Du 17 au 25 janvier 2025, la Délégation Wallonie-Bruxelles et l’Ambassade de la France en RDC ont organisé la 25ème édition du concours de courts métrages au cinéma Les Amplis (Vaulx-en-Velin, métropole de Lyon), réunissant plusieurs courts métrages d’une minute sur le thème de “l’intelligence artificielle et la francophonie”. Ce concours a valu le meilleur prix à Doryphore Mearl Armel pour son film “Électro KANZUJI”.
Le Festival du Film Court Francophone de Vaulx-en-Velin est un événement qui propose de découvrir toute la créativité du cinéma francophone émergent (courts métrages) en fiction, animation et documentaire. C’est un festival engagé qui a fait le choix de développer l’implication citoyenne par le biais du cinéma et de mettre en avant la diversité culturelle dans les créations cinématographiques.

Après le lancement du concours, 36 films ont été envoyés, 5 sont arrivés en finale, et un seul a remporté le meilleur prix : « Électro KANZUJI » du poète, slameur, écrivain, initiateur et coordonnateur du projet “Cas Tout Bas Rimes”, Armel Tshimanga Mpoyi, reconnu sous le nom de Doryphore Mearl Armel.
Le film “ÉLECTRO KANZUJI” est un questionnement, une invitation à la réflexion sur la relation homme-machine. Il aborde la question de la place de l’intelligence artificielle dans nos vies et celle qu’elle prend sur l’humain. À travers ce film, le réalisateur dresse une liste de questionnements, telles que la place de l’homme après la révolution incroyable de l’intelligence artificielle : « Et si elle parlait mieux le swahili ou le lingala que nous ? »

“Cette distinction du prix du meilleur court-métrage au concours de la Francophonie 2025 représente pour moi une première distinction nationale. Elle représente un tremplin, une grande fierté pour mes proches et pour moi-même. Sélectionné parmi une trentaine de courts-métrages, sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo, je peux fièrement dire que Lubumbashi est un réservoir de talents, et que c’est la Katuba qui est le berceau de ce talent, » a-t-il souligné, manifestant sa joie.
« Le côté traditionnel, la folie, le respect du temps imparti, la mise en valeur de la langue française et du patrimoine congolais, la profondeur du texte ainsi que la cohérence entre l’image et la voix off sont les éléments particuliers qui ont donné une qualité artistique exceptionnelle à l’œuvre, » ont laissé entendre les jurés.

Ce court-métrage est non seulement une invitation à questionner l’intelligence artificielle, mais aussi un appel à la mobilisation générale sur le rôle de l’humain dans l’évolution et la transformation, la technologie, sa vitesse et son impact sur la vie humaine.
« J’ai d’abord tourné le film en français. Il y a une présence remarquable des piliers avec les lettres de l’alphabet français. J’ai incarné un griot, un féticheur curieux au sujet de la technologie. Par les lettres de l’alphabet français, j’ai glissé deux mots sur la situation actuelle de l’Est de mon pays. J’ai voulu lui rendre hommage. Je pense le refaire encore. J’ai plusieurs projets, mais deux me tiennent vraiment à cœur, et le prochain va sûrement parler de Lubumbashi et du Congo en général. Au risque de gâcher la surprise, je m’arrêterai là et n’en dirai pas plus. Ce fut un plaisir de voir ce film être sélectionné parmi une trentaine, et encore une fois, merci pour tout au long de cette aventure, » a-t-il conclu sur la mise en valeur de la langue française et du patrimoine congolais.
Grady Bizaki