Accueil 1 Hommage à Harris Kasongo : Landry F. Mussaka pleure l’âme du poète à travers « Silence des anges » (Poème)

Hommage à Harris Kasongo : Landry F. Mussaka pleure l’âme du poète à travers « Silence des anges » (Poème)

par Danny
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Le poète congolais Landry F. Mussaka écrit un poème titré « Silence des anges » pour rendre hommage à son frère de lutte et ami, le poète Harris Kasongo qui a quitte la terre des hommes depuis samedi 19 mars 2022 des suites d’une crise cardiaque.

Selon ce chevalier des vers, ils ont été ensemble, avec d’autres écrivains à l’instar de Richard Ali et Jean Kamba, précurseurs d’un nouveau vent littéraire vers les années 2010.

Voici l’intégralité du poème « Silence des anges » de Landry F. Mussaka en hommage au poète Harris Kasongo

Je pleure
Je pleure le fleuve qui ne coule
Je pleure le ciel sans oiseau
Je pleure le soleil qui se noie dans le fleuve
Je pleure le silence des anges
Je pleure
Je pleure
Je pleure
Je pleure un frère
Je pleure un ami
Je pleure un soldat
Ah, HK, je me tais!
Non, je ne pleure pas!
Je ne pleure pas, je dis!
Tu les rejoins
Ces poètes dans l’au-delà
Ces poètes
Dans l’éternel concert des muses
Qui résonnent sur terre leurs voix
Je ne pleure pas
Je dis je ne pleure pas
Tu sais que je ne pleure pas, Harris
Le poète chante la mort
Et la mort enchante le poète
Les poètes ne meurent
Ils sont la mort
Ils sont l’âme de la terre
Ils sont ces cris au creux de la nuit
Tu n’as cessé que d’écrire
Pour devenir
Cette poésie que tu as tant chantée
Cette femme que tu as aimée
Cette flamme que tu as chérie
Plus fort que nos mots
Vous serez désormais plus qu’un!
Savourez les instants indicibles
Que seules les âmes des morts connaissent!
O soleil anxieux
Perdu dans la mélancolie du souvenir
Je pleure
Je pleure le silence de la nuit
Je pleure l’étoile qui s’efface
Je pleure le froid
Qui me rappelle ta douceur
Ce charme que ne reverront plus
Les fleurs aurorales
O mort charlatanesque!
Tu as avalé la lune
La nuit est noire
Harris, je te pleure
Non, je ne pleure pas!
Je ne sais pas si je pleure
Ou c’est toi, frère, ami, qui pleure
Qui ont plus mal, ceux qui partent
Ou ceux qui restent?
Frère, ami
A mon réveil, l’aurore était sans soleil
Le feu sans flamme
O grain de chagrin
Rien ne pourra arrêter ce fleuve qui coule en moi
Pleurons, nature
Pleurons, collines
Pleurons savanes, vent, rivières
Dieu pleure, le poète s’est tu
Qui chantera sa gloire, sa beauté, sa verve ?
Viens, poète
Viens, flamme des amours
Dans cette barque poétique
Qui vogue sur le fleuve de l’éternité
Faisons pleuvoir du ciel un vin divin
Enivrons la terre des poésies

A Harris kasongo

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