Chaque année, le 11 mai, les regards du monde entier se tournent vers un artiste dont l’influence dépasse largement le cadre musical. Bob Marley, disparu il y a désormais 45 ans, continue de rassembler ses fidèles à travers la planète. Au Nord-Kivu, ce n’est pas une exception.
Au foyer culturel de Goma, les Rastas de la ville et de ses environs se sont réunis pour honorer celui qu’ils considèrent non seulement comme un musicien, mais comme un maître spirituel. Dans une atmosphère empreinte de reggae et de convivialité, la soirée a oscillé entre moments musicaux et rappels à l’essence même du mouvement rastafari.

Si l’image populaire associe souvent le Rastafarisme aux dreadlocks, au reggae ou à la consommation de chanvre, les participants à cette commémoration tiennent à rappeler une réalité plus profonde. Être Rasta, expliquent-ils, relève avant tout d’une philosophie de vie, d’une spiritualité et d’un état d’esprit.
« Un Rastaman n’est pas une personne qui fume du chanvre ou qui boit excessivement de l’alcool, mais une personne qui réunit les autres, qui transmet un message qui fortifie, qui construit, qui rassemble », a-t-on pu entendre au cours des échanges.

Sur scène, les artistes se sont succédé pour livrer des prestations colorées, dans la plus pure tradition du reggae. Pour eux, Bob Marley n’est pas vraiment mort : il continue de vivre à travers sa musique et l’idéologie qu’il a contribué à bâtir.
Interrogé sur le sens de cette célébration, le président du mouvement Rastafari section Nord-Kivu a rappelé l’importance du souvenir. « Nous nous rappelons de ses œuvres, il est toujours parmi nous, il n’est jamais parti. À tout moment, on doit penser à lui par ses œuvres », a-t-il déclaré.

Le même responsable a tenu à rappeler le message central porté par les Rastas : l’amour et la paix. « C’est le seul message que nous portons. Plus il y a la paix, il y aura l’amour et l’union également. Au départ, nous sommes tous Rasta car nous transmettons le même message ».
Il a également insisté sur la cohésion interne du mouvement : « Nous sommes soudés entre nous. Chez nous, il n’y a pas de tribalisme. Il n’y a ni fort ni faible. Nous sommes tous unis, c’est ce qui nous caractérise ».
Si le 11 mai reste une date clé pour les adeptes du mouvement en mémoire de Bob Marley, ce n’est pas la seule. Le 28 octobre, ils célèbrent également Lucky Dube, autre figure majeure du reggae africain disparue tragiquement.
Cette double commémoration montre, s’il en était besoin, que le reggae et son héritage spirituel continuent de nourrir une communauté bien au-delà des frontières jamaïcaines, jusque dans l’est de la République démocratique du Congo.
Franklin MIGABO
