La cinéaste et actrice congolaise Amida Balega s’apprête à dévoiler « Naiké », son premier long métrage, en avant-première lors de la prochaine édition du SICA 2026 en Côte d’Ivoire, avant une projection en République Démocratique du Congo. Un projet né d’une distinction au Salon des Industries Culturelles d’Abidjan en 2024 et qui incarne le parcours de persévérance d’une artiste déterminée à porter le cinéma congolais sur la scène internationale.
Invitée pour la première fois en Côte d’Ivoire par la Banque mondiale avec son court métrage « Adhoka », consacré à la richesse de la RDC, Amida Balega a depuis tracé son chemin dans le septième art africain. En 2024, elle postule au SICA avec son collaborateur ivoirien Viateur Yapo et remporte 5 000 000 de francs CFA (environ 7 000 dollars) dans la catégorie amateur. Partant de cette distinction, le projet, tourné en RDC et en Côte d’Ivoire avec plusieurs coproductions, atteint aujourd’hui un budget avoisinant 400 000 dollars.
« Je suis Congolaise et je fais le cinéma. Mon premier film s’appelle Adhoka, un court métrage sur la richesse de la RDC », rappelle Amida Balega, qui dans « Naiké » occupe également le rôle principal devant la caméra. « Naiké est un long métrage, je suis l’actrice principale », précise-t-elle.
Le film suit le parcours initiatique de Naiké, une jeune fille qui tente de sauver son père, un soldat blessé de guerre devenu suicidaire. Une histoire intime et universelle portée par une coproduction congolo-ivoirienne qui témoigne de la vitalité des collaborations cinématographiques sur le continent.
« Naiké » revêt également une dimension mémorielle particulière. Ce long métrage est le dernier film dans lequel l’illustre comédien congolais, feu Elbas Manuana, éminent professeur de théâtre à l’Institut national des arts (INA), a joué avant de disparaître.
À l’instar de Dieudo Amadi, Macherie Ekwa et d’autres cinéastes, Amida Balega fait partie de ces artistes qui illuminent la culture congolaise à travers le monde. Son parcours, du court métrage présenté à la Banque mondiale à un long métrage budgété à 400 000 dollars, illustre ce que la persévérance et le talent peuvent accomplir dans un secteur où les financements restent un défi permanent pour les créateurs congolais.
Masand Mafuta
