Intervenue lors de la troisième journée du colloque international et interdisciplinaire de l’Université catholique Omnia Omnibus, l’assistante Cerise Mbenzu, chercheure en entrepreneuriat culturel, transformation sociale et gestion de projets de développement, a proposé une analyse centrée sur le rôle de la diplomatie culturelle dans le renforcement de l’unité nationale.
Directrice de Cerise Production et elle-même entrepreneure culturelle, Mbenzu a orienté son propos autour de la thématique suivante : « La diplomatie culturelle comme levier de la cohésion nationale. Regard sur les contributions des industries culturelles et créatives au dialogue social et inclusif ».

D’entrée, l’intervenante a relevé un constat : parmi les multiples formes de diplomatie existantes, la diplomatie culturelle demeure la moins connue. Pourtant, plusieurs réalités contemporaines justifient son examen approfondi : la communication autour des crises sociales et identitaires que traverse le pays, la fragilité de la cohésion nationale, les effets de la mondialisation sur les cultures locales, ainsi que l’irruption du numérique et de l’intelligence artificielle. Les réseaux sociaux, la diversité des médias et les enjeux de cybersécurité modifient en profondeur les conditions du dialogue.
Face à ces mutations, les mécanismes traditionnels de dialogue montrent leurs limites. « Certes, le terme dialogue ne peut pas plaire à tout le monde, mais il n’est jamais aisé, en science, de faciliter une compréhension partagée », a-t-elle nuancé.
Selon elle, les obstacles à la cohésion nationale commencent par une insécurité culturelle, des fragilités dans la validation identitaire du pays, et la persistance de représentations stéréotypées du Congo, tant dans le passé qu’aujourd’hui. Elle a notamment interrogé la place faite aux femmes : « Laissons la parole à la femme, mais que dira-t-elle dans des sociétés majoritairement patriarcales, parfois matriarcales, où les stéréotypes culturels nationaux rendent difficile l’expression féminine et toute forme de différence par rapport à l’homme ? »
Face à la désinformation, à l’intox médiatique et aux défis de la médiation culturelle, Cerise Mbenzu a proposé de s’appuyer sur les industries culturelles et créatives. Elle les définit comme le secteur d’activité visant la création, le développement, la coproduction, la production, la promotion, la diffusion ou la commercialisation de biens, services et activités à contenu culturel, artistique ou patrimonial.
Ces industries accompagnent tout processus de dialogue : télévision, radio, cinéma, vidéo, architecture, publicité, communication, design, mode, multimédia et jeux vidéo, ce dernier constituant ce qu’elle appelle le dixième art.
Cerise Mbenzu a enfin formulé quelques recommandations comme la mise en place de la gouvernance du territoire virtuel, recours au soft power culturel qui accompagne tout processus de dialogue et de cohésion nationale. Le secteur culturel de la place doit normalement être garni de nouvelles bases pour son éclosion rapide.
