Après une ouverture à Shasha, à une quarantaine de kilomètres de Goma, la 7ᵉ édition du Festival Musika na Kipaji a pris ses quartiers dans la capitale du Nord-Kivu. Et c’est par la projection du film RIZIKI, compositrice d’espoir » que cette première journée gomatracienne a été inaugurée, offrant au public une histoire poignante de résilience et d’espoir.
De Shasha à Goma : un festival itinérant
Le Festival Musika na Kipaji s’est ouvert hier à Shasha, localité marquée par les cicatrices des conflits. Là, les artistes ont célébré la force des femmes comme piliers de paix et de mémoire. Cette étape inaugurale a posé les bases d’un événement qui se veut itinérant, reliant les périphéries rurales aux espaces urbains, et inscrivant la culture comme outil de cohésion sociale.

En choisissant Shasha comme point de départ, le festival a voulu rappeler que la paix ne se construit pas seulement dans les grandes villes, mais aussi dans les villages meurtris, là où les communautés continuent de résister et de rêver malgré les épreuves.
RIZIKI, un visage de résilience
La deuxième journée, première à Goma, a été lancée par la projection du film RIZIKI, compositrice d’espoir. Originaire de Shasha et réfugiée au camp des déplacés de Bulengo, RIZIKI incarne la force de celles qui refusent d’abandonner. Victime des atrocités de la guerre, elle demeure pourtant porteuse d’espoir, avançant malgré l’incertitude. Ce court-métrage réalisé par Elisha Abumba et écrit par Ghislain Kalwira, chargé de communication de l’ONG AGIR RDC, se veut une vitrine de la résilience des femmes retournées de guerre à l’est de la RDC.

À travers son histoire, le film met en lumière la capacité des femmes à transformer la douleur en énergie vitale, à faire de la mémoire un levier de résistance. RIZIKI n’est pas seulement un personnage : elle est le symbole d’une communauté qui refuse de se laisser réduire au silence.
Une soirée cinéma qui manquait au Foyer Culturel
C’est au Foyer Culturel de Goma que le public a découvert RIZIKI. La projection a suscité une émotion palpable, donnant le ton à cette première journée du festival dans la ville. Plus qu’un moment de cinéma, il s’agissait d’un acte de reconnaissance : inscrire la voix des déplacés, et en particulier celle des femmes, au cœur d’un événement artistique majeur.

Le film a été accueilli comme une vitrine d’espoir et de résilience, une invitation à croire encore, même au milieu des ruines.
Une déclaration de paix et de dignité
En choisissant d’ouvrir la programmation gomatracienne par RIZIKI, le festival a affirmé son engagement : faire de la culture une arme de paix, un espace de mémoire et de résilience. Cette projection n’était pas seulement un lancement, mais une déclaration de dignité, inscrivant la voix des femmes dans le récit collectif de la région des Grands Lacs.
Amani LUGERO
Photo credit : AGIR RDC
