Au Sankuru, l’heure n’est plus aux hésitations : c’est le moment des choix décisifs. Entre blocage politique persistant et exigence d’action, la province oscille dangereusement entre gouvernance et effondrement. Trop d’élections, pas assez d’État ; trop de rivalités, pas assez de vision. Face à cette impasse institutionnelle, une question centrale s’impose : la République prendra-t-elle enfin ses responsabilités ou laissera-t-elle le Sankuru sombrer davantage ? L’urgence d’un sursaut politique n’est plus une option, mais une nécessité vitale.
DEUX OPTIONS FONDAMENTALES POUR SAUVER LE SANKURU
La province du Sankuru est au bord de l’asphyxie institutionnelle.
Depuis la publication du calendrier électoral par la Commission électorale nationale indépendante pour l’élection du Gouverneur et du Vice-gouverneur, une indignation légitime traverse l’opinion. Une question s’impose : pourquoi mobiliser des moyens aussi importants pour une élection à l’issue prévisible et à l’impact, au mieux incertain, au pire nul sur la vie des populations ?
La réalité est sans détour : le Sankuru est pris en otage par une classe politique déconnectée, fragmentée par des rivalités stériles et incapable de porter une vision de développement.
L’Assemblée provinciale, censée incarner le moteur de la gouvernance locale, peine à assurer ses fonctions essentielles, notamment le vote des édits. Dans ce contexte, organiser de nouvelles élections revient à reproduire les mêmes pratiques, les mêmes blocages, les mêmes échecs.
Consacrer près de 150 000 dollars à une élection impliquant vingt-cinq députés provinciaux constitue une faute politique majeure. À l’heure où la population vit dans une précarité extrême, ces ressources pourraient être orientées vers des priorités vitales : routes, écoles, centres de santé. Certaines localités manquent encore du strict minimum pour vivre dignement.
Face à cette impasse, deux options s’imposent.
Première option : la continuité de l’intérim.
Maintenir le Gouverneur intérimaire permettrait d’éviter un gaspillage de ressources publiques et de préserver une stabilité institutionnelle minimale. Cette approche n’est ni exceptionnelle ni improvisée. Elle a déjà produit des résultats en République démocratique du Congo, notamment au Lualaba, où une gestion de continuité a permis de stabiliser les institutions.
Deuxième option : une décision forte du Chef de l’État.
Garant du bon fonctionnement des institutions, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ne peut rester indifférent à la déliquescence du Sankuru. Province symbole, terre de Patrice Emery Lumumba, le Sankuru ne peut continuer à sombrer dans une misère indigne de son histoire.
La nomination d’un Gouverneur qu’il soit originaire ou non de la province doit être envisagée comme un acte de salut public.
L’urgence sociale impose de dépasser les rigidités juridiques.
Le peuple sankurois n’attend pas des querelles politiciennes. Il exige des routes, des écoles, des soins, de l’eau potable en un mot, la dignité.
La situation est claire : conflits récurrents, luttes de leadership et divisions internes ont paralysé toute dynamique de développement. Pendant que d’autres provinces avancent et captent l’attention des autorités, le Sankuru reste enfermé dans ses contradictions.
Combien de temps encore faudra-t-il sacrifier une population déjà éprouvée ?
Combien de cycles électoraux stériles faudra-t-il financer avant d’en tirer les leçons ?
L’heure n’est plus aux compromis fragiles. Elle est à l’action, au courage et à la responsabilité.
Le Sankuru a besoin d’un sursaut.
Le Sankuru a besoin d’autorité.
Le Sankuru a besoin d’être sauvé.
Qui sauvera la terre de Lumumba ?
Qui mettra fin à ce chaos ?
L’histoire jugera l’inaction.
Le peuple, lui, attend des réponses.
À nous de décider.
Tribune de
Franck Lutundula Welo
Défenseur des intérêts sankurois
