La Biennale de Lubumbashi s’apprête à revenir en octobre prochain pour sa 9e édition, confirmant son rôle de plateforme incontournable de l’art contemporain en Afrique. Depuis plus de quinze ans, cet événement d’envergure s’est imposé comme un espace majeur de réflexion et de création, demeurant la seule biennale subsaharienne portée de manière indépendante depuis la ville de Lubumbashi, en RD-Congo.
Cette édition sera placée sous le signe de la pensée de Valentin Yves Mudimbe, philosophe et écrivain congolais décédé le 22 avril 2025, en Californie du Nord aux États-Unis. Son œuvre, qui interroge les constructions du savoir, les héritages coloniaux et les récits historiques, continue d’inspirer artistes et chercheurs à travers le monde. Et par sa bibliothèque personnelle léguée à l’Université de Lubumbashi, Mudimbe a laissé une part de son savoir pour les générations futures. Grâce au partenariat historique entre la Biennale et le Centre d’art et de recherche Picha, les équipes curatoriales disposent désormais d’un accès privilégié à cet ensemble exceptionnel d’archives et de livres, véritable socle intellectuel pour cette neuvième édition.

La neuvième édition de la Biennale de Lubumbashi entend ainsi ouvrir un espace de dialogue entre art contemporain, mémoire et transmission, en explorant les formes d’opacité et les manières de réinventer nos imaginaires collectifs, en invitant les voix de deux curateurs : Sorana Munsya et Jermay Michael Gabriel, dont les pratiques interrogent les relations entre histoire, mémoire, visibilité et récits diasporiques. Leur regard croisé promet une programmation riche, où les œuvres dialogueront avec les questions soulevées par Mudimbe et les enjeux contemporains du continent Africain.

En cet octobre 2026, la ville de Lubumbashi redeviendra donc la foire d’une rencontre internationale où se mêleront création artistique et réflexion critique, confirmant la Biennale comme un lieu unique de production de savoirs et de circulation des imaginaires.
Grady BIZAKI
