L’édition 2025 du Salon des Bruits des Villes Africaines, autrement dit Festival International des Sonorités Africaines a été officiellement lancée le 24 février au Centre Wallonie Bruxelles de Kinshasa par Malafi Niamba, artiste porteur de ce projet et Président Directeur Artistique de Malafi’Arts Production. Cet événement se tient jusqu’au 1ᵉʳ mars et explore la richesse sonore des villes africaines tout en sensibilisant aux défis de la pollution sonore.
Au-delà de la contrainte relative à la situation sécuritaire qui prévaut à l’est de la RDC, avec l’agression rwandaise à Goma, Bukavu et d’autres territoires congolais dans la région, l’initiateur de l’événement s’est tout de même frotté les mains pour éclairer la lanterne des participants sur les contours ayant abouti à l’organisation de cette édition, malgré les aléas financiers et la passivité des partenaires.

« Dans un contexte marqué par la guerre en RDC, l’organisation de cet événement a dû faire face à de nombreux défis. Certains partenaires se sont désistés, contraignant les organisateurs à adapter le programme. La tournée initialement prévue dans plusieurs villes d’Afrique de l’Est (Goma, Bukavu, Burundi, Kigali) a été annulée, tout comme la campagne de dépistage des troubles auditifs à Kinshasa », a déclaré Malafi, devant le personnel des médias lors de la conférence de presse organisée dans la salle de spectacle du Centre Wallonie Bruxelles.
Le programme inclut des tables rondes et une conférence hybride sur la pollution sonore et la prévention des dommages auditifs, réunissant chercheurs, artistes et experts en la matière. Les activités se déroulent entre le Centre Wallonie-Bruxelles, l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa et la Maison Culturelle des Mwindeurs à N’djili.

Tout au long de son exposé, il a rectifié le cadre pour apporter des précisions adéquates sur la visée du Salon des Bruits des Villes Africaines, qui est un événement à la fois pédagogique, culturel et festif.
“Nous voulons sensibiliser la communauté sur la pollution sonore et, en parallèle, contribuer à conserver le son qui semble être moins significatif dans les grandes villes africaines. Nous sommes dans un pays (ndlr, RD-Congo) où l’on vit la condition récurrente de nuisances sonores et, en tant qu’artistes, nous voulons proposer un projet à deux portées, scientifique et festif, pour lutter contre la nuisance sonore et protéger notre patrimoine sonore de la ville”, a-t-il fait savoir.

Malgré les défis, le Salon des Bruits des Villes Africaines s’impose comme un rendez-vous culturel majeur à Kinshasa.
“J’invite tout le monde à venir visiter ce festival avec nous, à participer aux conférences que nous organisons et surtout à être présents au grand concert que nous prévoyons ce vendredi 28 février au Centre Wallonie-Bruxelles et le 1ᵉʳ mars à la Maison Culturelle des Mwindeurs”, a-t-il conclu.

De plus, l’Expo sonore “Écouter la ville” de l’artiste Malafi Niamba est accessible tout au long du festival, du 24 au 28 février 2025, au Centre Wallonie-Bruxelles.
Laetitia Kabala