Le Festival Haïti 221, un évènement itinérant, fait de la RDC son quartier général pour son édition inaugurale. Lancée officiellement le 12 février au Tarmac des auteurs, par un concert multiculturel, cette activité d’envergure internationale joue sa partition sur le passé colonialiste, afin de créer une convergence culturelle et historique autour du dialogue artistique et intellectuel.
« Je ne voulais pas laisser cet événement à cause de difficultés rencontrées par sa réalisation ailleurs. Pour moi, je ne comptais pas que la célébration de l’indépendance de mon pays reste en Haïti mais d’aller à travers le monde pour un évènement qui crée des liens de dialogue autour de la colonisation pour trouver une pensée décoloniale », a exprimé Darline Gilles, directrice du festival, lors de la conférence de presse organisée à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa.
Le choix de la RDC comme pays hôte de la 1e édition n’a pas été un fait du hasard. Elle revient sur la similitude des quelques faits historiques entre Haïti et la RDC.
« J’ai choisi la RDC car elle est en Afrique et on a presque des choses communes sur le plan littéraire, culturel, musical et bien d’autres. Le Congo est un pays idéal pour commencer le volet international de notre événement « , a-t-elle affirmé.
Jean d’Amérique, artiste pluridisciplinaire haïtien vivant en France, a évoqué la diplomatie culturelle comme socle de résilience et de résistance pour faire face à l’impérialisme qui ronge le monde actuel.
« Les connexions entre nos imaginaires, c’est très important, parce qu’on a fait la traversée depuis Haïti et maintenant, c’est un peu un retour à la source. C’est d’autant plus important parce qu’aujourd’hui, on vit dans un monde où les puissances impérialistes essaient de barrer la route à tous les pays qui veulent se mettre debout. Donc, c’est nécessaire de connecter nos imaginaires, nos cultures. C’est ça qui fera notre force dans le monde d’aujourd’hui et en tant qu’artiste, je vais animer un atelier d’écriture théâtrale qui sera créée à partir de nos propres matières et cela prendra 5 jours », a-t-il révélé.
Dans la capitale, l’équipe organisatrice a eu le privilège de rencontrer Africa Diva, coordonnée par l’artiste Orakle Ngoy. Cette dernière a proposé quelques artistes femmes qui feront quelques activités tout au long du festival.
En lien avec l’indépendance de la République de Haïti, ce festival itinérant s’organise durant 10 jours à Kinshasa, soit du 12 au 22 février, plus précisément au Tarmac des auteurs, Académie des Beaux-Arts, Texaf Bilembo, Bibliothèque Rehoboth et le centre Wallonie-Bruxelles, autour de rencontres culturelles, ateliers, conférences, projection des films, contes, et concerts.
Milca Nlandu
