La Fondation Dido Kayembe a marqué les esprits, ce dimanche 29 mars 2026, au stade paralympique de Goma. En réunissant des femmes issues de divers horizons pour clôturer le mois dédié à la gent féminine, l’organisation a offert un cadre alliant partage d’expériences, échanges constructifs et moments de convivialité.
Placée sous le signe de la sensibilisation, cette activité intitulée Heshima kwa Mama, dont c’était la première édition, a permis d’aborder des thèmes essentiels tels que les droits et obligations des femmes, ainsi que la lutte contre les violences basées sur le genre. Les participantes, venues de différentes associations, ont été édifiées par les discussions et n’ont pas caché leur gratitude envers la fondation, saluant une initiative qui leur accorde une place de choix durant ce mois symbolique.

La réussite de l’événement a été rendue possible grâce à l’appui de plusieurs partenaires, notamment la TCN, l’Afriyan-RDC, HWV, la Ligue paralympique, ainsi que l’ensemble de l’équipe de la Fondation. Tous ont contribué à faire de cette rencontre un moment de partage réussi.
Au cours de la journée, les bénéficiaires, parmi lesquelles des femmes victimes de violences, des veuves, des personnes handicapées et des femmes de troisième âge, ont reçu des pagnes ainsi qu’une enveloppe destinée à les aider dans leur quotidien. Au-delà de cet appui matériel, un espace de dialogue sous forme de focus group a été organisé pour recueillir les préoccupations des participantes et envisager un accompagnement personnalisé.

Machozi Antoinette, bénéficiaire présente à l’activité, a témoigné au micro de Culture Congo : « Nous sommes des victimes de violences à Mugunga, et nous sommes très heureuses d’avoir répondu à l’invitation de la Fondation Dido Kayembe. Nous avons reçu d’importants enseignements sur les violences basées sur le genre. Un grand merci à la Fondation d’avoir pensé à nous et pour l’accueil chaleureux qui nous a été réservé. Nous repartons avec un pagne et un petit transport. Que Dieu les bénisse »
Les échanges ont également permis de rappeler aux femmes l’importance de lutter contre les violences dont elles sont victimes, de ne pas intérioriser les stéréotypes négatifs, et d’assumer pleinement leur rôle au sein du foyer et de la société. Les participantes ont été encouragées à dénoncer les pratiques néfastes et à faire respecter leur statut et leur dignité en toutes circonstances.

Dido Kayembe, président fondateur de l’organisation qui porte son nom, a expliqué la démarche : « Aujourd’hui, nous avons voulu célébrer la femme. Le mois de mars étant dédié à la gent féminine, nous avons souhaité l’honorer de la plus belle manière qui soit. Nous avons réuni plus d’une vingtaine de femmes de différentes catégories, femmes victimes de violences, femmes handicapées, veuves, aînées, et nous les avons sensibilisées sur leurs droits avec l’aide de nos partenaires. Après avoir recueilli leurs besoins, nous leur avons offert un pagne et une enveloppe pour les aider dans leur quotidien et leur permettre d’avancer, elles qui sont déjà si responsables au sein de leurs familles ».
Interrogé sur l’esprit qui anime la fondation, Dido Kayembe a ajouté : « C’est un esprit humanitaire qui nous guide. La fondation a été créée pour répondre à l’urgence humanitaire dans la région. La RDC, en particulier l’Est, connaît des besoins croissants. Je ne peux rester indifférent. Ce que j’ai, je le partage avec mes proches. Comme on dit : le monde ne se détruit pas par ceux qui font le mal, mais par ceux qui ont la capacité de faire le bien et ne le font pas. J’ai cette capacité, je l’exerce avec le cœur, pour apporter un sourire à ceux qui en ont besoin ».

La Fondation Dido Kayembe, qui n’existe que depuis six mois, figure déjà parmi les organisations les plus actives du Kivu, selon le journal en ligne kribiosuniversal.com, qui la classe à la 89ᵉ place sur 101. Une reconnaissance qui, aux yeux de son fondateur, confirme la pertinence de ses actions : « Pour nous, c’est une joie d’être reconnu parmi les 101 fondations actives, aux côtés de grandes structures comme la Fondation Panzi. Cela montre que le travail accompli commence à porter ses fruits ».
À travers cette première édition de Heshima kwa Mama, la Fondation Dido Kayembe affirme sa mission de soutien aux personnes vulnérables et son engagement constant en faveur des femmes, contribuant ainsi à l’action humanitaire et à l’amélioration des conditions de vie de milliers de personnes dans la région.
Franklin MIGABO
