Le Centre d’art Biasasa ( N°54, Avenue Mwana Shaba, Katuba 2) accueille ce jeudi 12 mars à 16h le vernissage de BRICOL’ART, une exposition singulière portée par l’artiste Maf et curatée par Doryphore Mearl Armel.
Né d’une conviction forte, le bricolage n’est pas un manque, mais une méthode pour l’artiste Maf, grandi à Lubumbashi, où il a appris à créer avec ce qu’il trouvait, entre chutes de tissu, fil de fer et bouteilles usagées.
« Bricoler n’est pas un pis-aller. C’est une façon de dire le monde avec les moyens du bord, une intelligence des possibles », confie l’artiste Maf avant d’ajouter : « Ainsi, BRICOL’ART affirme que la beauté n’a pas besoin de matériaux nobles. Une capsule peut devenir une roue, un pagne usé une archive, et un enfant peut devenir artiste avec trois fois rien. Simple mais beau : telle est la devise ».
À travers deux séries majeures, l’artiste Maf interroge l’histoire et la mémoire collective :
- BINTI : la femme comme flamme, source de vie et de transmission.
- HAZINA : la mémoire réparée, recousue à partir de pagnes, tissus de friperie et bois.
« Et si notre histoire n’avait pas commencé avec les colons ? Tel est mon questionnement », explique l’artiste Maf, à travers ses œuvres, invitant chacun à repenser ses origines et ses héritages.
BRICOL’ART ne se limite pas seulement aux créations de Maf. Vingt lycéennes du lycée Tujikaze y présentent également leurs propres manifestes cousus. Ensemble, elles rappellent qu’en Afrique, « un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle » et qu’il est urgent de recoudre ce qui a été déchiré.
Pour Doryphore Mearl Armel, curateur de l’exposition BRICOL’ART est une tentative de réparation. Réparer la mémoire, réparer les liens, réparer l’histoire par les mains et par l’art.
Le vernissage du 12 mars marquera le lancement officiel de cette exposition où se mêlent mémoire, création et engagement. Car, elle se veut un manifeste d’une Afrique qui transforme ses blessures en beauté, et ses fragments en archives vivantes.
Grady BIZAKI
