Accueil 1 L’arrangeur de son, Maika Munan a exprimé son vœu, de voir le monde musical congolais se professionnaliser. Ceci ressort d’un entretien qu’il a accordé à un média de la place.

L’arrangeur de son, Maika Munan a exprimé son vœu, de voir le monde musical congolais se professionnaliser. Ceci ressort d’un entretien qu’il a accordé à un média de la place.

par Danny
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Il a été aussi l’occasion pour l’homme d’aborder plusieurs autres questions portant sur l’impasse, à la quelle fait face la musique congolaise à ce jour.

« La musique congolaise est composée de 80% d’amateurs qui étouffent 20% de professionnels », indique Maika Munan.

Pour lui, la professionnalisation de la musique congolaise passe par un changement de la donne. Autrement dit, il faut que le nombre des professionnels soit supérieur à celui des amateurs.

L’auteur compositeur et arrangeur de son congolais reconnaît, cependant, que les amateurs ne favorisent le passage vers la professionnalisation.

En effet, le format de certaines musiques en est un exemple palpable. Maika Munan signale qu’à l’heure actuelle, il y a encore sur le marché du disque congolais, des chansons qui durent 15 minutes.

Une réalité qu’il déplore et l’incite à convier les différents acteurs musicaux à se référer à la façon de faire des prédécesseurs. Et cela dans le but d’attirer des potentiels producteurs.

« Nous devons nous mettre aux standards internationaux comme nos aînés. Au moment où je vous parle, il n’y a plus aucun producteur digne de ce nom qui s’intéresse à nous », déclare-t-il

Par ailleurs, Munan estime que la musique congolaise se trouve actuellement dans une mauvaise période. Si d’aucuns prétendent le contraire, ils sont certainement aveuglés par les prouesses des anciens musiciens.

La vérité est que la musique congolaise actuelle a perdu son leadership d’antan. Pour Maika Munan, cette crise est manifestée par : la réduction de la créativité chez les musiciens qui se copient à tout bout de champ ; les textes sont pauvres ; l’appauvrissement harmonique manifesté par l’utilisation de trois accords seulement ; et le recours au phénomène « libanga » causé par le fait que l’artiste ne peut pas vivre de sa musique, suite au piratage récurent des CD rencontré dans ce secteur.

Finalement, abordant la question de la concurrence entre la musique congolaise et les musiques africaines, en l’occurrence celle de la Côte d’Ivoire, Maika Munan reconnaît tout de même la supériorité de la musique congolaise sur celle ivoirienne.

« C’est une musique essentiellement commerciale (musique ivoirienne, Ndlr). Il n’y a pas d’autres choses autour. Je ne dis pas que ce qu’ils font est mauvais mais ils ne s’approcheront pas du Congo » fait-il savoir.

Du reste, il précise que si l’on a tendance à voir en la musique ivoirienne une concurrente de taille, c’est parce qu’elle est professionnalisée.

« Ils n’ont pas fait plus que le Congo mais ils se sont professionnalisés » renchérit-il.

Pour pallier ces différentes impasses, auxquelles est confrontée la musique congolaise, Maika Munan a convié les jeunes musiciens à toujours garder l’originalité congolaise dans leurs œuvres.

A l’en croire, il n’est pas important de copier les styles étrangers. Il a aussi appelé les dirigeants du secteur musical à instaurer une politique de promotion des talents qui se trouvent en provinces. Puisque Kinshasa n’est pas la seule partie du pays qui regorge des talents musicaux.

Balka Josh

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