La troisième édition du Festival International des Créations et Rencontres Artistiques a lancé ses activités, mardi 24 février 2026, au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa. A l’ouverture, trois spectacles mariant théâtre, musique, danse et conte se sont donnés avec faste.
Tablant sur » La diversité culturelle par les arts pour la paix », La vitrine des arts vivants en RDC promeut des nouvelles créations artistiques et propose des rencontres interculturelles reposant sur des échanges et partages d’expériences entre les artistes participants d’ici et d’ailleurs. Le tout se passe entre les 24 et 28 février, soit cinq jours pour une programmation variée et diversifiée autour du théâtre, conte, danse, musique, slam et performance artistique.

Dès les premiers instants de l’ouverture, le public a pu assister un spectacle hors norme de l’artiste Mwalu Mwela qui a renoué avec la scène à Kinshasa après une si longue période de trêve. Et ce, une commande du directeur du festival qui a joué la partition pour que l’artiste fasse cette première expérience avec son nouveau projet.
« Le projet part sur une commande du directeur du festival qui est une personne que j’ai connue il y a bien longtemps et qui, quand il m’a vu que j’étais revenu à Kinshasa, m’a demandé si je pouvais faire quelque. Depuis des années où je suis parti, j’ai beaucoup fait de mises en scène. J’ai mis en scène des artistes, beaucoup de projets, mais en tant qu’artiste comédien interprète, il y a des moments où je n’ai plus joué », a-t-il révélé.

Haut de ses deux décennies de carrière professionnelle, le metteur en scène et comédien interprète a basculé la scène avec « Ma discographie cachée », un spectacle expérimental dans lequel l’artiste retrace, dans une série de récits d’improvisation, toutes les musiques congolaises et internationales qui ont contribué à son parcours professionnel, sous une escorte musicale.
« Je l’ai appelé ma discographie cachée, je voulais faire écouter au public toute la musique congolaise et internationale que j’ai beaucoup écoutée. Grâce à elle, je vais faire un exercice que j’affectionne par-dessus tout l’improvisation. Je vais improviser un scénario et une histoire autour de cette musique-là et voir un peu comment ça peut se faire », a-t-il raconté.

Le récit s’articule sur le cheminement d’un garçon qui, grandi à Kinshasa dans une famille où la musique religieuse primait au-dessus de tout et celle dite mondaine n’avait pas sa place, se voit obligé de rester sur ses gardes et de poursuivre son rêve malgré tout. L’artiste récite sur scène l’histoire vraie sous un angle psychanalytique.
« Je parle un peu du parcours d’un jeune garçon qui a grandi à Kinshasa qui, par la suite, a été dans l’oppression d’une famille religieuse où on condamnait sa vision, des trucs par rapport à la musique dite mondaine. Par contre, sans que ses parents le sachent, c’était cette musique-là qui le nourrissait, qui le rendait intelligent, qui le faisait voyager à travers le monde. Donc, c’est vraiment une histoire d’un parcours d’un jeune qui avait une vie cachée, mais du point de vue musical que celle que les parents traçait pour lui », a-t-il confié.

Du théâtre au conte, le brazzavillois Jules Ferry a animé l’auditoire avec « Ceci passera ». Dans un moment d’interaction, l’artiste a pu emballer le public avec le jeu de questions-réponses. Au finish, le ballet national a investi la scène avec un spectacle multiculturel représentant les différentes tribus de la RDC.
Au FICRA, il y a aussi le volet jeunesse qu’il faudrait prendre en compte. Une série d’activités y sont organisées sous format de concours pour les élèves de certaines écoles de la capitale congolaise. Comme à l’accoutumée, les meilleurs élèves sont toujours plébiscités et obtiennent des récompenses de la part des organisateurs et de ses partenaires.

La formation n’est pas exclue dans l’agenda du festival. Il se passe un atelier sur le jeu d’acteur avec les jeunes artistes congolais, sous la direction de Stéphanie Mangez, une dramaturge et metteuse en scène belge.
Masand Mafuta
