Le rideau est tombé, samedi 30 mai dernier, soir, à l’Espace Prévert, sur la troisième et dernière journée du Salon des Bruits des Villes Africaines : » Écouter N’djili « . Un ultime rendez-vous placé sous le signe de la fraternité, des musiques urbaines et d’une mobilisation concrète pour un projet de médiathèque à Kinshasa.
Dès la fin d’après-midi, les balances générales ont réuni, sous la houlette du régisseur général Laurent Colombe et de ses équipes techniques, l’ensemble des artistes invités. Un temps de réglages collectif, à l’image de la journée : professionnel, mais teinté d’une évidente convivialité.

Le public a pris possession des lieux à 19 heures, amorçant la soirée par un plateau d’humour proposé par la Scène TuSéo. Six humoristes originaires de plusieurs pays africains se sont succédé : Moucharaf et Cerveau Magique (Congo-Brazzaville), Manitou et Taxi Jaune (Gabon), Valentin Vieyra (Togo), Garibou Fama (Mali), ainsi que Zebal Traoré (Guinée-Conakry). Autour de l’autodérision et des réalités sociales du continent, les rires ont réchauffé l’espace, créant une complicité immédiate avec les spectateurs.
La seconde partie de la soirée a basculé dans le rythme avec une programmation musicale éclectique, mêlant rumba, ndombolo, afrobeat et chanson urbaine. Se sont produits sur scène : Shoty & Soti, Mapipo Yeyo, K.M.S, Marshall Dixon, Jocelyn Balu et Fred Kabeya Lusi. Chaque passage a affirmé une identité propre, tandis que les prises de parole des artistes rappelaient sans insistance la vocation solidaire de l’événement : récolter des fonds pour le projet de médiathèque MutuBuku Émilie Flore Faignond, situé dans le quartier de N’djili, à Kinshasa.

Le public, venu nombreux, a salué la diversité des esthétiques proposées, la qualité des prestations et la présence d’artistes issus de différents pays africains. Beaucoup ont souligné l’esprit accessible et familial de la soirée, saluant l’occasion de rencontres entre générations et entre communautés. Plusieurs habitants de Savigny-le-Temple ont exprimé leur satisfaction de voir un projet culturel d’une telle envergure consacré aux cultures africaines contemporaines s’ancrer dans leur ville.
La soirée s’est achevée par une jam live fédératrice, réunissant l’ensemble des artistes sur scène dans une ultime séquence collective. Ce moment symbolique a illustré l’ambition du salon : créer des passerelles entre les disciplines, les territoires et les parcours humains.

Au-delà de cette réussite artistique et populaire, cette édition 2026, la première organisée à Savigny-le-Temple, a permis de renforcer les liens entre la ville française et le quartier kinshasais de N’djili. Elle a également offert un espace de dialogue citoyen et mobilisé autour d’un projet éducatif et culturel destiné à la jeunesse congolaise. La clôture de samedi 30 mai 2026 marque ainsi une première étape importante, laquelle ouvre déjà la voie à de nouvelles collaborations.
Franklin MIGABO
