La République démocratique du Congo a officiellement lancé, vendredi 22 mai 2026 dans la soirée à Paris, la campagne de sa candidate au poste de secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Juliana Amato Lumumba. Une réception à l’ambassade de la RDC, à la Galerie Bourbon (XVIe arrondissement), a rassemblé plusieurs personnalités politiques et diplomatiques.
La cérémonie a été marquée par la présence de la Première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, entourée de plusieurs membres du gouvernement, dont la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, la ministre de la Culture, Yolande Elebe, le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, et le ministre délégué à la Francophonie, Crispin Mbadu. L’ambassadeur de RDC en France, Émile Ngoy Kasongo, a également joué un rôle clé dans l’organisation de la soirée.

Premier espace francophone d’Afrique avec près de 49 millions de locuteurs du français selon l’OIF, la RDC entend peser dans l’avenir de l’institution. « La RDC n’est pas seulement un grand pays francophone, elle est l’un des cœurs battants de la Francophonie contemporaine », a déclaré l’ambassadeur.
Dans son discours, Judith Suminwa Tuluka a défendu une « Francophonie d’ouverture universelle, de dialogue des civilisations, de rencontre entre les peuples », capable de répondre aux défis actuels.

Juliana Amato Lumumba a présenté les grandes lignes de son projet : création d’une Biennale francophone des rencontres interculturelles, mise en place d’une Académie francophone de la paix, développement d’une « fraternité entrepreneuriale », programme pour la jeunesse numérique, et proposition d’un « visa francophone » pour faciliter la mobilité au sein de l’espace francophone.
Née en août 1955, fille de Patrice Lumumba, figure historique de l’indépendance congolaise, Juliana Amato Lumumba a occupé plusieurs postes ministériels sous Laurent-Désiré Kabila, notamment à la Culture et à l’Éducation. Diplômée en sciences politiques, titulaire d’un DEA de l’EHESS à Paris, elle a d’abord travaillé comme journaliste en France avant d’intégrer les institutions congolaises.

Polyglotte (français, arabe, anglais, lingala, swahili, avec des notions de russe), elle a ensuite dirigé des entreprises de conseil et a été secrétaire générale de l’Union des chambres de commerce et d’industries africaines (UACCIAP) au Caire. Elle a notamment représenté la RDC à l’Exposition universelle de Lisbonne en 1999 et pris la parole à la COP21.
Sa candidature, portée officiellement par Kinshasa, espère incarner une Francophonie plus inclusive, tournée vers les jeunes et les peuples. Reste à savoir si ce parcours, mêlant mémoire nationale, expérience gouvernementale et diplomatie économique, convaincra les États membres de l’OIF.
Franklin MIGABO
