Le Musée d’Art Contemporain et Multimédia, installé dans le site de la Tour de l’échangeur de Limete, en collaboration avec Blue Rock Rumba Reggae Festival et CRASA, donne rendez-vous à tout le public kinois, ce samedi 17 janvier, à un évènement inédit mettant en lumière les heros nationaux congolais connus et non connus dans l’opinion nationale.
L’Expo « Histoire de la RDC » qui rime avec la commémoration de la 65e anniversaire de l’assassinat du tout Premier Ministre congolais, Patrice Emery Lumumba, entend célébrer tous les bâtisseurs qui ont forgé la nation, de ses origines jusqu’à l’époque contemporaine.

Cette initiative se propose d’offrir une relecture à la fois exhaustive et intime du parcours national. « L’exposition parle de l’histoire de la RDC. Ce que nous mettons en évidence, c’est d’abord rétracer l’histoire de la RDC. Peut-être partant du 15ème siècle jusqu’à nos jours afin que cette génération puisse s’en approprier », détaille M. Joël Kenda, Directeur du MACM.
Il relève surtout un déficit de reconnaissance, une mémoire qui s’efface. « Les gens connaissent plus d’autres grands révolutionnaires dans le monde, quant à ceux qui ont combattu, lutté, mené une résistance face aux impérialistes, nous les laissons dans les oubliettes », constate-t-il.
Bien que la figure de Patrice Emery Lumumba reste au cœur des commémorations du 17 janvier 2026, l’exposition a l’ambition d’élargir le panthéon national.
« L’objectif est de faire connaître mais aussi lancer un message phare à la population sur la personne de Lumumba non seulement Lumumba mais d’abord quand nous parlons des Héros nationaux, nous voulons passer en revue toutes les grandes personnalités qui étaient là », précise le directeur.
Il en profite pour lancer un appel aux autorités, souhaitant une reconnaissance officielle pour les compagnons de Lumumba, souvent restés dans l’ombre.
« Que le gouvernement arrive à valoriser ceux sur qui il n’a pas jeté le bon regard, les compagnons de lutte de Lumumba, à l’occurrence Maurice Paulo et Jospzh Okito qui étaient des grandes personnalités dans ce pays. Joseph Okito pour rappel fut le président du Sénat. Dans le palmarès du Sénat, son nom y est repris comme deuxième président de l’Assemblée nationale dès sa création et Maurice Paulo était le ministre de la jeunesse. Ils ont tous été brûlés, torturés, coupés en morceaux et jetés dans l’acide avec Lumumba mais comment eux sont-ils dans les oubliettes ?» s’interroge-t-il.
L’événement fédère avec Blue Rock Rumba Reggae Festival, initié par le belge Philip Buyck dit « Lumumba ». Ce dernier a lui aussi salué la mémoire de ce grand panafricaniste, précurseur de nombreuses vagues des indépendances en Afrique.
« Ça fait 20 ans que j’ai créé la Librairie Lumumba en Belgique et nous avons aussi milité pour avoir la place Lumumba mais entre-temps nous avons le Lumumba Square et donc on a milité pour la restitution de la dent de Lumumba », a-t-il déclaré au micro de Culture Congo.
Et d’ajouter : « C’est une activité qui est née pour lier la Jamaïque et le Congo, celui de Bob Marley et Lumumba, des figures emblématiques du panafricanisme. C’est aussi l’idée d’intéresser les jeunes pour prôner l’unité nationale, un élément quasi important de la politique de Lumumba qui avait compris que, si l’Afrique veut sortir de la misère, ils doivent s’unir ».
La journée du 17 janvier sera rythmée par plusieurs séquences. Une exposition spécifique, « Expo Lumumba », mettra à l’honneur le héros national. « Lumumba est une grande personnalité, un grand révolutionnaire, un acteur qui a permis à d’autres pays de réclamer aussi leur indépendance. Quand nous parlons de l’Expo Lumumba, Il y a eu des artistes de l’art populaire qui vont venir exposer leur tableau», confie le directeur du MACM.
La commémoration mêlera ensuite ambiance festive et temps de réflexion, sur des airs de reggae et de rumba. Elle explorera « l’épopée Lumumba » à travers l’art dramatique, des performances, des costumes, des percussions et des projections cinématographiques, avant de se conclure par un spectacle.
Ce projet du Musée d’Art Contemporain et Multimédia, en collaboration avec Blue Rock Rumba Reggae Festival et CRASA, se veut donc une immersion. Une plongée dans la profondeur et la complexité de l’histoire congolaise, une invitation lancée à chacun pour une réappropriation collective de la mémoire nationale.
Yves Muetu
