C’est le centre culturel « Ndaku ya la vie est belle », en plein cœur de Kinshasa, qui a tout récemment servi de cadre à l’annonce d’un événement historique pour la scène artistique locale. Le 27 juillet prochain, la République démocratique du Congo accueillera son tout premier Salon du dessin contemporain. Ce projet, porté par le Collectif Kisalu Kia Mbote en synergie avec des structures œuvrant dans le secteur des arts visuels, ambitionne de réunir des talents venus de toute la RDC ainsi que des créateurs de pays voisins, à l’instar du Congo-Brazzaville, autour d’une discipline trop souvent restée dans l’ombre de la peinture.
Le coordonnateur adjoint du projet, l’artiste Alain Super Ekosa, a profité de cette conférence de presse pour définir l’ambition de cette rencontre. Selon lui, il s’agit de transformer l’espace pour offrir une liberté totale aux auteurs.
« Ce projet sera lancé à partir du 27 juillet au centre culturel Ndaku ya la vie est belle que nous allons aménager pour permettre aux artistes de s’exprimer à travers des lignes et des supports différents de la peinture, avec une spécialisation centrée uniquement sur le dessin », a-t-il expliqué tout en mettant l’accent sur une rupture avec les expositions classiques.

Cette manifestation se veut pionnière en Afrique centrale, avec la volonté affirmée de traiter le dessin non plus comme un simple brouillon, mais comme une œuvre d’art achevée. Alain Super Ekosa insiste sur le fait que cette édition « vise la mise en valeur du dessin comme un travail fini pour les artistes ». Cette vision est partagée par le coordonnateur du salon, l’artiste Eric Bolia, qui souligne la particularité des profils retenus pour cet événement. Il clarifie cette approche en expliquant : « Pour certains artistes, le dessin est un processus, mais pour ceux-ci, il constitue une œuvre finale ».
Au-delà de la simple exposition, le salon propose une réflexion de fond sur la pratique artistique contemporaine, en la distinguant des formes purement techniques comme le dessin industriel ou architectural. L’événement se veut un espace de dialogue entre les traditions et la modernité, tout en cherchant à offrir aux œuvres une visibilité commerciale capable de rivaliser avec la sculpture ou la peinture. Les promoteurs du projet espèrent également que cette effervescence créative participera activement au développement du tourisme culturel dans la capitale.

Le rendez-vous du 27 juillet sera enfin enrichi par un volet intellectuel dense. Des experts de la région animeront des conférences et des tables rondes portant sur les enjeux de l’art contemporain en Afrique. Ces discussions permettront d’aborder le rôle de l’artiste dans la société actuelle et les défis culturels majeurs du continent, faisant de ce premier salon un carrefour de réflexion autant qu’une célébration esthétique.
Masand Mafuta
