Après plus d’une décennie d’écriture sans publication officielle, l’écrivain congolais Ghislain Kabuyaya alias Cœur Tam Tam présentera ses quatre premiers livres le 26 juin prochain au Foyer culturel de Goma, à partir de 14 heures. Une reconnaissance pour cet auteur qui, bien que reconnu par le public comme écrivain, n’avait encore jamais franchi le pas de l’édition.
Entre la pensée et la plume, Cœur Tam Tam entretient une relation intime qu’il assimile à deux flammes d’un même foyer.
« Il m’est difficile de dire qui charme l’autre pour façonner des mots capables de questionner ou de charmer les cœurs », confie-t-il. Cette quête de sincérité et de justesse l’a longtemps retenu dans l’ombre, poussé par une exigence de perfection. « Je tamise mes résultats : rien ne sert de rendre au public ce qui est en dessous de ma propre satisfaction » écrit-il.

Ce retrait volontaire ne l’a pourtant pas empêché d’être consacré écrivain par son audience. Une reconnaissance qu’il accueille avec humilité, voyant dans ses idées un baptême littéraire avant même la publication du premier ouvrage.
Aujourd’hui, se sentant prêt à se mettre à nu, Cœur Tam Tam entend offrir une écriture mêlant fiction et faits réels. Ses quatre livres, destinés à des publics variés, explorent des thématiques aussi diverses que la résilience, l’amour, la crise des valeurs et les mémoires des guerres.

Dans « La tourmente » de l’espérance, cinq pièces de théâtre interrogent les blessures humaines et les élans de résistance face aux épreuves. « Magicien d’amour » présente l’amour comme un art de l’envoûtement, capable aussi bien de manipuler les émotions que de reconstruire les individus. « Phobie » des valeurs questionne l’effritement des repères contemporains, tandis que « Fosses » communes adopte une poésie sombre et engagée pour donner voix aux séquelles invisibles des conflits et ouvrir une perspective de paix et de réconciliation.
L’auteur, également connu pour sa présence récurrente sur scène durant des années, considère l’écriture comme le prolongement naturel de son art. « Le cerveau m’a donné son feu vert et le cœur m’a octroyé la sensation d’être prêt », explique-t-il, invitant son public à se joindre à lui lors du lancement.
« Venez nombreux, vous qui avez cru en moi dès mes premiers trébuchements, vous qui m’avez tendu des béquilles pour retrouver mon équilibre. Je veux devenir cette forêt qui résiste face aux mauvais temps ».
Avec cette entrée en littérature, Cœur Tam Tam ouvre ses entrailles créatives et convie ses lecteurs à faire la fête autour des mots. Rendez-vous est pris au Foyer culturel de Goma, le 26 juin prochain.
Franklin MIGABO
