Depuis plusieurs mois, le débat sur la révision ou le changement de la Constitution alimente la vie politique de notre pays. Certains y voient une menace, d’autres une opportunité. De prime abord, il serait honnête de notre part de faire un distinguo entre le deux concept qui fait couler beaucoup d’encre. D’une part la révision consiste à modifier certaines dispositions d’une Constitution existante tout en maintenant l’identité juridique et institutionnelle fondamentale de celle-ci et D’autre part le changement de Constitution intervient lorsqu’un nouvel ordre constitutionnel est instauré, entraînant la disparition de l’ancienne Constitution.
La Constitution n’est pas un texte figé. Partout dans le monde, les Constitutions évoluent au rythme des mutations politiques, économiques, sociales et sécuritaires. La République démocratique du Congo ne peut rester prisonnière d’un texte adopté il y a vingt ans, alors que le pays, les défis et les aspirations de la population ont profondément changé.
Aujourd’hui, notre peuple réclame des institutions plus efficaces, un État plus fort, une justice plus performante, une gouvernance plus cohérente et des réponses concrètes face aux défis de la sécurité, du chômage des jeunes, du développement des infrastructures et de la création de richesses.
Force est de constater que certaines dispositions de la Constitution de 2006 limitent l’action publique, créent des blocages institutionnels et ralentissent la mise en œuvre des réformes dont le pays a tant besoin. Faut-il continuer à subir ces limites au nom d’un immobilisme politique, ou avoir le courage de bâtir des institutions adaptées aux réalités du Congo d’aujourd’hui ?
Le Président de la République a fait du développement, de la modernisation de l’État et de la restauration de l’autorité publique des priorités de son action. Pour atteindre ces objectifs, il est légitime d’engager une réflexion nationale sur notre cadre institutionnel afin qu’il accompagne les ambitions du peuple congolais plutôt qu’il ne les freine.
Les opposants estiment qu’une révision pourrait fragiliser certains équilibres institutionnels. Pourtant, débattre de la Constitution n’est pas un crime contre la démocratie ; c’est au contraire l’expression vivante même de la démocratie. Ce qui importe, c’est que cette réflexion se déroule dans le respect de la loi, de manière transparente, inclusive et avec la participation du peuple souverain.
Refuser tout débat sur la Constitution reviendrait à considérer qu’aucun texte ne peut être amélioré, même lorsque l’expérience démontre ses insuffisances.
Une Nation qui refuse de s’adapter prend le risque de freiner son propre développement.
Le changement de la Constitution ne doit donc pas être perçu comme le projet d’un homme ou d’un camp politique. Il doit être compris comme une opportunité historique de doter la République démocratique du Congo d’institutions plus fortes, plus modernes et plus efficaces, capables d’accompagner les ambitions de plus de cent millions de Congolais.
Notre devoir, en tant que représentant du peuple, est d’avoir le courage d’ouvrir ce débat avec responsabilité, sérénité et patriotisme. Car une Constitution doit servir le peuple, accompagner son évolution et préparer l’avenir. C’est dans cet esprit que nous soutenons la réflexion sur son adaptation, convaincus que le Congo mérite des institutions à la hauteur de ses immenses ambitions.
Armand Tshitende Miteyo
Député National
