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Tradition : Masque Suku (Kakuungu), porteur d’énormes vertus spirituelles

par Danny
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Le masque Kakuungu (Kakungu) qui tire son origine de la communauté Suku du territoire de Feshi dans la province du Kwango (Sud-Ouest de la RD-Congo), est une pièce majeure d’art africain. Il est compté parmi les grands masques de l’Afrique centrale.

Datant de plus de septantaine d’année, ce masque unique mesure environ 71 cm. Coiffé en raphia, il est toujours fabriqué en bois. Ses traits attrayants sont les pommettes tombantes et ses courbes douces et généreuses.

Le bois utilisé pour la fabrication de ce masque est traditionnellement appelé Mungela (Bois mou) et la coiffe qui l’accompagne est appelée Futi (varie entre les feuilles ou le raphia). C’est donc la pièce majeure optée par le spécialiste du camp d’initiation, appelé Yisidika.

Il est plus utilisé comme instrument de terreur chez les Suku ainsi que chez les Yaka et les Nkanu, lors de rituels de passage de circonsion, appelé Mukanda et Nkhanda, que l’on retrouve également dans d’autres groupes ethniques du sud du pays et dans le nord de l’Angola.

Étant une amulette de protection, son usage faisait libre cours à la fertilité prochaine des jeunes hommes déjà initiés, tout en ayant un rôle redoutable de menace et d’apaisement. L’usage de pigment rouge sur une pommette ou les deux est récurent sur les masques de ce type.

Le menton proéminent, partiellement couvert de pigment blanc, fait référence à la barbe et la chevelure claires des anciens possédant des pouvoirs spécifiques, tels les sorciers choisissant à l’occasion des victimes parmi les jeunes membres du clan.

Le masque apparaissait le jour de la circoncision quand les jeunes quittaient le camp Mukanda. Il servait à terrifier les prétendants, afin de leur enseigner des valeurs telles que l’obéissance et le respect des aînés. Il était toujours conservé dans une case à proximité du lieu d’initiation.

Le porteur du masque ne pouvait pas ni parler ni chanter. Tout revenait à son assistant qui faisait les préliminaires que l’on appelait le Tsengwa, une préparation ardente faite en base de feuilles machées que l’on crachait sur les prétendus initiés.

Hormis son approche initiatique, le masque Kakuungu intervenait à la résolution de crises, afin de traiter les problèmes d’impuissance masculine et la stérilité chez les femmes. Il servait également à détourner les tempêtes qui approchaient du village.

A la fin de l’initiation, il était toujours brûlé et son nez était alors coupe. La cendre reccuillie était conservée pour les prochaines cérémonies de circoncision.

Emporté en Belgique lors de la colonisation et exposé auparavant au Musée royal d’Afrique centrale de Belgique, le masque Suku (Kakungu) est enfin de retour en RD-Congo, terre de ses ancêtres. Ce patrimoine culturel national est d’ores et déjà conservé au Musée National de la RD-Congo, après sa restitution faite par le Roi de la Belgique, Philippe , en présence du Président de la République.

Aussitôt remis à sa terre originelle, le masque Kakuungu porte-t-il ses mêmes vertus spirituelles d’antan? Une interrogation qui rend tous les congolais avérés perplexes. La seule hypothèse que l’on peut émettre est de voir les autorités coutumières s’imprégner de la situation, afin d’éclairer la lanterne de l’opinion nationale sur la face ésotérique de cette pièce unique de la tradition congolaise.

Masand Mafuta

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