre réalité qui brise en fait son rêve d’enfant, qui le brise et l’éloigne également de sa famille. Ça parle un tout petit peu la question générale des enfants soldats qu’on n’a pas toujours l’habitude de voir sur la place publique et d’écouter en fait dans la société », a-t-il décrit.
Le choix des textes de l’auteur congolais Jocelyn Danga n’a pas laissé Aaron Lukamba indifférent d’extérioriser son entrain envers cet écrivain français qui vit actuellement en Europe. Ce n’est pas, selon lui, la première fois de monter les pièces de Danga. C’est depuis 2022 qu’il travaille sur ses textes et ses spectacles montées rencontrent toujours la satisfaction du public.
« Moi, Jocelyn Danga, c’est un auteur qui me pousse en tant que metteur en scène à réfléchir, ou à pousser loin ma réflexion. J’aime bien son langage dans l’écriture, aussi comment est-ce qu’il bouge les choses dans son écriture. Ainsi, c’est à toi, metteur en scène, d’aller chercher, puisse dans le plus profond du texte pour pouvoir présenter quelque chose », a-t-il révélé.
Cette pièce est donc le cinquième projet de Vova Théâtre, une structure mise en place par Aaron Lukamba avec comme mission de rendre accessible le théâtre à tout genre du public. Vova Théâtre, c’est d’amener le théâtre devant un public et parler en fait à ce public par le moyen du théâtre
« C’est de créer, diffuser et jouer des textes qui nous parlent d’abord nous, en tant que congolais personnellement et puis les autres de manière générale. C’est vraiment la mission de Vova Théâtre », a-t-il confié.
Bien après sa première représentation, le spectacle « Cette lettre que je t’écrirai peut-être jamais » continue sa cour normale avec une programmation à la troisième édition du Festival International de Création Artistique (FICRA) qui se tient du 24 au 28 février à Kinshasa, plus précisément au centre Wallonie-Bruxelles. Ceux qui ont raté l’occasion de suivre cette belle pièce, pourront se rattraper.
Masand Mafuta
