L’ouvrage « Repartir ensemble », qui réunit des nouvelles traversées par les échos des violences vécues dans l’Est de la République démocratique du Congo, paraîtra simultanément dans quatre pays du continent grâce à une coédition inédite. Derrière ce projet, porté par l’Agence littéraire Filgo et dirigé par Davin Kombi, se dessine une ambition, celle de faire de la littérature un outil de résilience et de reconstruction collective, sans occulter les fractures laissées par des décennies de guerre au Kivu.
Le recueil donne la parole à une trentaine d’auteurs congolais, régionaux et internationaux, dont les textes explorent, chacun à leur manière, les brèches par où l’obscurité peut être traversée. Loin d’un simple constat doloriste, les nouvelles interrogent les chemins possibles vers l’avenir, en posant une question centrale : comment se reconstruire individuellement et ensemble, après l’effondrement ?

Ce travail de rassemblement a été mené par l’Agence littéraire Filgo, structure basée à Goma, qui a su réunir des plumes d’horizons divers, des écrivains confirmés, des jeunes talents, des voix émergentes autour d’un même fil rouge : la paix comme horizon, non comme état acquis, mais comme construction quotidienne.
L’originalité du projet tient également à sa diffusion. Quatre maisons d’édition se sont associées pour garantir une présence physique de l’ouvrage dans plusieurs pays : Fleuve de l’Intrigue (RDC), Savanes du Continent (Bénin), Les Lettres Mouchetées (Brazzaville) et Sankofa & Gourli (Burkina Faso). Une stratégie qui permet au recueil de toucher un large public, via les grandes librairies de Kinshasa comme de Cotonou, de Brazzaville ou de Ouagadougou.
Une autre diffusion est envisagée en France à partir du septembre prochain via Pollen, un distributeur de renom.
Pour Fleuve de l’Intrigue, la maison d’édition qui se définit par son ancrage dans les sociétés africaines en mutation, cette coédition est une première. La structure, qui publie exclusivement des œuvres de fiction : romans, contes, essais littéraires, littérature jeunesse, entend ainsi affirmer son rôle de passeur entre les imaginaires du continent. Elle ne publie pas d’ouvrages académiques, mais des récits au seuil de ce qui vient : transformations sociales, recompositions politiques, déplacements culturels et bouleversements urbains ou spirituels.
En réunissant des voix multiples autour d’une mémoire douloureuse mais non résignée, « Repartir ensemble » s’impose comme un acte éditorial engagé. Il rappelle que la littérature, lorsqu’elle est partagée au-delà des frontières, peut devenir un espace de réparation et de dialogue. Et que les voix de la paix, pour être entendues, ont besoin d’échos.
Franklin MIGABO
