La poétesse et slameuse congolaise Do Nsoseme vient de publier son premier recueil de poésie intitulé Ngambo ya Congo, paru aux éditions Mesdames. Ce titre en lingala, qui signifie « La responsabilité du Congo », est également le nom du poème phare de son ouvrage.
Dans une interview exclusive avec Culture Congo, Do explique que ce choix linguistique reflète son intention de plonger ses lecteurs dans la culture et l’identité congolaise : « Ngambo ya Congo porte en lui une réflexion profonde sur notre rôle en tant que peuple. »

Culture Congo : Pourriez-vous nous décliner votre identité complète ?
Do Nsoseme : Poétesse, slameuse et photographe congolaise, Do est née le 30 avril 1994 à Kinshasa. Détentrice d’un master en management des médias à l’École supérieure de journalisme de Lille et d’un diplôme en arts graphiques option communication visuelle de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, elle est aussi diplômée d’État (baccalauréat) en Latin-Philo depuis 2011 à l’Institut Mgr Bokéléale. Do est une femme mariée.
CC : Pourquoi auriez-vous choisi un titre en lingala pour votre ouvrage ? Et c’était quoi la motivation ?
DN : J’ai choisi ce titre en lingala, Ngambo ya Congo, avant tout parce qu’il reprend le nom du poème phare de mon recueil. Presque tout ce que j’ai écrit s’y résume… Ngambo ya Congo, que l’on pourrait traduire par « La responsabilité du Congo », porte en lui une réflexion profonde sur notre rôle en tant que peuple.
Au-delà de cette signification, j’ai aussi choisi le lingala parce que c’est une langue vivante, musicale et puissante, parlée non seulement à Kinshasa, mais aussi à travers tout le pays, notamment grâce à son enracinement dans l’histoire et l’armée. Avec ce titre, je voulais ancrer mon recueil dans l’identité congolaise et exprimer une réalité qui nous concerne tous : Ngambo ya Congo évoque autant les défis que les espoirs de notre nation.

CC : De quoi êtes-vous inspirée pour la rédaction de votre ouvrage ?
DN : Je me suis inspirée de la vie quotidienne en RDC, de ces réalités sociales, politiques et culturelles qui façonnent notre identité. Mon écriture puise dans les voix du peuple, dans ces histoires souvent ignorées mais qui méritent d’être racontées. Certains de ces récits me sont particulièrement proches, nés des rencontres marquantes que j’ai faites en voyageant à travers le pays.
À travers ce recueil, je voulais donner une voix aux oubliés, aux résistants, aux rêveurs, et à tous ceux qui, malgré les épreuves, continuent de croire en un Congo meilleur.
CC : Combien de poèmes compte votre recueil ? Nombre de pages ? Et les différentes thématiques exploitées ? Et son bref résumé ?
DN : Mon recueil compte 13 poèmes slams avec moins de 70 pages. J’y explore des thématiques variées, notamment l’identité congolaise et le lien à la terre natale, les réalités sociales et économiques, l’espoir et la résilience, les violences sexuelles en temps de conflit, le poids de l’histoire et les aspirations de la jeunesse.
En somme, Ngambo ya Congo est une fresque poétique qui questionne notre passé, interroge notre présent et ouvre une réflexion sur notre avenir. À travers des vers engagés et sensibles, mon objectif est d’éveiller les consciences et d’inviter à la réflexion.
CC : Quel genre de poésie avez-vous utilisée ? Classique ou libre ?
DN : J’ai choisi une poésie libre, car elle permet plus de spontanéité, d’émotion et de proximité avec le lecteur. Le slam, qui est au cœur de mon écriture, s’affranchit des règles strictes de la poésie classique pour laisser place à une parole vivante et percutante.
CC : On y trouve aussi des poèmes en lingala ?
DN : Le poème phare est en lingala, tandis que le reste du recueil est principalement en français. Cependant, certains poèmes intègrent des expressions en lingala, ajoutant une musicalité unique
CC : En publiant ce premier ouvrage de votre carrière artistique, comment attendez-vous que le lecteur congolais puisse l’accueillir ?
DN : J’espère que ce recueil touchera avant tout les lecteurs congolais, car c’est pour eux que je l’ai écrit en premier. Qu’ils s’y reconnaissent, qu’ils y retrouvent leurs histoires, leurs luttes, leurs espoirs. Je veux que ce livre soit à la fois un miroir et une source de fierté, un rappel que nos voix comptent et que notre histoire mérite d’être racontée. Mais je veux aussi qu’il parle à ceux qui ne connaissent pas notre réalité, qu’ils en découvrent un fragment à travers ma poésie.
CC : Pensez-vous que cet ouvrage va intéresser plus d’un Congolais ?
DN : Absolument ! Parce que Ngambo ya Congo raconte le Congo avec authenticité et passion. Il aborde des thématiques universelles qui résonnent en chaque Congolais, qu’il vive ici ou ailleurs. La poésie, et surtout dans sa variante urbaine, slam poésie urbaine, a ce pouvoir de briser les barrières et de toucher les cœurs, et j’espère que ce recueil saura toucher tous ceux qui le liront.
CC : Quel serait le message que vous lancerez au lectorat congolais ?
DN : J’invite chaque Congolais à redécouvrir la poésie comme un moyen d’expression puissant. À travers Ngambo ya Congo, je veux leur rappeler que nous avons une histoire à raconter et un avenir à construire.
Tout compte fait, Do Nsoseme invite les amoureux des belles lettres à la matinée poétique de son recueil de poésie “Ngambo ya Congo” au Texaf Bilembo, ce samedi 1er mars, pour la présentation de son ouvrage. Au programme, une séance de dédicace et d’autres surprises à découvrir sur place sont prévues.
Proposer recueillis par Masand Mafuta