Artiste pluridisciplinaire, formateur et acteur social, Jack Senyora Seno incarne une génération d’artistes engagés, qui navigue entre création et transmission. Titulaire d’une formation à l’École supérieure d’acteurs du Conservatoire de Liège (ESACT), il est reconnu par la Fédération Wallonie-Bruxelles et intervient notamment dans le cadre du programme « Pédagogie et Langue Française – Plume au bout de la langue ». Père de famille et doté d’un parcours riche, il dévoile aujourd’hui son nouveau single, « Masika », une œuvre qui va au-delà de la simple mélodie dansante.
Chantée en Kinande et en Swahili, « Masika » séduit d’abord par son rythme entraînant. Mais le titre porte un message plus profond, comme l’explique l’artiste : il s’agit de « penser les non-dits de ceux qui s’adonnent à l’alcool sans modération ». À travers des sonorités festives, Jack Senyora Seno aborde ainsi avec subtilité un sujet de société sensible, perpétuant sa démarche d’utiliser l’art comme vecteur de réflexion.

L’artiste a forgé son talent très jeune, au sein de la chorale Watoto wa Caracciolo, avant de se produire sur scène dans le cadre scolaire, alliant musique, théâtre et danse traditionnelle. Depuis 2005, son engagement a pris une dimension sociale marquée. Il a développé une approche basée sur « l’art pour penser nos maux », une méthodologie qu’il applique notamment pour l’épanouissement des enfants dits de la rue. « Avec ça, il a su ramener beaucoup de jeunes à la prise de conscience », témoigne son entourage.
Interrogé sur la scène musicale de sa ville, Jack Senyora Seno livre un diagnostic nuancé. S’il salue les initiatives de mécénat qui émergent, il pointe du doigt les carences structurelles et le manque d’accompagnement étatique. « L’industrie musicale de Goma se comporte tant bien que mal comparé à il y a cinq ans. Une grande part du gouvernement reste en éternelle attente pour implanter des projets et structures d’accompagnement en production et promotion de nos artistes. Nous sommes restés trop en arrière comparé à d’autres pays de la région des Grands Lacs ».

L’artiste émet également une critique artistique, en déplorant une certaine superficialité. « Beaucoup d’artistes se sont lancés dans un style importé mais sans un fond construit et mûr. La musique devient terre à terre. Les vrais artistes sont là mais la jeunesse commence à s’habituer à un style de musique à « usage unique ». Morceaux éphémères. », un constat qui renforce sa volonté de créer des œuvres à la fois actuelles et porteuses de sens.
Parmi ses nombreuses collaborations, une lui tient particulièrement à cœur : « La collaboration qui m’a le plus marqué, c’est la chanson qui sort ce week-end « Hakuna Matata-Fiesta », que j’ai chantée avec mon regretté cousin Benji Kasayi, et qui parle du vivre ensemble malgré nos différences ». Un projet qui symbolise les valeurs de partage et d’unité qu’il défend.

Aujourd’hui, à travers « Masika », Jack Senyora Seno confirme son rôle d’artiste essentiel, à la fois pilier du développement culturel local et voix attentive aux maux de sa société. Il rejoint ainsi le cercle des artistes qui, de l’intérieur ou de l’extérieur, font la fierté de la ville de Goma tout en en donnant une image positive.
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Franklin MIGABO
