Originaire de Goma, ville volcanique de l’Est de la République démocratique du Congo, Sayrah Belle, de son vrai nom Sarah Kabuyaya, incarne l’une des promesses les plus remarquables de la scène musicale locale. Repérée pour la première fois en 2022 lors de la finale du concours Gospel Glory Talent, l’artiste a su transformer son héritage spirituel, puisé dans les chorales de l’école du dimanche, en un projet professionnel ambitieux et pluriel. Sayrah Belle interprète un répertoire empreint de musicalité profane.
L’année 2024 constitue un tournant décisif dans son parcours. Fréquentant assidûment le foyer culturel de Goma, véritable creuset d’échanges artistiques, elle s’imprègne de nouvelles influences et se construit un réseau créatif solide. Cette dynamique la mène à participer à la prestigieuse compétition Top Five Sauti, où elle décroche la médaille d’argent. « Dans les cinq années qui viennent, je me vois dans une carrière musicale florissante, représentant ma ville sur les plus grandes scènes. C’est l’objectif global que je me suis fixé, et j’y travaille ardemment », confie-t-elle.
Fort de cette reconnaissance, Sayrah Belle franchit une nouvelle étape avec le lancement officiel de sa carrière solo. Son premier single, Mafiere, illustre parfaitement son univers : un mélange d’assurance, de résilience et de modernité. Polyvalente, elle navigue avec aisance entre influences afro-urban et sonorités contemporaines, abordant des thématiques comme l’autonomisation, l’espoir et la force intérieure.
Interrogée sur ses sources d’inspiration, l’artiste répond sans détour : « À Goma, il y a plein d’artistes qui font bien, je cite Joelike, Bargoss, Gloria Bash, The mingongo et tant d’autres, mais je m’inspire plus de l’artiste Pson Zubaboy, qui incarne un peu la direction artistique dans laquelle je me suis lancée. Sur le plan international, j’aime aussi Rihanna ».
Sayrah Belle s’impose aujourd’hui comme une figure montante de la scène musicale de l’Est de la RDC, portée par une détermination sans faille et un professionnalisme qui force le respect. À l’image d’autres talents locaux, elle contribue à faire émerger Goma comme un nouveau pôle de création, capable à terme de rivaliser avec des métropoles comme Kinshasa. « La musique locale de Goma est en train de connaître une ascension fulgurante, » souligne-t-elle, confiante dans l’avenir de sa ville et de ses artistes.
Par leur courage, leur authenticité et leur travail, ces musiciens font de leur art une arme pour transmettre des messages et toucher un public toujours plus large, bien au-delà des frontières nationales. Sayrah Belle entend bien y jouer un premier rôle.
Franklin MIGABO
