Accueil 1 Soutenance d’une thèse en littérature comparée au Danemark : Dr Kenneth Nsah démontre la pertinence de la littérature dans la préservation du Bassin du Congo (Entretien)

Soutenance d’une thèse en littérature comparée au Danemark : Dr Kenneth Nsah démontre la pertinence de la littérature dans la préservation du Bassin du Congo (Entretien)

par Danny
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De nationalité camerounaise, le Docteur Kenneth Nsah, connu sous le nom de la plume Nsah Mala, a soutenu avec brio, au cours du mois de mars 2022, une thèse de doctorat PhD, en littérature comparée au Danemark, portant sur le rôle que la littérature peut jouer dans la préservation du Bassin du Congo.

Dans un entretien avec votre rédaction, le professeur nous a confié l’intérêt qui lui a poussé à démontrer l’apport crucial de la littérature dans la préservation du Bassin du Congo. Nous vous laissons découvrir ci-dessous l’essentiel de cet entretien.

Qui êtes-vous ?

Je suis Kenneth Toah NSAH et mon nom de plume est Nsah Mala. Originaire du royaume Mbesa (Mbessa) au Cameroun, je suis poète, écrivain, auteur jeunesse, traducteur anglais <> français, journaliste, et chercheur en littérature comparée. Je suis docteur (PhD) de l’Université d’Aarhus (Danemark) en littérature comparée depuis mars 2022. Mon Master Erasmus Mundus en Crossways in Cultural Narratives a été obtenu aux universités de Perpignan Via Domitia (France), St Andrews (Royaume-Uni), et Santiago de Compostela (Espagne). Ancien normalien de l’École Normale Supérieure de Yaoundé en lettres bilingues (anglais et français), je détiens aussi une licence en études bilingues (anglais et français) de l’Université de Yaoundé 1. J’ai aussi eu des formations en leadership (YALI Dakar), journalisme (Reuters), enseignement avec les outils informatiques (Université d’Oregon), et l’Accord de Paris sur le climat comme agenda de développement (UNSSC).

Qu’est-ce qui vous a motivé à rédiger votre thèse sur la RDC ? Plus sur le plan littéraire ?

D’emblée, ma thèse a porté sur le Bassin du Congo en général, y compris, mais pas exclusivement, la République Démocratique du Congo (RDC ou Congo-Kinshasa). Les autres pays du Bassin du Congo représentés dans ma thèse sont le Cameroun (mon pays natal), la République Centrafricaine (RCA), la République du Congo (Congo-Brazzaville), et le Gabon. L’importance des forêts tropicales du Bassin du Congo en matière de diversité culturelle et écologique et d’atténuation du changement climatique global est incontournable aujourd’hui. Cependant, ce bassin n’est non seulement menacé sur plusieurs fronts mais reste relativement inconnu et invisible sur le plan international par rapport aux forêts tropicales de l’Amazonie et de l’Indonésie.

Voilà pourquoi, ma thèse, soutenu à Aarhus le 11 mars 2022, d’une manière générale, a un double objectif : celui de démontrer le rôle que peut jouer les textes littéraires (poèmes, romans et pièces de théâtre) dans la préservation du Bassin du Congo et celui de rendre ce bassin et son importance climatique et écologique beaucoup plus connus et visibles sur les échelles locales, nationales et internationales. Crucialement, mon travail scientifique cherche à démontrer que, au vu de l’importance climatique et écologique du Bassin du Congo et au vu de la complexité et l’urgence de la double crise climatique-environnementale que subit ce bassin, aucune discipline académique ne doit s’arroger le monopole de proposer des solutions et des voies de sortir de cette double crise. Il faut aussi écouter les littéraires en cherchant comment protéger ce bassin.

Peut-on avoir le résumé de votre thèse ?

Ma thèse examine une sélection de textes littéraires (poèmes, romans et pièces de théâtre) en anglais et en français rédigées par dix auteurs du Bassin du Congo à savoir In Koli Jean Bofane du Congo-Kinshasa (RDC), Henri Djombo et Assitou Ndinga du Congo-Brazzaville, Athanasius Nsahlai, Ekpe Inyang, Gaston-Paul Effa et Patrice Nganang du Cameroun, Étienne Goyémidé de la RCA, et Nadia Origo du Gabon.

La thèse analyse ces œuvres littéraires en vue de comment ils représentent et tentent de résoudre les problèmes liés aux changement climatique, à la perte de la biodiversité, à la dégradation environnementale, à la conservation, aux droits des peuples autochtones et locaux, à la justice environnementale, aux relations humains-animaux, à la déforestation, à la pollution, à l’urbanisation, à l’activisme de la jeunesse africaine pour le climate, à la gouvernance, au colonialisme vert, etc.

En d’autres termes, ma thèse argue que la littérature peut contribuer, en synergie avec d’autres disciplines et efforts, à lutter contre le réchauffement climatique, contre la dégradation écologique, contre la déforestation, et contre la perte de la biodiversité dans le Bassin du Congo, et en y promouvant la justice climatique, la protection des droits des peuples autochtones et locaux, et le développement durable.

Quel est le résultat attendu de votre thèse sur le plan pratique ?

Sur le plan pratique, j’envisage une éventuelle publication de cette thèse révisée en une monographie avec pour but de la vulgariser internationalement et domestiquement dans les pays du Bassin du Congo. Cela est l’une des possibilités envisagées pour initier et encourager les jeunes, les adultes, et les décideurs du Bassin du Congo sur l’importance de l’activisme environnemental littéraire (textuel) qui devrait être transformé en activisme environnemental politico-physique afin d’avoir un grand impact positif sur la préservation de ce bassin.

Par ailleurs, je compte sur les opportunités telles que cet entretien avec vous (et d’autres journalistes) pour pouvoir entrer en contact avec les décideurs et les acteurs principaux sur les questions climatiques et écologiques dans le Bassin du Congo.

Concrètement, j’aimerais entrer en contact avec les ministères en charge de l’environnement, des forêts, des eaux, du climat, de l’agriculture, et du développement durable dans les pays du Bassin du Congo ; les organisations transnationales telles que la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (Comifac), la Central African Forest Initiative (Cafi), le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, la Commission Climat du Bassin du Congo (CCBC), The Brazzaville Foundation, le Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC), la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), Center for International Forestry Research (Cifor) ; les ONG environnementales telles que WWF, GreenPeace, Rainforest Foundation, Survival International, Wildlife Conservation Society ; les institutions académiques ; les agences des Nations-Unies et les organisations diplomatiques et internationales telles que le Programme des Nations-Unies pour le Climat, le Commonwealth, la Francophonie, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), etc.

Ceci me permettrait d’apporter ma modeste contribution en terme d’élaboration des stratégies et des projets pouvant déployer les textes culturels (littéraires et artistiques) pour promouvoir la conscientisation écologique, la communication et la protection environnementale, la justice climatique, les droits des peuples autochtones et locaux, et le développement durable dans ce bassin qui, comme le dit le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, est un enjeu africain et planétaire.

Pensez-vous faire un tour en RDC par rapport à votre projet ?

Certes, si les moyens financiers deviennent disponibles, j’aimerais sillonner tous les pays du Bassin du Congo, y compris bien sûr la RDC (Congo-Kinshasa) par rapport à mon projet. Cela me permettrait de vulgariser davantage les résultats de ma thèse et de continuer à recueillir les données et les informations relatives pour prolonger ma recherche sur ce bassin crucial. Une chose est claire, le Bassin du Congo est relativement invisible et inconnu non seulement à l’échelle internationale mais aussi continentale et locale. Alors, un énorme travail de sensibilisation nous interpelle, nous tous. Mes descentes sur le terrain, par exemple en RDC qui est le pays avec le plus grand pourcentage des forêts du Bassin du Congo, ne seront pas du tout en vain.

Qu’en dites-vous en dernier lieu ?

Je vous remercie sincèrement pour cette occasion que vous m’avez accordée afin que j’apporte ma recherche auprès de vos lecteurs congolais. En faisant ainsi, je suis convaincu que nous allons pouvoir prendre davantage connaissance de notre important Bassin du Congo et œuvrer pour le préserver pour nous, pour nos enfants, et pour l’humanité. Merci! Thank you! Anyongha! Melesi!

Propos recueillis par Masand Mafuta

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1 Commentaire

Ayong Lazarus Tangwa 6 mai 2022 - 23 h 13 min

I am a proud reader of this interview. Your work can only be described as wonderful. The Congo Basin commission needs your thesis for survival.

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