La septième édition du festival Musika na Kipaji s’est clôturée ce dimanche 29 mars 2026 au Foyer Culturel de Goma dans une ambiance de liesse. Entre pas de danses, musiques et accueil chaleureux, un public traumatisé a trouvé dans ce rendez-vous culturel un souffle de joie et de réconciliation.
Pour le plus grand festival féminin du pays qui se veut aussi un rendez-vous unique dans la ville au pied du volcan, les talents des femmes ont vociféré. Mais au-delà des chants de paix entonnés par Grâce, des messages d’espoir portés par la profondeur de Esther Cirezi et Charmeuse, de la vibe de Safi Sivan et Julie, les textes poignants de Clem Cleopatre et Chanceline ou du flow de Mme Moury et Starner, ce sont les bénévoles qui ont marqué cette édition.

Les mains invisibles du festival
Cette septième édition, placée sous le thème « Femme, pont de paix : cultiver le vivre ensemble et la non-violence dans les Grands Lacs », a été portée par une équipe de bénévoles difficiles à ignorer. Photographes, vidéastes, monteurs, rédacteurs, logisticiens, techniciens, protocoles, sensibilisateurs : tous ont œuvré dans l’ombre pour faire du festival un espace de mémoire et de guérison.
Si les photographes et vidéastes ont immortalisé les instants de joie, raconté des histoires inspirantes au travers leurs objectifs, es logisticiens et protocoles ont assuré l’accueil et la fluidité de l’organisation, donnant au public le sentiment d’être attendu et célébré. Les sensibilisateurs ont animé des stands porteurs des thèmes de santé, un SOS pour Barnabé, le droit des femmes et la non-violence, la protection de l’environnement, rappelant que la culture peut aussi être un outil de prévention et d’éducation.

Un festival comme acte de guérison collective
Dans une région longtemps meurtrie par les conflits, Musika na Kipaji est plus qu’un événement artistique : c’est une plateforme de plaidoyer et un outil de paix. Les stands de gastronomie, d’artisanat et d’expositions ont permis de célébrer la créativité locale, tandis que les concerts ont offert un moment de respiration à une population avide de joie.
Esther Abumba, coordinatrice du festival, a souligné : « Le festival a pour but de promouvoir les droits des femmes et de montrer qu’elles sont au cœur du vivre ensemble et de la paix dans les Grands Lacs. »
Une célébration qui dépasse la scène
Au-delà des performances, le festival a incarné une vision communautaire : celle d’un avenir où hommes et femmes ne sont pas seulement des spectateurs et spectatrices mais deviennent aussi acteurs et actrices de la paix. En mettant en avant les bénévoles, cette édition a rappelé que la culture n’est pas seulement affaire d’artistes, mais aussi de ceux et celles qui, dans l’ombre, bâtissent les ponts de la réconciliation.
Le festival Musika na Kipaji s’impose désormais comme un symbole de résilience et de leadership féminin dans les Grands Lacs. À travers la force collective des bénévoles, il a montré que la paix se construit autant par les voix qui chantent que par les mains qui organisent.
Amani LUGERO
