Si j’étais le producteur de Zozo Machine pour son clip “Kolo Coop”, je ne chercherais pas seulement de l’argent. Je chercherais de la cohérence narrative. Un financement qui prolonge le sens du clip : masques, tissus, pouvoir ancestral, souveraineté culturelle.
Un clip comme celui-ci, que j’estime à 40 000 € (production, scénographie, costumes, direction artistique, postproduction, communication), doit être financé par des partenaires qui tirent profit de son message autant qu’ils le soutiennent.

Ma stratégie, pour mieux mobiliser les fonds se présente comme ça :
- Le Fonds de Promotion Culturelle : 15 000 €
Je mobiliserais le Fonds de Promotion Culturelle (FPC) au titre de l’aide à la création et de la communication institutionnelle.
Pourquoi ?
Parce que “Kolo Coop” s’inscrit directement dans l’actualité culturelle nationale. L’arrêté ministériel annoncé par Yolande Elebe Ma Ndembo reconnaissant et protégeant les motifs et tissus Kuba comme patrimoine culturel national mérite une vulgarisation populaire.
Un clip urbain à forte audience est un outil de politique culturelle plus puissant qu’un communiqué officiel.
Dans un pays structuré, l’État finance ce type d’initiative pour diffuser sa propre vision patrimoniale. Ce partenariat serait donc légitime, stratégique et politiquement intelligent.
- Nkoyi – Bracongo : 12 000 €
Je solliciterais la marque Nkoyi de la Bracongo.
Pourquoi ?
Parce que “Kolo Coop” parle d’identité, de génération, d’affirmation. Une bière positionnée comme marque nationale et transgénérationnelle trouverait ici un terrain narratif idéal.
Ce ne serait pas un simple placement de produit.
Ce serait un alignement d’image : souveraineté culturelle + fierté locale + modernité urbaine.
12 000 € pour :
Intégration visuelle subtile
Campagne digitale croisée
Soirée de lancement sponsorisée
- Café La Kinoise : 3 000 €
Oui, La Kinoise n’apporterait peut-être pas un budget massif, mais une valeur symbolique.
Le café, c’est la conversation, le débat, l’intellect urbain.
Associer “Kolo Coop” à La Kinoise permettrait :
Une série de discussions publiques autour du clip
Une présence dans les cafés culturels
Une touche d’élégance locale
Et une autre clientèle pour cette marque du café local.
Ici, l’investissement est modeste, mais stratégique : 3 000 €.
- L’écosystème artistique : 10 000 €
Je mobiliserais un fonds exceptionnel via :
Congo Biennale
Biennale de Lubumbashi
Académie des Beaux-Arts de Kinshasa
Objectif : financer une dimension curatoriale du clip.
“Kolo Coop” ne serait pas seulement diffusé sur YouTube.
Il serait performé dans des galeries, présenté lors de biennales, accompagné de débats sur :
La restitution des œuvres
Les ornements traditionnels
Le rôle des masques dans l’esthétique contemporaine
10 000 € pour :
Performances live
Scénographies adaptées
Documentation artistique
Produire “Kolo Coop” ne devrait pas être un simple investissement musical. Ce serait un acte culturel stratégique.
Le rap urbain congolais a atteint un niveau où il peut dialoguer avec :
Les institutions publiques
Les marques nationales
Les espaces d’art contemporain
Si Zozo se proclame “Mukolo Coop”, alors la production doit être à la hauteur : structurée, ambitieuse, connectée aux enjeux patrimoniaux et économiques du pays.
Un clip peut être un divertissement.
Mais il peut aussi être une plateforme de souveraineté culturelle. Et c’est là que commence le vrai pouvoir.
Voici mes arguments qui me poussent à cette répartition du budget :
FPC : 15 000 €
Nkoyi / Bracongo : 12 000 €
Congo Biennale / Biennale de Lubumbashi / Académie : 10 000 €
Café La Kinoise : 3 000 €
Total : 40 000 €
Niamba Malafi
Auteur et observateur des dynamiques culturelles en Afrique centrale et dans la diaspora africaine, artiste pluridisciplinaire, entrepreneur culturel et initiateur du Salon des Bruits des Villes Africaines
