La ville volcanique de Goma s’est réveillée dans la matinée du vendredi 01 mai 2026 au rythme des applaudissements et des chants. Sur son vélo, Miguel Masaisai, triathlète gomatracien, a pris le départ d’un défi qui dépasse les frontières du sport : rallier Rabat, au Maroc, en parcourant 14 000 kilomètres à la seule force de ses pédales.
Son projet, baptisé « Pedals for Peace », est une odyssée à travers 17 pays africains, de l’Est de la RDC jusqu’aux rives méditerranéennes. Mais derrière l’exploit physique se cache une ambition plus vaste : faire de chaque coup de pédale un plaidoyer pour la paix, l’unité africaine et la résilience des peuples.

Héritage d’un premier exploit
Ce n’est pas la première fois que Miguel défie l’impossible. En mai 2025, il avait déjà relié Goma à Cape Town, en Afrique du Sud, au terme d’un voyage de plus de 7 000 km à travers sept pays. Sans assistance, il avait affronté la solitude, les intempéries et les routes hostiles. Cet exploit lui valut le titre de Sportif de l’Année aux prestigieux KEMA Awards 2025.
Aujourd’hui, il repousse encore les limites, en s’attaquant à un itinéraire deux fois plus long, traversant des zones complexes où le vent, le soleil et l’incertitude deviennent ses compagnons de route.

Un plaidoyer sur deux roues
Pour Miguel, l’aventure n’est pas une quête de gloire personnelle. Chaque coup de pédale est un acte de résistance, une manière de montrer que l’Est de la RDC, trop souvent associé aux conflits, peut aussi être le berceau de récits de résilience et de dignité.
Son projet « Pedals for Peace » dépasse les frontières du sport. Il devient un manifeste itinérant, une fresque vivante qui relie les peuples et les cultures au fil des kilomètres. À chaque étape, Miguel espère rencontrer des jeunes, partager son histoire et semer des graines d’espérance.

Dans une époque où les fractures semblent s’élargir, son vélo devient un symbole : celui d’une Afrique qui avance, qui refuse la fatalité, et qui croit en la force de ses enfants.
Amani Lugero
Photos : Marie Jeanne Munyerenkana
