Le Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa a vibré, ce vendredi 8 mai 2026, au rythme de la protection de l’enfance en zones de conflit. L’association Paix pour l’Enfance International y a officiellement lancé les préparatifs du Sommet Mondial de la jeunesse pour la protection des enfants victimes de conflits armés, prévu à la Maison de la Paix de Genève, en Suisse, du 1er au 3 octobre 2026. À travers une mobilisation d’envergure, la jeunesse congolaise s’apprête à porter un plaidoyer international pour briser définitivement le cycle du recrutement forcé.
Face à la presse et aux partenaires internationaux, les organisateurs ont dévoilé les enjeux de ce rassemblement majeur qui s’articule autour de trois axes fondamentaux : mobiliser la jeunesse pour la paix, former des ambassadeurs de paix et valoriser le rôle du numérique dans la transformation des récits.
Portée par l’histoire poignante de son fondateur Junior Nzita, un ancien enfant soldat démobilisé en 2006 qui a transformé une promesse de champ de bataille en un combat global, l’organisation refuse désormais la résignation. En mémoire des vies fauchées, Paix pour l’Enfance œuvre depuis 2011 entre la RDC, la Suisse et le Canada pour offrir un avenir aux orphelins de guerre et aux jeunes vulnérables, à l’instar de la réussite exemplaire de Ghyslain Nkama, présent dans la salle et désormais licencié en droit grâce à cet accompagnement digne.
Ouvrant la série des allocutions pour poser les bases éthiques d’une mobilisation qui dépasse les frontières nationales, le Président du Conseil d’administration a rappelé la responsabilité collective qui incombe à la société civile et aux professionnels des médias dans la rupture du silence entourant ce drame.
Maître Ilunga Yamasango Dieudonné a déclaré avec gravité : « Ce sommet rassemblera des centaines de jeunes venant de plusieurs pays du monde, avec une forte participation de la jeunesse congolaise, afin de porter un plaidoyer international contre le recrutement et l’utilisation des enfants dans les conflits armés. […] Lorsqu’on parle des enfants soldats, le silence ne doit jamais gagner. […] Ce combat dépasse une organisation. Ce combat dépasse un pays. C’est un combat pour la dignité humaine. Un combat pour l’enfance. Un combat pour la conscience de notre génération. »
Pour opérationnaliser cette vision et lui donner une résonance concrète, l’organisation mise sur un mécanisme d’engagement participatif et solidaire permettant de transformer l’émotion collective en actions tangibles. Le Coordonnateur national a pris la parole pour exposer la stratégie de terrain et détailler le concept d’Ambassadeur pour la paix, directement lié à la diffusion de l’ouvrage autobiographique du fondateur.
Bienvenu Makunda Mpembele a expliqué : « Nous voulons transformer l’indignation en engagement. Nous voulons créer un grand réseau international de jeunes ambassadeurs de Paix capables de porter cette voix dans les écoles, les universités, les associations et les institutions internationales. […] À travers l’achat symbolique du livre à cinq (5) dollars, des milieux de jeunes auront l’opportunité de rejoindre ce mouvement mondial, de participer aux campagnes de plaidoyer, et pour certains, après tirage au sort, de prendre part au sommet Mondial à Genève. […] L’objectif est aussi de réveiller les consciences. Faire comprendre à la jeunesse du monde entier qu’au moment où certains enfants vont à l’école, jouent librement ou construisent leurs rêves, d’autres enfants, ailleurs, portent des armes au lieu de porter des cahiers et des stylos. »
L’engagement au sein de cette dynamique humanitaire ouvre des perspectives majeures pour la jeunesse engagée. En achetant pour cinq dollars le livre intitulé « Si ma vie d’enfant soldat pouvait être racontée » de Junior Nzita Nsuami et en s’enregistrant sur le site officiel de l’événement, chaque contributeur devient éligible à un tirage au sort prévu le 2 juillet 2026. Les lauréats bénéficieront d’une participation physique au sommet de Genève avec une prise en charge intégrale de leur séjour en Suisse.
De plus, le programme prévoit l’octroi de cent bourses d’études locales ainsi que le financement de micro-projets dont les enveloppes varient entre cinq cents et de cinq mille dollars pour soutenir les initiatives des jeunes.
Au-delà de ces opportunités, l’horizon ultime de cette démarche demeure la construction d’un Centre international de récupération, d’éducation et de réinsertion. Ce lieu de reconstruction, de dignité et d’avenir sera érigé sur un terrain hautement symbolique en RDC, là même où le fondateur a autrefois perdu plusieurs de ses frères d’armes, concrétisant ainsi la promesse de transformer un ancien sanctuaire de guerre en un havre de paix.
Masand Mafuta
