Le rappeur et homme d’affaires américain Jay-Z fait la couverture du magazine GQ dans un numéro où l’esthétique congolaise occupe une place centrale. Publiées en ligne le 26 mars 2026, les images montrent l’artiste tenant un masque Kifwebe Bakashi des peuples Songye, originaire du Grand Kasaï, devant un fond constitué de tissu Kuba, deux éléments majeurs du patrimoine culturel de la République Démocratique du Congo (RDC).
Cette mise en scène est l’œuvre de l’artiste et créateur Young Paris, de son vrai nom Milandou Badila, qui signe la direction artistique de la séance. En associant un objet rituel traditionnel à une composition visuelle contemporaine, il inscrit des références culturelles congolaises dans l’univers de la mode internationale.
Traditionnellement utilisé par les communautés songye et luba, le masque Kifwebe incarne une fonction d’autorité et de régulation spirituelle. Sa présence dans un média de référence comme GQ, conjuguée à celle du tissu Kuba, symbole d’un savoir-faire textile ancestral, offre une visibilité inédite à ces traditions.
Cette initiative a été saluée par plusieurs observateurs, à l’instar d’Alesh, qui y voit une forme de reconnaissance institutionnelle informelle.
« Une grande promotion pour nos symboles culturels (…) Moi, ministre de la culture ou Attaché Culturel de l’Ambassade de la RDC aux États-Unis où il vit, je lui enverrai un email de remerciement. Ça paraîtrait peut-être anodin pour certaines personnes, mais vous n’avez aucune idée de la fierté que procure la reconnaissance officielle d’une nation », a-t-il commenté sur son compte X.
Jay-Z, de son vrai nom Shawn Corey Carter né à New York en 1969, est l’une des figures les plus influentes de l’industrie musicale. Lauréat de vingt-quatre Grammy Awards et classé parmi les artistes les mieux rémunérés au monde par Forbes, il totalise plus de cent millions d’albums vendus. Trois de ses albums : Reasonable Doubt (1996), The Blueprint (2001) et The Black Album (2003), figurent dans la liste des « 500 meilleurs albums de tous les temps » établie par Rolling Stone.
En choisissant d’associer son image à des objets issus du patrimoine congolais, le rappeur contribue à exposer ces références culturelles à un public international, au-delà des cercles spécialisés.
Franklin MIGABO
