Lors de la journée dédiée aux travailleurs le 01 mai dernier, les musiciens de Goma ont choisi de se rassembler non pas pour un concert, mais pour un exercice de réflexion collective. À l’initiative de l’Union des Musiciens Congolais (UMUCO), section du Nord-kivu, une rencontre d’échange d’expériences a réuni, ce vendredi 1er mai 2026, artistes interprètes, managers, mélomanes et autres acteurs culturels autour de questions centrales pour leur secteur.
Tour à tour, les participants ont abordé sans tabou l’usage stratégique des réseaux sociaux pour la promotion musicale, les obstacles récurrents dans une carrière d’artiste ainsi que les moyens de les surmonter. Le rôle et le fonctionnement d’UMUCO ont également été au cœur des discussions, dans l’objectif de poser un diagnostic clair et d’envisager des solutions durables.

Créée en 2010 et régie par un décret présidentiel, UMUCO se présente comme un syndicat et un espace de médiation. La structure intervient dans les litiges entre musiciens et managers, entre producteurs et artistes, ou encore entre pairs. Elle vise aussi à mettre ses membres en relation avec des opportunités nationales et internationales. L’adhésion est ouverte à tout musicien souhaitant rejoindre l’organisation, moyennant une carte de membre au coût de deux dollars américains. Cette carte donne accès à l’ensemble des services et avantages proposés par l’union.
Le comité directeur de la section du Nord-Kivu est composé de Mack El Sambo (président), W Malick Maliro (vice-président) et Fimbo kali (secrétaire du président). Élu à la présidence depuis 2016, Mack El Sambo mène un plaidoyer constant pour les droits des musiciens. « On ne peut pas marcher sans savoir où nous allons. Nous sommes dans le même bateau », a-t-il introduit, avant d’appeler ses pairs au professionnalisme. « Soyez actifs, ne vous limitez pas à un concert où l’on vous invite. Produisez des chansons, des spectacles, des concerts. C’est ainsi que vous gagnerez la confiance du public et que votre musique pourra vous faire vivre ».

Parmi les annonces concrètes, UMUCO prévoit d’organiser deux concerts gratuits le mois prochain. Les musiciens sont invités à soutenir cette initiative, de même que les partenaires privés et les personnes de bonne volonté souhaitant contribuer à sa réussite.
Un temps d’attention a également été accordé à la dimension numérique. Landry, représentant du WMA Hub, une maison de distribution et de marketing, a insisté sur l’importance de maîtriser les codes des plateformes sociales. « Un artiste ne publie pas pour être vu, mais pour attirer une audience, créer une communauté fidèle et transformer ses abonnés en fans », a-t-il expliqué. Il a conseillé aux musiciens de choisir les réseaux adaptés à leur public, d’utiliser intelligemment les tendances, d’interagir régulièrement avec leur communauté et de tenir compte de la tranche d’âge et de la zone géographique de leurs auditeurs pour adapter leurs contenus.
La rencontre a aussi souligné les différences de pratiques entre l’ancienne et la nouvelle génération d’artistes, tout en rappelant les fondamentaux : respect des horaires lors des productions scéniques, régularité dans la publication des œuvres et valorisation de son propre travail.
L’événement s’est achevé par un moment de convivialité autour d’un verre, suivi de performances live improvisées de certains musiciens présents. D’autres sessions d’échange sont déjà programmées pour approfondir les difficultés rencontrées par les artistes, explorer les opportunités offertes par UMUCO et présenter ses projets à venir.
Anciennement dénommée UMUZA (Union des Musiciens Zaïrois) sous un autre régime, l’organisation a changé de nom pour devenir l’Union des Musiciens Congolais, tout en conservant sa mission première : recueillir les doléances et préoccupations des acteurs de la musique en République démocratique du Congo.
Franklin MIGABO
