Au cœur du Salon du Livre Africain de Paris 2026, la conférence consacrée à la Gen Z africaine a marqué les esprits par sa densité, son engagement et la force de ses prises de parole. Animée avec finesse par le poète malgache Jean-Luc Raharimanana, la rencontre a réuni une nouvelle génération d’acteurs culturels décidés à redéfinir les contours du paysage littéraire africain contemporain.
Mais parmi les voix qui ont traversé la salle, celle de Youssef Branh a résonné avec une intensité particulière.
-Une parole lucide, sans concession-
Dès ses premières interventions, le poète congolais impose un ton direct, presque tranchant, loin des discours convenus sur la jeunesse africaine.
« Nous ne sommes pas résilients, nous n’avons juste pas le choix. »
Une phrase choc, accueillie dans un silence dense, avant de susciter une vague d’approbation dans l’assemblée. Ici, la résilience cesse d’être une qualité romantisée pour devenir le symptôme d’un manque structurel.
Dans la continuité, l’auteur et éditeur congolais pousse plus loin la réflexion sur les politiques culturelles :
« Les subventions ne suffisent pas. Il faut arrêter de subventionner les gens à qui on n’a rien appris — ni à gérer les subventions, ni à professionnaliser leur travail. Les jeunes ont besoin de formations. D’apprendre des vrais professionnels qui comprennent leurs contextes. »
Un plaidoyer fort pour une transformation des modèles d’accompagnement culturel, qui replace la formation au centre des enjeux.
-Quand la littérature reprend ses droits-
Mais au-delà du discours, c’est aussi par la littérature que Youssef Branh a marqué cette rencontre.
Au cours de la conférence, il offre au public la lecture d’un extrait de son ouvrage. Une lecture habitée, incarnée, qui suspend le temps et rappelle que, derrière les débats, il y a d’abord une matière sensible : le texte.
Résultat immédiat : à la sortie, plusieurs exemplaires du livre s’arrachent. La parole devient acte, et l’émotion se transforme en engagement concret des lecteurs.
-Une génération plurielle et engagée-
Aux côtés de Youssef Branh, les autres intervenants — Elie Ramanankavana et Carmen Fifané Toudonou — ont enrichi la discussion par des perspectives complémentaires.
Tous ont insisté sur la nécessité de structurer les écosystèmes culturels, l’importance de créer des espaces d’expression pour les jeunes, et le rôle central de la transmission.
Leurs interventions ont dessiné le portrait d’une Gen Z lucide, créative et profondément engagée, consciente des défis mais déterminée à agir.
-Une conférence manifeste-
Plus qu’une simple table ronde, cette rencontre aura été un véritable manifeste.
Un manifeste pour une jeunesse qui refuse les étiquettes faciles une culture qui se professionnalise et une parole qui ne demande plus la permission d’exister
Dans cet espace de dialogue, Youssef Branh n’a pas seulement représenté une génération : il en a incarné l’urgence, les contradictions et la puissance. Et peut-être, surtout, sa capacité à transformer la contrainte en création.
