La ville Goma a accueilli, vendredi 27 février 2926, un vernissage de la solidarité et de la valorisation culturelle. À l’occasion de la présentation de l’ouvrage « Ma couronne crépue », écrit par Soki Mulekya, la Fondation Dido Kayembe et d’autres partenaires ont uni leurs forces en accompagnant cet initiative, pour récolter des fonds. L’intégralité des dons recueillis sera reversée à des orphelins et des enfants en situation de précarité.
Cet événement, bien plus qu’une simple présentation littéraire, s’est voulu un geste fort d’accompagnement envers les plus vulnérables. Pour la Fondation Dido Kayembe, présente via son Président Fondateur Dido M’vita Kayembe, cette action s’inscrit dans sa vision humanitaire globale. L’organisation, née de son initiative, œuvre pour une société plus juste et solidaire, avec pour mission l’accompagnement intégral des personnes afin d’améliorer leurs conditions de vie, en mettant un accent particulier sur les orphelins, les enfants en difficulté et les femmes vulnérables.

La soirée a également été marquée par la remise de brevets de mérite à de jeunes humanitaires. « Ces brevets remis étaient un symbole d’encouragement et de dire merci pour le grand travail qu’ils font », a-t-on souligné auprès des organisateurs, saluant l’engagement de cette jeunesse fervente au service des plus démunis. Le point d’orgue de cette rencontre a été une collecte de fonds, transformant ce vernissage en une grande fête, un moment de détente autour du slam et de la danse traditionnelle, au service d’une cause noble.
Un guide tendre et puissant pour aimer ses cheveux naturels
Au cœur de cette mobilisation, l’ouvrage « Ma couronne crépue » se présente comme un « petit guide pour aimer mes cheveux ». Destiné aux enfants afro et à leurs parents, ce livre illustré de 47 pages, imprimé en RDC, est un outil pédagogique qui explore la texture des cheveux crépus, frisés ou bouclés. À travers des mots simples, des affirmations positives et des conseils pratiques, il invite chaque enfant à découvrir sa chevelure avec fierté.

Porté par la voix bienveillante de son auteure, Soki Mulekya, l’ouvrage se veut un manifeste pour une beauté libre et authentique. Dès les premières pages, l’auteure interpelle le jeune lecteur : « Salut ! Bienvenue dans ma couronne crépue ! Le monde afro, ton univers de petite reine et de petit roi ! » Plus loin, elle ajoute : « Avec KAMA Beauty tu apprendras combien chaque boucle de tes cheveux est un secret de beauté. Ce petit guide est là pour t’accompagner dans l’amour de tes cheveux, jour après jour. » Un slogan revient tel un refrain : « Mes cheveux sont beaux, magnifiques et uniques. Je les aime. Je suis fier (e) de ma couronne ! »
Licenciée en communication socio-éducative et stratégique de l’Université Catholique du Congo (UCC), Soki Mulekya est communicologue, conseillère capillaire et fondatrice de KAMA Beauty, un espace dédié à la beauté et au bien-être afro. Son engagement pour la valorisation de l’identité afro est le fil conducteur de son parcours. Chercheuse en pratiques esthétiques afro-descendantes et consultante, elle milite pour que la beauté noire et les savoirs ancestraux soient reconnus à leur juste valeur.

Au micro de Culture Congo, elle a expliqué la genèse de ce projet : « L’aventure est née d’une expérience d’observation douloureuse auprès des adultes que je fréquentais dans le cheminement du retour au naturel. J’ai dû comprendre que c’est difficile parfois de revenir au naturel quand on est adulte. Alors je me suis dit qu’il fallait que je me tourne vers le tout jeune pour voir comment on peut protéger l’amour de soi et cette estime de soi dès l’enfance. »
Elle analyse cette difficulté comme le résultat d’un héritage historique douloureux : « J’ai compris que cela est lié au traumatisme hérité de notre histoire. Avec les incidences de la colonisation, de l’esclavage, à un moment donné, le noir n’avait pas une image et le temps de s’occuper de ses cheveux. D’autres canons et modèles de beauté lui ont été proposés. Aujourd’hui, c’est toujours facile de trouver des gens qui se représentent sous d’autres canons de beauté, ce qui rend le processus difficile. »
Un accueil enthousiaste et un appel à la fierté culturelle
Le Poète Bukasa, représentant du collectif des écrivains du Nord Kivu, a salué la parution de cet ouvrage. « Aujourd’hui, c’est une joie personnelle, je me sens vraiment dans cette peau de cette femme qui a accouché ce livre », a-t-il déclaré. Pour lui, ce travail touche au cœur de l’identité : « Le cheveu constitue pour nous une identité de notre beauté africaine. »
Il a profité de l’occasion pour lancer un appel à la prise de conscience collective, pointant du doigt un complexe persistant : « Il y a une sorte de refus de notre culture congolaise, une sorte de dénigrement. On pense que ce qui est européen, c’est ce qui est mieux, mais on se trompe ! » Une façon pour lui d’encourager Soki Mulekya pour ce chef-d’œuvre, publié aux Éditions NGE, une maison qui se donne pour mission de réinventer l’imaginaire africain.
« Ma couronne crépue » est disponible aux Éditions NGE et à KAMA Beauty.
Crédit photos : Samuel Abiba
Franklin MIGABO
