À Paris (France), la scène littéraire africaine s’anime ce week-end autour d’un rendez-vous devenu incontournable : le Salon du Livre Africain de Paris 2026. Parmi les voix qui y tracent leur chemin avec assurance, celle de Youssef Branh se distingue par une double posture rare : celle d’un auteur en pleine affirmation et d’un éditeur engagé dans la circulation des récits africains contemporains. Arrivé dans la capitale française le 19 mars, le poète et slameur congolais prend part à cette 5ᵉ édition en représentant les Éditions Mikanda, tout en assurant la promotion de son nouveau roman coécrit avec Ava Lin.
Installé au Réfectoire des Cordeliers, le salon réunit du 21 au 22 mars plus de 400 maisons d’édition et 150 auteurs issus de plusieurs continents. Placée sous le signe de la jeunesse africaine, avec l’Angola comme invité d’honneur, cette édition confirme la montée en puissance d’un espace où se redessinent les dynamiques éditoriales entre le continent et sa diaspora. Dans ce contexte, la présence de Youssef Branh illustre une mutation plus large : celle d’une génération d’acteurs culturels qui refusent de dissocier création, production et diffusion.
À travers son engagement à la tête des Éditions Mikanda, Branh défend une ligne éditoriale tournée vers l’émergence et la valorisation des écritures congolaises et africaines. Mais c’est également sur le terrain de la fiction qu’il capte l’attention du public parisien, notamment avec Lettres pour ne pas mourir deux fois, publié aux Éditions Asmodée Edern. Dans ce roman à quatre mains, il tisse avec Ava Lin une correspondance entre deux personnages confrontés à des régimes politiques oppressifs, l’un en République démocratique du Congo, l’autre en Asie. À travers cette écriture croisée, le livre explore les fragilités des libertés individuelles et érige la parole en acte de résistance.
Loin d’un simple exercice littéraire, l’œuvre s’inscrit dans la continuité d’un parcours où l’écriture dialogue avec l’engagement. Né à Kinshasa, Youssef Branh s’est progressivement imposé comme une figure hybride de la scène culturelle : poète, performeur, journaliste et passeur de talents. Son implication dans des initiatives de formation et de promotion des jeunes auteurs traduit une conception active de la littérature, pensée comme levier de transformation sociale.
Sa participation au salon parisien dépasse ainsi le cadre d’une présence individuelle. Elle s’inscrit dans une dynamique de circulation des idées et des œuvres, où Kinshasa s’invite à Paris, non pas comme périphérie, mais comme centre de création. Dans les allées du salon, entre rencontres, dédicaces et échanges, la voix de Branh porte une mémoire, une urgence et une vision : celle d’une littérature africaine contemporaine qui s’écrit au présent et s’adresse au monde.
Ce déplacement en France a été rendu possible grâce à l’appui du pôle EUNIC RDC, dans le cadre du projet « Unis dans la diversité culturelle », mené en partenariat avec la Délégation de l’Union européenne en RDC. À travers cette bourse de mobilité, Youssef Branh incarne aussi l’impact concret de dispositifs de soutien visant à renforcer la visibilité internationale des acteurs culturels congolais.
La rédaction
