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Didier Mumengi

par Danny
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Ecrivain, homme politique et consultant International, Didier Mumengi écrit par passion, mais  dans une perspective où la fin ultime est que les Congolais, élites et hommes simples se transforment en peuple « parfait », ayant acquis les vertus magiques de la résilience et compris que son véritable chantier, c’est celui du bon sens.

Cette vocation n’est pas simplement naturelles, elle est la résultante de toute une vie qui, dès sa prime enfance, s’est trouvée, tel un pot entre les mains d’une potière, malaxée et préparée par des grands maîtres qui furent pour lui notamment Mabika-Kalanda et Che Guevara.

En effet, la carrière d’écrivain de Didier Mumengi porte la marque de son éducation passée avec un grand-père, un père et des oncles lumumbistes : Matthias Kemishage, Pierre Mulele et surtout Augustin Mabika Kalanda, dont le livre La remise en question : Basse de la colonisation mentale (1965) lui demeure toujours une référence indépassable.

Mabika Kalanda fut son parrain politique. C’est lui qui lui apprit à écrire, penser et militer politiquement, et fut, du reste, le seul à avoir lu entièrement le manuscrit de son premier livre : Esprit de rupture. Plaidoyer pour une nouvelle éthique politique au Zaïre (1995).

si son premier livre transpire la passion pour Che Guevara, son héros d’enfance, l’ensemble de ses ouvrages, c’est finalement une vitrine de la révolte personnelle et de la compréhension des phénomènes sociaux qui l’amèneront à se consacrer à l’activité politique, avec une prédilection pour la lutte contre le fatalisme et la résignation, ainsi que pour la jeunesse, cette argile malléable appelée à devenir l’homme nouveau, exempt des séquelles de la traite négrière, de la vassalité coloniale et des errements postcoloniaux d’après indépendance. Mais ces connaissance livresques ont été, à partir de 1997, mises à l’épreuve de son expérience au sommet de l’Etat, les deux pôles « formant la matrice de sa foi militante et le socle de sa vocation politique ». Dès lors son action se situe à droite, puisqu’il se décompose à travers un certain nombre de principes fondamentaux que l’on retrouve au coeur de son idéologie politique à l’occidentale :

  • Le caractère sacré de la propriété et l’investir ;
  • Le droit pour l’individu d’en disposer et de l’investir ;
  • La valeur attachée à la possibilité pour chacun d’avoir sa chance ;
  • L’idée que l’intérêt personnel et l’affirmation de soi conduisent tout naturellement à un ordre social bénéfique, pour autant que sont respectées les limites assez larges définies par la loi ;
  • Le devoir ou rôle de la politique étant de protéger le monde concurrentiel, mais quitte à en corriger les abus éventuels, et en faisant en sorte que les forces économiques, sociales et culturelles de la nation concourent toutes à la construction, à l’amélioration perpétuelle et  à la préservation du bien-vivre commun.

La réinvention d’une vie de dignité pour la RDC, c’est le rêve incessant de l’écrivains Didier Mumengi depuis 1995, et qui a atteint l’âge de la raison avec l’avenir à bras le corps. Prospective pour le développement de la République Démocratique du Congo (2001).

Ce livre, sa plus grande symphonie, ouvre une nouvelle ère dans sa réflexion ; les écrits et prises de position ultérieurs ne feront qu’amplifier, préciser et appliquer la multitude des questions posées depuis le prologues jusqu’à l’épilogue de ce livre :

  • Comment réanimer les esprits d’un peuple congolais hanté par le défaitisme, le fatalisme et la résignation ?
  • que faire pour que notre société devienne dialoguale, et que le pays se transforme en un vaste espace de débat de choix, pour que notre Patrie produise des rationalités collectives ?
  • Comment mobiliser les intelligences pour mettre fin à l’ordre du fétichisme et de la sorcellerie, en vue d’atteindre le règne de la circulation des savoirs et l’âge de la raison ?

finalement, la thèse au centre des ouvrage de Didier Mumengi consiste à dire que « les seules forces de redressement national et de développement en notre possession résident dans nos capacités immanentes ».

Didier Mumengi, comme Panda Farnana presqu’un siècle avant lui, a placé son combat au niveau de la colonisation des esprits congolais, ainsi présentée comme le véritable sursaut régénérateur d’un peuple qui se réconcilie avec la civilisation du savoir et renouvellement son adhésion aux exigences de la science et du progrès.

C’est cette façon de penser et d’agir que Didier Mumengi a résumée dans la formule :  » la révolution du bon sens », legacy de Panda Farnana et doctrine qu’il définit comme « un effort pour exorciser l’aberration consistant dans le fait que bien des esprits sont hantés par un sentiment de défaite de notre humanité ». Il faut, énergiquement, se sortir de ces pensées mortes, de ces attitudes négatives, de la perte de confiance et d’estime en nous-mêmes, si nous voulons avoir droit à un avenir.

C’est fort de ce cheminement que Didier Mumengi a estimé venu le moment de s’investir dans la politique. Dès lors son oeuvre littéraire se veut une interface pour passer de la théorie à la pratique. Sa conviction, à travers les livres comme les Etats-Unis du bassin du Congo : Une éco-région pour un co-développement (2012) et la révolution du pouvoir-faire : Pour une économie du bien commun au Congo (2012), est qu’il n’y a ni pays prédestiné au développement, c’est-à-dire au mieux-vivre, ni peuple condamné au sous-développement, c’est-à-dire au mal-vivre.

Pour Didier Mumengi, désormais, le nouveau nom du développement, c’est le « MIEUX-VIVRE » des congolais et non les performances macro-économiques. Mais ce mieux-être est impossible à atteindre sans le travail de transformation mentale qui seule rend possible ses deux magistrales évocations :  » La paix se gagne ; sans l’amour de la patrie et la passion de l’intelligence, la politique est une imposture ». Il faut donc mettre l’homme congolais au centre de l’action.

SON OEUVRE

L’oeuvre de Didier Mumengi comporte plusieurs genres littéraires : romans, théâtre et essais. A savoir :

  1. Esprit de rupture. Plaidoyer pour une nouvelle éthique politique au Zaïre, Bruxelles, Edition Pop-Copy, 1995.
  2. Désir de vérité (Livre-entretien avec Maître Nimy Mayidika Ngimbi), Bruxelles, Editions Havaux, 1997.
  3. Congo agressé, dir., S.I. : Ministère del’Information et de la Presse de la RDC, 1998, 202 p.
  4. Drame famillial (théâtre populaire), en collaboration, Kinshasa, Edition Safari, 2000.
  5. Pacte de sang (Ballet), en Collaboration, Kinshasa, Edition Safari, 2000.
  6. Conspiration du silence (Théâtre population), en collaboration, Kinshasa, Edition Safari, 2000.
  7. Les jeunes sans toit à Kinshasa, Kinshasa, Editions Universitaires Africaines, 2001.
  8. L’Univers des jeunes sans toit, Kinshasa, Editions Arc-En-Ciel, 2001.
  9. L’avenir à bras le corps. Prospective pour le développement de la République Démocratique du Congo. Kinshasa, Editions Universitaires Africaines, 2001.
  10. Le chantier de la paix, Partenariat pour la paix et le Co-développement dans la région des Grands Lacs, Kinshasa, Editions Safari, 2002.
  11. Panda Farnana : premier universitaire Congolais 1888-1930, Paris, éditions L’Harmattan, 2005.
  12. sortir de la pauvreté : la révolution di bon sens Congo, Paris, éditions L’Harmattan, 2006.
  13. La naissance du Congo : De l’Egypte à Mbanza Kongo, Paris, éditions L’Harmattan, 2006.
  14. Les Etas-Unis du Bassin du Congo, Une éco-région pour un co-développement, Paris, éditions L’Harmattan, 2012.
  15. La révolution du pouvoir-faire : Pour une économie du bien commun au Congo, Paris, édition L’Harmattan, 2012.
  16. Le Baptême des Baptisés (Roman), Paris, éditions L’Harmattan, 2015.

Professeur KIANGU Sindani

Historien

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